Hupokrisis

par Salus

Hupokrisis







(leçon 1)



Vous ferez désormais en sorte

Que rien n’échappe à votre feu :

Inventez-vous d’agir en preux,

Selon qu’il faut gonfler l’aorte,



Le cœur gros est d’un noble sport,

Ainsi qu’un tigre on sent qu’il feule !

Méprisez donc l’âme peureuse,

Insinuez que n’avez port !



Hé ! Vous n’êtes pas l’oiseau sage,

Si bien lissé, qui se morfond…

Vous peindrez votre sombre cage



Lumineuse ! Invisible, au fond…

Et toujours votre seul message :

Moi ! Mais vos yeux le contrefont.







(leçon 2)



Il sied à votre teint de pêche

Que l’on ne vous contrarie onc,

A vous de vous débrouiller donc

Pour qu’en rien l’on ne vous empêche



De mettre en scène votre Reich :

Sur tous, aiguisez bien vos ongles ;

Votre esprit veut lunes oblongues ?

Vous niez Reich ? riez de Nietzsche ?



Si vous ne convainquez le monde

Qu’il tourne, ainsi que votre humeur,

Anguleusement, jamais ronde,



C’est que chacun tient d’Alzheimer,

Hors vous ! Douter une seconde

Ne vous laisse qu’un air charmeur…







(Leçon 3)



Aux regards aigus qu’on vous porte,

Haussez-vous un peu plus du col ;

Escamotez votre licol :

Le bât, vil, est pour le cloporte !



Aux vapeurs doubles du glycol,

Comme coquille aux mains du prote,

Votre ivresse externe colporte,

Sécrétée, un faux Ravachol !



Le gain vaut bien tous ces efforts,

Si l’être est vain, quelle bricole !

Briller au prix des inconforts



Imposés par votre espingole,

Vous font oublier bluffs et fards :

Votre forteresse espagnole !







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Publié le 06/03/2018

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