Le tortillard
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par Stapula
Poème d’un Pupille de la Nation dédié au chef d’État français François HOLLANDE qui n’a pas daigné donner de suite à sa nième demande du 16 mai 2013, recommandée avec avis de réception n° 1A 066 519 7431 8, d’attribution de la mention « MORT POUR LA FRANCE » à son père Georges, Auguste FOURNIER décédé le 28 mars 1945 après avoir été réintégré dans ses foyers avec un poids de 35kg au motif de blessures de guerre par éclats d’obus au combat de Feluy en Belgique le 19 mai 1940.
Quand je pense au Tortillard
Antique train à vapeur
D’une voie ferrée métrique
Qui en bon patois picard
Baptisé ch’tacot ch’tiot train
Desservait fidèle au poste
Ponctuel et débonnaire
Quel long chapelet de gares
Aux noms sentant bon la France
Me reviennent en mémoire
Force images du passé
La classe préparatoire
Les classes élémentaires
De mon école primaire
Que je quittais avant l’heure
Prince sur son trente-et-un
Pour le voyage annuel
Incontournable de Toussaint
Petite botte aux côtés
De ma modèle maman
En tête mon père mort
Reposant en pleine terre
Loin de sa ville natale
Faute du nerf de la guerre
L’argent qui nous manquait tant
Grâce à l’inhumanité
Des hommes d’État français
Se foutant contrefoutant
D’un ancien soldat qui crève
À cause d’éclats d’obus
En tête le monticule
À entretenir fleurir
Et dans l’immédiat le train
Qu’il ne fallait pas rater
En gare son arrivée
Annoncée par haut-parleurs
Diffusant à pleins poumons
Vraies prières qu’on rabâche
Leurs consignes de prudence
Remises en d’autres termes
Sur le métier quand le quai
Au coup de sifflet strident
Permettant le grand départ
S’adonnait à la bougeotte
D’autant plus que mon Étaples
S’estompant devenait vite
Plus que lointain souvenir
La vitre de la voiture
Offrant quel panorama
En vedettes la campagne
Et ses câbles électriques
Dont personne n’aurait pu
Stopper leur montée descente
Jusqu’au fameux Tortillard
Que l’on devait emprunter
Destination Berck-Ville
Correspondance assurée
Gare de Rang-du-Fliers
Au menu banquette dure
Telle celle des autos
Tamponneuses de l’époque
Passagers trinqueballés
Autant d’avant en arrière
Que de bâbord à tribord
Pratiquement du délire
Au regard du cimetière
Si tranquille où l’âme en paix
Nous allions nous recueillir
Nuage poil à gratter
Pour moi fiérot petit homme
L’humour osé de ma mère
Car dite ma bonne amie
Une naine rejoignant
Lors de toutes nos visites
J’aimerais savoir pourquoi
Par une petite haie
L’humble jardin où reposait
Crème du sacré profane
Va-t-en-guerre forts en gueule
Ponce Pilate muets
Mon pater.
Étaples, 24 septembre 2014.
Quand je pense au Tortillard
Antique train à vapeur
D’une voie ferrée métrique
Qui en bon patois picard
Baptisé ch’tacot ch’tiot train
Desservait fidèle au poste
Ponctuel et débonnaire
Quel long chapelet de gares
Aux noms sentant bon la France
Me reviennent en mémoire
Force images du passé
La classe préparatoire
Les classes élémentaires
De mon école primaire
Que je quittais avant l’heure
Prince sur son trente-et-un
Pour le voyage annuel
Incontournable de Toussaint
Petite botte aux côtés
De ma modèle maman
En tête mon père mort
Reposant en pleine terre
Loin de sa ville natale
Faute du nerf de la guerre
L’argent qui nous manquait tant
Grâce à l’inhumanité
Des hommes d’État français
Se foutant contrefoutant
D’un ancien soldat qui crève
À cause d’éclats d’obus
En tête le monticule
À entretenir fleurir
Et dans l’immédiat le train
Qu’il ne fallait pas rater
En gare son arrivée
Annoncée par haut-parleurs
Diffusant à pleins poumons
Vraies prières qu’on rabâche
Leurs consignes de prudence
Remises en d’autres termes
Sur le métier quand le quai
Au coup de sifflet strident
Permettant le grand départ
S’adonnait à la bougeotte
D’autant plus que mon Étaples
S’estompant devenait vite
Plus que lointain souvenir
La vitre de la voiture
Offrant quel panorama
En vedettes la campagne
Et ses câbles électriques
Dont personne n’aurait pu
Stopper leur montée descente
Jusqu’au fameux Tortillard
Que l’on devait emprunter
Destination Berck-Ville
Correspondance assurée
Gare de Rang-du-Fliers
Au menu banquette dure
Telle celle des autos
Tamponneuses de l’époque
Passagers trinqueballés
Autant d’avant en arrière
Que de bâbord à tribord
Pratiquement du délire
Au regard du cimetière
Si tranquille où l’âme en paix
Nous allions nous recueillir
Nuage poil à gratter
Pour moi fiérot petit homme
L’humour osé de ma mère
Car dite ma bonne amie
Une naine rejoignant
Lors de toutes nos visites
J’aimerais savoir pourquoi
Par une petite haie
L’humble jardin où reposait
Crème du sacré profane
Va-t-en-guerre forts en gueule
Ponce Pilate muets
Mon pater.
Étaples, 24 septembre 2014.
Publié le 05/07/2017
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