Apparition

par Salus

C’était la beauté du Diable,

Comme un escalier de sable,

C’était trouble bien qu’affable,

Rendait un son faux de fable ;



C’était fade, et froid, et fier

- A demain ressemble hier-

C’était de fards et de fer

Et - fatalement - sans air…



Contre un fantôme interlope

Dont la fatale enveloppe

Tient du feu lettré du trope,

Je propose - comme Esope -



Que repose et reste ici

Le fou du logis transi

De l’étrange esprit ranci

Qui nous fait mal tout voir si



Tant soit peu d’imaginaire

Naît à cette vie amère

Où nul ange débonnaire

Ne remplace nulle mère!



Je vous laisse louvoyer ;

Mais votre propre foyer,

- vous l’aviez voulu noyer ?

Je vous enclin de l’oyer :



C’était la beauté du Diable…

Publié le 02/05/2017

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