Où les souffles diffèrent…

par Salus

Songe ! où Pégase a porté mon corps nu,

Licorne, encor, ton galop m’est connu ;

Beaux rêves frais d’irréelles idylles,

Idéale aile, avenir de mes îles,

Fleur d’existence et faiblesse des chairs,

Froid des absents, nuit des fantômes chers,

Eternité vaine, et vrilles du vide,

Folle lumière ! où l’univers se ride,

Rire des morts ! vraisemblables envers

Du soleil pâle - au blanc vouloir des vers -

Dans cette attente atroce de la vie

Que, d’un temps morne, aucun vent ne dévie,

L’irréel seul m’est une échappatoire,

Et je m’enfonce à la nuit la plus noire

Pour allumer la lanterne des mots,

Créer l’ivresse à nos destins falots,

Faire saillir d’amour la paraphrase

Et soulager mon âme qui s‘ébrase

A trop chasser les Æsir dans l’azur

Quand chaque dieu dit l’impalpable impur

Mal déguisé d’un louche et vieux fantasme,

Croix dans la marge, insanité du chiasme !





Cybèle, mais ! Nature qui s’extrait

De nos laideurs, mamelle que l’on trait

Avidement, pour que boire à la source,

Au gour sacré, qui commence à mi-course,

De l’ancolie, et folie, et stupeur,

Et tout l’espoir avide d’une fleur…



Cosmique ! Action ! de ces boules qui passent

Au sein géant - que des forces espacent

En un ballet, gigantesquement beau,

Dans un silence absolu de tombeau…



En regardant le bleu, je viens au monde,

Bonheur d’instants où la planète est ronde ;

Le moindre arbre est vecteur du paradis,

Et tout reluit ! sous mes yeux affadis.



Puis tout retourne, en des farces inverses,

Aux froids premiers de mes méchantes herses ;

Et sous l’angoisse, où ricane un démon,

Il se profile, à l’horizon de mon

Parcours, le trou, si profondément neutre,

Finalité, qui de tous est la nôtre.

Publié le 09/04/2017

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