par Salus
Construction navale
Je vais, là-bas, chercher du nouveau,
Si l’éternelle lyre me grise,
Je l’aime mieux sans qu’on ne l’arrise,
Et l’inconnu, c’est, à mon cerveau,
L'ancre flottée aiguillant l'épave
Sous quelque vent, meltem, mistral, brise ;
Nulle inquiétude ! allons à vau-l’eau
Pour naviguer cet océan grave !
Là-bas ? Là-bas ! Libre dimension
Où la folie est l’axe du rêve,
Où de ma nef, l’étrave s’embrève,
Où j’ai fini par prendre pension !
Lieu mal connu, mais que nul ne nie,
Le pays d’Oz - et le pays d’Ève -
Dont je ramène iambes et scansion,
S’il disparaît, disons que j’en crève !
Alternative au triste réel,
Cet univers ? Un vrai monde immense,
Peuplé, pipé, du dé qui se lance
Au hasard vierge et perpétuel !
Et par tout ce possible qui s’ouvre,
Par les couleurs de la fulgurance,
Par Zeus, Homère, et Pantagruél,
Et le cauchemar rouge garance,
Je fraie, ô limbes, tes beaux lambeaux,
D’où je ramène des forces vives,
Aiguillons, fugus et dards des vives ;
Le calme lent du bas de tes flots…
Et sur ta terre, où pousse le rouvre,
Même la mort par l’air est bénie ;
La vie est vraie et l’enfer est faux ;
L’envers est fait pour qu’on le découvre !
Publié le 10/01/2017
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