Monsieur A

par Ann

Monsieur A se traine des poches sous les yeux

La cravate sur le front, le crâne en cage

Le nez en patate et l’intellect dans le potage.

Dans une prison de verre, Monsieur A silencieux



Bosse au quinzième étage, porte B de la tour L.



Monsieur A s’emmerde dans son p’tit chez-lui

Avec pour horizon, un mur, son caleçon

Et ses chaussettes qui sèchent au balcon.

Il zigouille l’oiseau égaré qui fait cui-cui.



C’est cuit le bonheur, c’est quoi ce bordel !

Monsieur A maudit le bonheur à deux balles.



Monsieur A en a marre des dettes et des relances.

Les factures et les pubs trainent sous la porte

Dans le placard, de la margarine rance et des cloportes

Monsieur A est une ordure, la faute aux circonstances.



La faute à l’autre, il était amoureux fou d’elle

Marie-Cécile, cette salope qui s’est fait la malle.

Monsieur A est lourd au lit, interdit bancaire.



Monsieur A traîne sa face de Carême au troquet

C’est la faute aux bougnoules qu’on aide.

– C’est pas que j’ai la haine, qu’il plaide

Mais je vote pour elle comme un paltoquet.



C’est la Marine et ses naufrages qui l’appellent.

Ce qui fait bander Monsieur A, c’est le Mal

Colin-maillard, il n’a pas retenu les leçons d’hier

Monsieur A est un tocard, doublé d’un lâche.

Publié le 10/12/2015

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