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Peindre

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par Anita

Pourpre et rouge ponceau mordent la toile et saignent.
Le pinceau est scalpel à la blessure béante
Il en fouille les lèvres, les satinent et les peignent.
S’est arrêté le temps, figé dans une attente.

Pas un bruit ne m’atteint, l’instant est suspendu.
Hors de mon chevalet n’est plus que le néant.
Je tremble, j’ai très chaud de passion retenue
Les couleurs sont désir, le tableau un amant

Se pénètrent les tons, intimes se confondent.
Glissent dans le soupir d’une soie déchirée.
Plages et courbes nuées sous les brosses se fondent
Sur le lit virginal étalent leurs secrets.

L’ombre investit le mur, sur le cadre elle descend.
Je suis lasse et comblée ainsi qu’après l’amour,
Pose un drap sur la toile, à un autre m’étend.
Je dors face au tableau en attendant le jour.
Publié le 09/08/2005 ...