Le chêne et le roseau..(revu pour l'heur perso)

par Tonindulot

Voici venu le temps de dresser ce tableau

Qui ressemble à son frère en un jour tout nouveau.

Ce fut un fabuliste, adoubé par la Cour,

Qui peignit le premier cet objet de discours.



Dans l’affaire d’ici le chêne et le roseau

Désiraient sans partage attirer les oiseaux.

Que nul ne voit ici la moindre ressemblance

Avec le sain ballet d’une noble assistance.



Ainsi, dans sa campagne, un jeune jardinier

S’occupait tout le temps à remplir son grenier.

Quand la rude saison rendait la terre ferme

Il protégeait du gel tout fragile épiderme.



Or au fond du jardin se dressaient deux zozos

Deux piliers se voulant toujours être plus beau.

La forte concurrence étalée au grand jour

Forçait tous les regards à faire un bref détour.



Et le peuple plumeux sur les deux se posait

Entonnant de plaisir plein de chants qu’il osait.

Rien ne laissait penser que l’horrible nature

D’un soudain coup de vent forcerait la posture.



On ne sut qualifier ce fol évènement

Qui s’abattit, tout net, sur le casernement.

Le chêne résistant mit à l’air sa racine

Et tomba de fracas sur la tige voisine.



L’homme alors dépité se trouva fort contraint

De partir tronçonner le branchage, bon train.

Sciant tout en pleurant mais sans faire la fête

Il emplit sa remise en butin de défaite.



Le chêne fut vendu pour construire un cercueil

Le roseau débité en pipeaux pour accueil.

On ne dure qu’un temps à jouer de guéguerre

Car survient quelque vent qui vous jette parterre.

Publié le 04/02/2015

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