L'herbe et le malin

par Ann

Folle herbe que je suis

A l'ombre des grains adorés

Vous ai à mon puits

Sur-le-champ donné

Cette douce ivresse

D'une sauvage maitresse



Livrée ce matin à gerbe liée

Me damnez à vos flammes

Que de votre fourche attisez

Comme jadis cette femme

Qu'il vous plut d'aimer

Par votre injuste volonté



Lors mon âme indocile

Sur votre bûcher périt

Vous engrangez au fenil

Fatigues et lourds épis

Qui par ses aigres ergots

Vous convieront ce tantôt



Au grand mal des ardents

Coulent mes jours mes nuits

En feu follet sur le vent

Vous vous mourrez d'ennui,

Ingrat miné par le chagrin

Vous pleurez ! C'est Malin !

Publié le 16/05/2012

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