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Les paniers du marais 4



Mémé ne regardait pas à la dépense quand il s’agissait de choisir la meilleure qualité et que la nature ou l’huile de coude ne lui permettaient pas de s’en dispenser. Sinon, elle ne badinait pas avec les économies qu’on pouvait faire sans qu’elle ne se privât jamais des agréments de la vie qu’elle estimait bien trop courte pour s’encombrer de soucis inutiles au rang desquels, elle comptait les banquiers.
Un panier même troué, était un panier qui avait coûté de l’osier au marais et de la sueur à son aïeul. Elle consolidait donc les corbeilles avec de la corde qu’elle fabriquait avec de la fibre de lin qu’elle glanait début juillet. Mémé n’était guère fleurs bleues, elle avait le sens pratique aiguisé comme son opinel. C’était d’ailleurs, la première sortie qu’elle faisait avec les enfants revenus de la ville pour les grandes vacances qui commençaient désormais vers la Saint-Jean. « On part à l’herbe aux lapins » disait Mémé campée dans ses vieilles bottes de caoutchouc avec gravées dessus AIGLE car elle réservait les neuves pour des tâches plus nobles, c’est-à-dire que la paire était si neuve qu’elle n’avait encore jamais servi depuis son achat en 19… Combien ? Mémé était discrète sur cet achat impulsif.
On remplissait les sacs de jute de pissenlits qui recouvraient les modestes brassées de tiges de lin que Mémé avait prélevées tout juste pour sa consommation de l’année suivante car c’était un larcin fait aux champs cultivés.
Elle gardait des générations de vieux objets dont la matière première pourrait encore faire de l’usage. Elle ne jetait rien qui puisse encore servir, elle réservait méthodiquement dans des cartons à chapeaux et des boites en fer marqués à l’encre violette, les boutons et les lacets de soulier. Ses torchons étaient tirés du ventre de draps usés avant de finir en chiffons devenus doux par l’usure. Elle tirait ainsi partie du moindre morceau de tissu, elle tirait l’aiguille avec ardeur pour ne jamais tirer par la queue, le diable que d’ailleurs elle faisait fuir avec des tresses d’aulx pendues dans l’âtre. Les pulls démodés ou devenus trop petits retournaient se pelotonner dans une grande corbeille avant de reprendre du galon et les cotonnades, un temps, robe ou corsage, accordées les unes aux autres finissaient en divers patchworks. Les dentelles et les rubans et même les élastiques des culottes de coton retournaient dans la boite à couture qui béait d’indigestion passementière. Ses doigts d’or ravaudaient, reprisaient en points aussi invisibles que son modeste argent qu’elle engrangeait comme l’écureuil fait avec ses noisettes, en prévision d’un rude hiver. Les cachettes de Mémé étaient secrètes…

Quand Paul, le petit Luis et Juliette la plus jeune se bousculèrent à la porte de la cuisine pour expliquer la terreur que leur avait faite un rôdeur sortant du buisson d’épines, il ne fut jamais question qu’ils abandonnèrent les chères corbeilles dans les bois et moins encore qu’ils revinrent sans une récolte conséquente de mûres. Paul tenait dans ses mains, un œuf qui devait leur attirer les faveurs d’un certain liéchi. Mais les enfants n’avaient jamais entendu parler de ce fameux personnage. C’était la première fois que Mémé en parlait et encore ! Elle s’était contentée de dire qu’il fallait lui offrir un œuf. On ne savait même pas pourquoi !
Paul traînait les pieds à l’idée qu’il devait passer par la rivière pour se laver les mains tandis que les deux plus jeunes tremblaient à l’idée d’affronter le buisson et son occupant qui les avait tant effrayés la première fois. Mais le soleil commençait sa course vers l’horizon…

suite de
BUISSON ARDENT 1
MEME 2
LA TOILETTE DES CHATS SAUVAGES 3

Fond musical
Laconic Granny par Kevin MacLeod est distribué sous la licence Creative Commons Attribution


Ecrit par Ann
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