D'un ciel passoire
Coule le noir.
Les nuages sales
Passent du blanc au gris.
Et sur le bleu l'encre s'étale,
Tache le lisse, cache les plis.
La fente du jour, à l'horizon saigne.
La Terre en couleurs, peu à peu Devient blême.
Décharnée, elle s'évanouit.
Elle a mal, mais sans un cri
Elle perd tout, gagnant la nuit.
La Terre est l'éponge du soir.
Et au matin, le sol se tord
Comme un drap propre qu'on essore.
Réapparaît son long contour.
Puis vient sa ville, sa mer, son port.
C'est en buvant tout l'encrier,
Qu'aspire et enfle cette assoiffée,
La lumière d'un nouveau jour.
