Quarante ans séparent le sable et les orages
Des plages d’Italie à Cesenatico,
Des palais lumineux où se tournent les pages
Du roman de Venise ouvertes sur ses eaux.
Tu vivais ton aurore et moi, le cœur en peine,
Devais, soldat contraint, m’en aller outre-Rhin.
Nous n’avions que des rêves au détour du chemin,
Le soleil bénissait notre espérance pleine.
Nous rêvions Venise bien avant de la vivre,
Alors c’était Noël au milieu du mois d’août.
Tu respirais vingt ans et je m’en rendais ivre !
Le temps présent, le temps futur, le temps si fou !
Nous allons à Venise vers l’instant passé,
Au lit du Grand Canal coule l’éternité.
