L'arbre rieur
Un jour, j’ai caressé un arbre à demi déchiré !
Son écorce m’a parlé de sa souffrance, son
Cœur m’a soufflé sa peine, ses racines, malgré
Sa sève blessée, m’ont crié ses frissons
De mourir dans sa terre trempée de cauchemars !
Mes bras ont entouré son tronc, son échine,
Et je lui ai raconté l’histoire de l’arbre rieur !
Cet arbre vivait parmi les siens sur les Collines
Du Pays des noyaux de cerises gladiateurs
Ceux embauchés par les lances pierre soudards !
L’arbre rieur, eut un jour une maladie rare !
Ses branches, puis son buste devinrent ronds !
Ses feuilles se modifièrent en ovales bizarres,
Aux nervures encroisées comme des liserons !
Renégat des arbres à la naissance carré, aux lois
Débiles gravées sur chaque tubercule, il fut battu,
Chassé de sa place, fouetté de mots grivois
Sur son écorce, déraciné de sa terre charnue !
Il s’exila sur une belle étendue, immense espace
Vierge, sacré par les siens ! Il gouverna sa solitude,
Les branches serrées sur son corps d’angoisse !
Le ciel sur lui déversa ses orages et le vent rude
Du nord le dépouilla jusqu’à l’extrême indécence
De lui casser la cime, pointe de fierté et de confiance !
Une longue saison de tourments l’engouffra
Dans la déchéance, un automne le submergeât
Par le carré d’une puissance inconnue, l’enveloppa,
Le tritura, comme une pâte brisée d’un Hiroshima !
Ses racines creusèrent nuits et jours le terreau !
Elles devaient résister, vivres, espérer, conquérir
Un territoire nourricier et dresser leur porte-drapeau
Plus haut encore que dans la forêt, devenue ire !
Dans leur quête des profondeurs, une source,
Gazelle polissonne, chatouilla quelques-unes
De ses radicelles ! Elles palpitèrent d’une ressource
Nouvelle, inexplorée, qu’elles propagèrent, d’une,
Puis de multiples secousses jusqu’au sommet
De la déchirure qui alerta par ses gigotements,
Les maîtres végétaux, ignobles et abjects sujets
Des Collines, qui osèrent expédier cyniquement
Un des leur à la rencontre du proscrit, solitaire
Apatride revivant une ère d’enchantement au contact
D’une eau nutritive et jolie, dont il signa un pacte
De bonne entente et tous deux devinrent partenaires,
Amis d’une complicité jamais égalée. Ce couple,
Donnèrent naissance à de nouveaux arbres ronds,
De corps, circulaire de branches, de formes souples
Aux feuilles protéiformes et surtout un rire feuillu, bon,
Enjôleur, envoûteur, à chaque nouveau printemps !
Bonheur dompté, d’une plaine devenue forêt rieuse,
Grâce au courage de vivre des rhizomes endurants
Malgré les blessures tragiques, les plus fâcheuses !
Depuis, les Collines du Pays des noyaux de cerises
Gladiateurs ne sont plus qu’un souvenir triste, un désert
Qui brûle sous le soleil réjoui de la saison d’été, tyrannise
Une terre sèche couverte d’un branchage de misère !
J’embrassa mon arbre estropié à la fin de cette histoire.
Je sentis sous mes pieds des vibrations, des turbulences !
Il s’activait ! Il revivait ! Il respirait un nouvel espoir !
Demain, pour lui une source riante sera son eau de jouvence !
Poème
écrit par Max-louis
Interprétation
de Max-louis
Musique
de François Ville ©
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