La
mendicité
Gêné de te donner peiné de t'ignorer
Je suis toujours gêné par la mendicité
Es-tu un parasite un escroc émérite
A l'âme petite profiteur sans limite
As-tu au creux des veines plus d'alcool
que de haine
As-tu les larmes pleines d'une colère
vaine
Seras-tu agressif inquiétant et nocif
Auras-tu le ton vif insultant ou plaintif
En quête d'un bonus quémanderas-tu plus
Du pauvre olibrius auras-ru le rictus
Pour gagner mon argent qu'as tu comme
talent
Dessin musique ou chant quelque discours
touchant
Seras-tu là demain avec chien ou gamin
Toujours sur mon chemin à me tendre la
main
A te donner ainsi dans mon cadre de vie
Y aura-t-il ici bientôt tous tes "amis"
C'est bien d'offrir la pièce le
coeur plein de hardiesse
La chrétienté acquiesce la morale est
en liesse
Alors pourquoi la gêne le pauvre est-il
obscène
La charité a peine à se vivre sereine
Pourrais-je te sourire saurais-je compatir
Trouverais-je quoi dire pour te faire
plaisir
J'aime être solidaire voilà qui me rend
fiers
Mais est-ce à moi de faire du social
solitaire
Geste sans élégance et pitié sans prestance
Mon gars je te balance un peu pour ta
pitance
Et comme d'habitude mes arguments s'éludent
Devant ta solitude j'ai la froide attitude
Mon comportement pue ni regard ni salut
Je donne mais je sue mal à l'aise à ta
vue
J'en vois d'autres là-bas plus ou moins
aux abois
Le don n'est pas je crois un choix qui
va de soi...
Poème
écrit par François
Ville
et interprété par
François Ville ©
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