Vaille que vaille la lumière masque la plume
Je m’assois quelques minutes sur le rebord d’un trottoir
La rue n’est pas inutile dans sa propulsion exacerbée
J’emporte avec moi la pomme et le quatre heures
Le monde n’est pas fou s’il embaume le néant
Et recouvre les nuages que la nuit a froissés
Je m’assois quelques minutes sur le monde écartelé
Combien de lunes faudra-t-il pour que le temps s’écoule
Qu’il enrobe de dentelles les jupes des demoiselles
Je marche d’un pas pressé le long de ruelles mortes
La prunelle aspire les reflets aux confins des sourires
La vie est étincelle dans mes yeux agrandis
Je cours sur des sentiers que le vent caresse
Faut-il brûler sa vie ou la laisser s’enfuir
Il y a dans ma tête la chaleur que le soleil propose
Je m’adosse quelques minutes sur un mur décrépi
Serai-je de marbre ou de granit
L’espace n’est pas lourd pour mon esprit affranchi