Il faudrait

Il faudrait
Pouvoir percer la brume
Voilée de nos doutes de nos incertitudes
Imperceptibles tus
Dans le creux de nos langues.
Creuser l’aurore silencieuse et riante
D’espoir A l’embrasure du confin.
Colmater les embruns du jour
Naissant à peine
Et laisser sécher
Le sang perlé
Sur nos lèvres humides.
Il nous faut enfanter dans la douleur
De la nuit cendrée,
Nos mots sanglotants
Au bout de nos plumes figées,
Crucifiées de « je t’aime »
En aubes qui se meurent.

Il faudrait
Pouvoir poser sur la gorge
Frémissante de gouffres
Des lendemains
Gonflés de mousse
Et de liseron éclos.
Trouver une prise
Ne pas glisser surtout
Et laisser sourdre le silence
Entre nos doigts
Tressés d’amour.

Il faudrait
Pouvoir répondre au doute
Lui laisser une chance d’être
Dans la moiteur matinale
Au creux du mamelon
Offert et tiède.
Tendre nos paumes embrassées
De souffrance
Au souffle d’une brise
Mauves de nos baisers.
Il faudrait
Pouvoir lui laisser une chance
D’exister.

La lumière se tamise d’ombres
Pourtant
Fugitives, certes
Fuyantes, peut être
S’échappant de nos poings
Egratignés et serrés
Nos jointures blanchissent
A se rompre
Pour emprisonner le mystère
Le secret du feu
Volé aux Dieux.

Prométhées en larmes
Nos corps étreignent
Le manque l’absence.
Nos regards nous désertent
Arides Brûlants.
La force nous quitte,
Vertigineux effort
A la lisère du vide
Béance pourpre teintée d’ambre
Sur l’angle inexistant
Intangible du néant
Qui nous cherche
Et happe nos langues
Enlisées Embourbées.
Dans nos mal-être
Nous nous laissons aspirer
Marionnettes
Suspendues dans l’abîme
Qui éjaculent en mains rougies Eclaboussées.
Les doigts frêles qui nous retenaient
En corps
Nous abandonnent de craquelures
Gémissantes et fébriles
Dans la sécheresse d’un regard noyé
Perdu.

Un choc silencieux d’écho
Nous reçoit.
Nous ne sommes plus.



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