Et si

Et si c’était la fin de cette triste nuit,
Et si c’était la fin de ce voyage flétri,
Me dirais-tu je t’aime ? Me tendrais tu la main ?
Au bout de la nuit blême reverrais-je demain ?

Je sens monter en moi cette envie de t’étreindre,
Mais tu n’es qu’une image et je ne sais que geindre,
Je voudrais tant que vive encore ce visage
Mais tu n’es plus qu’un songe, un effrayant mirage.

Je voudrais te toucher aux commissures du rêve
Je voudrais tant que vive cette fleur de sève
Cette aube de demain qui me prendrait la main
Cette aube qui peut être étoufferait ma faim.

Et si tes mains si douces embrassaient tous mes pas ?
Et si la main glacée de mort n’existait pas ?
Mon oasis en grève oublierait-il-il le glaive ?
Pourrais-je enfin toucher l’envie du bout des lèvres ?

Je sens monter en moi cette envie de m’éteindre
Je ne sais qui je suis, je ne sais plus que feindre,
A l’image qui gît et baille à ton miroir,
A cette fleur de songe échappée d’un mouroir.

Alors dis-moi la vie, dis-moi, ne t’enfuis pas.
Berce moi de l’envie. Reste là près de moi.









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