Adam


Parfois mes mains se souviennent
De ces corps nus dans la vapeur
Leur argile ruisselant de mon étreinte
Matériau tendre un moment fantômes bientôt
Le désir naît matière grise
Et s’éteint dans la chair.

Toi aussi malgré l’éloignement
- seras-tu jamais assez proche ?
Je veux te marquer de mes mains
T’amollir de mes caresses, te pétrir de mon envie
Modeler ton dos d’un effleurement
L’arquer pour mieux tendre tes sens

Faire monter de nos sueurs emmêlées
De la chaleur de mes mains sur ta peau
Une brume de plaisir
Jusqu’à ce qu’éclate enfin l’orage
Qui concentrerait en un éclair de jouissance
Cette lumière joyeuse et douce que j’aime tant dans tes yeux.

Je veux ainsi à la glaise insuffler de ma vie
Car sans cette étincelle ne resteraient refroidis
Que souvenirs tactiles, inerte statuaire
D’un musée intérieur sous la grise poussière
De nos dermes asséchés bientôt enseveli.

« Au commencement était le Verbe
« Et le Verbe s’est fait chair
Bien sûr tu n’es pas Adam, je ne suis pas Yahvé
Ni même Pygmalion, je ne t’ai pas scuplté
Mais sois mon blasphème, et laisse-moi rêver
Que sous mon tendre toucher tu frémiras quand même !



Goa, novembre 2005.

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