NOYER LA LUNE


*** NOYER LA LUNE ***

La lune est tombée sur l’eau verte
de l’étang dont elle a tatoué la peau
et brille en pure perte
n’aveuglant pas les crapauds
qui croassent dans les joncs
embrouillent son image
en brusque et froid plongeon
qui trouble son visage
Un grand oiseau de nuit
battant lourd l’air obscur
fait taire le ballet qui nage à sa figure
des araignées d’eau noires s’esquivent fins anneaux
que des remous plus sombres suivent au fond des eaux
les joncs à peine aimés par sa raie de lumière
frémissent sous le vent un souffle de colère
parfois les feuilles au fond de l’eau brune du bord
sont poussées par un monstre les frôlant de son corps
Un pâle cocon de soie doucement se balance
au pied d’un vieux tronc d’arbre auprès des roseaux, danse
Un hurlement de chien vient déchirer la nuit
mais plus rauque et plus fort et puis brusquement fuit
des pas qui se rapprochent, des ronces sont poussées
alors que l’œil blanc de l’astre s’émoussait
en voile de nuages et froncent ses paupières
repeignent tout au noir et au gris de la pierre
ne laissent plus que moi assise et pieds baignant..
dans l'eau froide qui berce, les ombres me ceignant
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Commentaires

Posté par mizan  
sur Août 8,2006, 4:45 pm
Envoutante ambience. Et la description est très réussie. On est vraiment plongé dans ce décors superbe et inquiétant.

Il y a juste le "un monstre" qui aurait pu être plus subtilement nommé. Il faudrait trouver un terme qui évoque plus l'inconnu, l'indéfini.

A partir de "des pas qui se rapprochent" on sent bien que quelque chose se prépare. On est happé par le texte. Mais la peur n'augmente pas dans les vers qui suivent. Dommage que l'effet d'assombrissement du voile des nuages soit atténué par "et au gris de la pierre". Le noir fait peur, pas le gris.
Pour le final je me demande aussi si la menace ne serait pas plus palpable si elle était mise au singulier "une ombre" ou "cette ombre me ceignant". Cela rendrais je pense cette ombre encore plus inquiétante.

Quel est le rythme choisi pour le début du texte? Il semble irrégulier par moments. Et pourquoi des vers cours en debut de texte ou l'ambience est calme et ensuite des vers longs. Normalement plus la tension monte, plus le poul s'accelere, plus le vers doit être court. (voir "Les djinns" de Victor Hugo.)

Je critique...je chipotte... Mais après tout j'ai lu ce texte avec beaucoup de plaisir et d'admiration. Il y a quelquechose d'unique dans ta plume, ça c'est certain.

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Posté par Kirlian  
sur Novembre 23,2006, 1:04 am
Tu plante à merveille le décor....paysages doux-amers ou se découpent sur le lac des songes les ombres des Sisters of Mercy...Barbey d'Aurevilly s'enfuit dans la forêt blème ou les corbeaux festoient...:-)

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Posté par   www
sur Novembre 26,2006, 8:05 pm
salu
un peu sombre, mais j'aime ca
va sur mon blog, peut-être y trouveras tu mots à ton âme...
j'y parle de zic, mais aussi de poésie surrélaiste, avec des poemes de mon cru..

bon dimanche,
Prose.

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