La mer attente encore à ma quiétude.
Bien qu’enfermé chez moi j’enrage en vérité,
comptant mes coffres plein du sel des solitudes,
moi qui fût toujours noble et maître et respecté.
J’entends ses flots sans trêve implorer que je sorte.
Elle assailli le seuil de ma demeure et meurs,
écume sur la pierre, ensanglantant la porte
où me frappant le front je réponds à ses pleurs.
Peut-être par dégoût des terres infertiles
jadis elle y lâcha ses fleuves élargis;
Et le temps d’un reproche elle emportait nos villes.
Restèrent seuls debout les murs de mon logis.
J’ai vu partir ici leurs corps au gré des crues,
mes serviteurs, ingrats, sots qui avaient osé
me prétendre que l’eau n’inondait point les rues,
et me dire « Monsieur, il faut vous reposer ».
J’ai payé le dernier avant qu’il ne se noie
hideusement crispé sur ses draps de lin noir,
le visage souillant mon oreiller de soie.
J’ai verrouillé depuis les portes du manoir.
Ma peur se fait semblable au plus fortes marées.
Je sais que reviendront les torrents furieux
Dans mes caves déjà je crois la mer entrée;
Presque je sens ses flots déborder par mes yeux…
…Alors que je crevais d’arracher ces deux traîtres,
l’infâme a pris mes murs entre ses trombes d’eau
tumultueuse elle a jusque par les fenêtres
effronté son fracas et frappé de nouveau.
J’écrase en vain ses doigts rampants dessous les planches.
Elle est telle une foule envahissant ces lieux
qui me pousse, me tient, me tire par la manche.
Bientôt ces revenants seront ici chez eux.
Des restes de ma vie ils prendront ce qu’ils veulent.
A mesure que l’eau submerge ma raison,
que le courant des morts m’aspire dans sa gueule,
je renonce à l’orgueil qui faisait ma maison;
Que puisse enfin jaillir hors de ma tête ouverte
ces voix que j’ai voulu chasser de ce palais
et qui de leurs remous léchant mon corps inerte
répètent comme alors « à manger, s’il vous plaît.»
( Comme "la rachetée" ce texte sera ajouté à "l'an de cendre" )
Absolution saline
Octobre 5,2007, 4:41 pmLa rachetée
Août 2,2007, 9:20 am
Par ce geste ancestral dont on semait les blés
la dame aux cheveux gris jette aux sillons des rues,
dans le terreau grouillant des pigeons assemblés,
hors d’un linge noirci, des morceaux de chair crue.
Derrière elle la ville arrachant sa laideur
pousse hors de ses pavés l’ombre dont elle accouche;
Un mendiant la suit en laisse par l’odeur,
ces quelques mots suintant aux angles de sa bouche :
« Toi veuve qui perdit et ton père et tes fils
dans les trous qu’avant toi vint semer la famine,
entends mourants et loups hurler cent contre dix.
L’homme a raison de vivre et non pas la vermine.
Que ne préserves-tu pour ton propre repas
la monstruosité de tant de nourriture?
Quelle règle t’oblige à ne la mordre pas
pour offrir aux oiseaux si perverse pâture? »
L’aïeule sans cesser d’épandre ses bontés,
le méprise et chantonne au soir mélancolique
que tant de fois déjà sous les cris indomptés
elle entendit ramper cette même supplique.
Voyant là les ramiers se dévorer entre eux,
le pauvre alors se jette aux pieds de la semeuse,
mêlant son propre corps au régal désastreux,
chérissant, déchirant la viande fameuse.
« Choisis lors ton morceau, pour peu qu’il en reste un. »
dit tristement la vieille, ajoutant de la sorte:
« Je ne tremperai pas ma lèvre à ce festin,
même s’il faut qu’un soir la faim me laisse morte.
Quoique je sente en moi cet appétit malsain,
qu’un désir outrageant en mon ventre fourmille
tel en un fruit d’été le plus vorace essaim,
je n’aurai pas le cœur de manger… ma famille.
Charognards, noyez moi sous vos flots affamés.
Acceptez ces trésors avant qu’ils ne pourrissent.
Quand le sang sera bu de ces êtres aimés,
je serai cette fois, morte, digne nourrisse. »…
Quelques heures plus tard le sort était mâché.
De son sourire osseux les pigeons s’envolèrent.
Par sa faute les siens, dans un cellier caché
étaient tous morts de faim attendant fille et mère.
la dame aux cheveux gris jette aux sillons des rues,
dans le terreau grouillant des pigeons assemblés,
hors d’un linge noirci, des morceaux de chair crue.
Derrière elle la ville arrachant sa laideur
pousse hors de ses pavés l’ombre dont elle accouche;
Un mendiant la suit en laisse par l’odeur,
ces quelques mots suintant aux angles de sa bouche :
« Toi veuve qui perdit et ton père et tes fils
dans les trous qu’avant toi vint semer la famine,
entends mourants et loups hurler cent contre dix.
L’homme a raison de vivre et non pas la vermine.
Que ne préserves-tu pour ton propre repas
la monstruosité de tant de nourriture?
Quelle règle t’oblige à ne la mordre pas
pour offrir aux oiseaux si perverse pâture? »
L’aïeule sans cesser d’épandre ses bontés,
le méprise et chantonne au soir mélancolique
que tant de fois déjà sous les cris indomptés
elle entendit ramper cette même supplique.
Voyant là les ramiers se dévorer entre eux,
le pauvre alors se jette aux pieds de la semeuse,
mêlant son propre corps au régal désastreux,
chérissant, déchirant la viande fameuse.
« Choisis lors ton morceau, pour peu qu’il en reste un. »
dit tristement la vieille, ajoutant de la sorte:
« Je ne tremperai pas ma lèvre à ce festin,
même s’il faut qu’un soir la faim me laisse morte.
Quoique je sente en moi cet appétit malsain,
qu’un désir outrageant en mon ventre fourmille
tel en un fruit d’été le plus vorace essaim,
je n’aurai pas le cœur de manger… ma famille.
Charognards, noyez moi sous vos flots affamés.
Acceptez ces trésors avant qu’ils ne pourrissent.
Quand le sang sera bu de ces êtres aimés,
je serai cette fois, morte, digne nourrisse. »…
Quelques heures plus tard le sort était mâché.
De son sourire osseux les pigeons s’envolèrent.
Par sa faute les siens, dans un cellier caché
étaient tous morts de faim attendant fille et mère.
brouillons (4)
Juillet 16,2007, 12:01 am
...
Le martyre jetait un peu plus loin sur la sente
éclaboussée d’injures
le désordre entremêlé de ses membres.
L’insecte ridicule
éperdu, assoiffé d’équilibre
allait échapper ce soir
aux mâchoires de la foule.
Quand au sommet des solitudes
Il fût seul, il se tourna l’œil brûlant
vers les dunes épineuses des villages
Les fantasmes nocturnes
seules entendirent
ses lèvres ou séchait encore
le sang éclaté des cailloux
« Meute en membres toute, qui de mes demain déchire l’ombre
c’est assez de sang.
Je poserai ici contre le roc la croix de vos bâtons
brisée que sur le dos je porte
je dormirai ma peine en ce refuge
enfin laissant vos yeux débarrassés du misérable
Je lègue aux loups mon supplice
et signe un pacte avec le temps
»
Ayant dit cela,
le reclus se mit à baver
méticuleusement
sa haine et ses ressentiments
en filaments blanchâtres
tissant l’interminable aberration
tirant les fils aux doigts des jours
jusqu’à ce qu’enfermé de soie son corps ne soit plus guère
qu’un monolithe abject
sépulcre suintant d’ankylose.
La chose fut vite oubliée
et avec l’oubli l’étrange sépulture
au gré des identiques jours
aux yeux des curieux devint mystère
puis monument
le vent souffla sur le dégoût
et avec la sottise des vendeurs d’histoires
l’étrange cocon gonfla les imaginations
le mépris était devenu attrait
puis par les siècles : adoration
Les pierres des enfants
étaient devenues gemmes
et les crachats : baisers
Les oracles se mirent
à l’annoncé divin
à prendre l’oblongue abcès pour une emblème
et pour de la myrrhe la lymphe
qui un jour le fissura
sous la brisure convulsive
de l’heure dite.
Le corps apparut
semblable à ce qu’il était
les haillons de misère
maigrement identiques
Et tous prosternés devant tant de magnificence
les fils de ses bourreaux
en firent un prophète
admiré, adoré, immité, poursuivi
un prophete qui ce soir
échapperait au baiser de la foule
et sanglant d’hystérie
au sommet des solitudes
compterait en éternel captif
les tremblements d’un monde perpétuellement chrysalide.
Le martyre jetait un peu plus loin sur la sente
éclaboussée d’injures
le désordre entremêlé de ses membres.
L’insecte ridicule
éperdu, assoiffé d’équilibre
allait échapper ce soir
aux mâchoires de la foule.
Quand au sommet des solitudes
Il fût seul, il se tourna l’œil brûlant
vers les dunes épineuses des villages
Les fantasmes nocturnes
seules entendirent
ses lèvres ou séchait encore
le sang éclaté des cailloux
« Meute en membres toute, qui de mes demain déchire l’ombre
c’est assez de sang.
Je poserai ici contre le roc la croix de vos bâtons
brisée que sur le dos je porte
je dormirai ma peine en ce refuge
enfin laissant vos yeux débarrassés du misérable
Je lègue aux loups mon supplice
et signe un pacte avec le temps
»
Ayant dit cela,
le reclus se mit à baver
méticuleusement
sa haine et ses ressentiments
en filaments blanchâtres
tissant l’interminable aberration
tirant les fils aux doigts des jours
jusqu’à ce qu’enfermé de soie son corps ne soit plus guère
qu’un monolithe abject
sépulcre suintant d’ankylose.
La chose fut vite oubliée
et avec l’oubli l’étrange sépulture
au gré des identiques jours
aux yeux des curieux devint mystère
puis monument
le vent souffla sur le dégoût
et avec la sottise des vendeurs d’histoires
l’étrange cocon gonfla les imaginations
le mépris était devenu attrait
puis par les siècles : adoration
Les pierres des enfants
étaient devenues gemmes
et les crachats : baisers
Les oracles se mirent
à l’annoncé divin
à prendre l’oblongue abcès pour une emblème
et pour de la myrrhe la lymphe
qui un jour le fissura
sous la brisure convulsive
de l’heure dite.
Le corps apparut
semblable à ce qu’il était
les haillons de misère
maigrement identiques
Et tous prosternés devant tant de magnificence
les fils de ses bourreaux
en firent un prophète
admiré, adoré, immité, poursuivi
un prophete qui ce soir
échapperait au baiser de la foule
et sanglant d’hystérie
au sommet des solitudes
compterait en éternel captif
les tremblements d’un monde perpétuellement chrysalide.
brouillon (2) (première évolution)
Juin 15,2007, 11:24 pm
Avançant vers l’oubli,
vont les âmes coupables.
Ce peuple rassemblé
dont l’ombre se dérobe
sur les dunes
de Sherob,
évidé de ses voix,
gavé du vent des suies,
avili, va fuyant
contre l’heure
l’opprobre prédateur.
Exclus de nos yeux clos
Ils vont sans plus de nom,
désonglés,
les os creux et désarticulés,
des bourrasques de honte
leur arrachant la tête;
Et leurs pieds sans orteils
se perdent lourdement
dans la cendre des dunes
cendre au soleil saignant
des tessons des rancunes.
Le cortège docile
marche sinistrement,
marche sans s’arrêter,
dans les pas que les rois
d’Atrabile >< bien qu’en rêve
ont cru bon de creuser.
Des forçats >< le plus droit
chacun porte la somme >< de ses hommes
d’un temps chargé d’horreur >< porte encore
d’une chose interdite, >< sur ses flancs
d’un esprit divergeant. >< le verdict
Devant, ouvrant la voie
des damnés
tirant péniblement
dans les airs
ses vêtements cousus
tout de coléoptères
un semblant décharné
d’être étrange les guide.
( Sont-ce restes d’un ange? )
Mille déments le suivent >< Ils dérivent
les hurleurs, les satyres, >< hors le pire
les amants du délire, >< mains en pleurs
les voleurs de patience, >< leur absence
les violeurs de conscience, >< en la lisse
tous les traîtres aux lois, >< que les rois
les traqueurs d’absolu, >< ont voulu.
et les simples d’esprit
qui n’auront pas compris.
Se suivent les parjures.
Passent les criminels.
Et voici les tricheurs
les dix doigts dans les poches,
mains levées vers le ciel.
Puis en laisse traînant
vainement
leurs violets animaux,
fardeaux ombilicaux,
infiniment se vident
les mères infanticides.
Et plus loin,
jambes démesurées,
un colosse s’en vient
qui tel le scarabée
fait rouler devant lui
l’orbe d’un astre éteint.
D’autres viennent encore.
Jusqu’à la boréale
la meute criminelle
Se bouscule.
Mais voici que pour la première fois
Cette toujours interminable cohorte
s’arrête.
Une hyène
assise
est l’obstacle.
Recouvrant alors sa forme maligne
par ses lèvres noyées de chitine et de sang,
le spectre d’Immorha leur dit :
« Je serai votre guide
désormais
Celui-ci n’est plus guère
apte à vous égarer.
Sachez, foule assassine,
Qu’il n’est plus d’innocence
en Sherob.
Ici vous ont suivi
vos juges, vos vengeurs,
les châtieurs de ceux-ci
et ceux de leurs bourreaux.
Vous êtes de nouveau
seuls vivants d’un royaume
dont la tête tranchée
roule derrière vous.
Prenne fin votre peine!
Rejoignez vos foyers!
Incendiez! De nouveau
soyez industrieux!
Cultivez le mepris!
Domestiquez la guerre!
Faites enfants aux chiens!
Inventez l’esclavage!
Ceux qui vous condamnaient
marchent à vos côtés.
Si le crime est encore,
et la sentence est pire,
vous êtes seuls capables
de les tresser toujours. »
vont les âmes coupables.
Ce peuple rassemblé
dont l’ombre se dérobe
sur les dunes
de Sherob,
évidé de ses voix,
gavé du vent des suies,
avili, va fuyant
contre l’heure
l’opprobre prédateur.
Exclus de nos yeux clos
Ils vont sans plus de nom,
désonglés,
les os creux et désarticulés,
des bourrasques de honte
leur arrachant la tête;
Et leurs pieds sans orteils
se perdent lourdement
dans la cendre des dunes
cendre au soleil saignant
des tessons des rancunes.
Le cortège docile
marche sinistrement,
marche sans s’arrêter,
dans les pas que les rois
d’Atrabile >< bien qu’en rêve
ont cru bon de creuser.
Des forçats >< le plus droit
chacun porte la somme >< de ses hommes
d’un temps chargé d’horreur >< porte encore
d’une chose interdite, >< sur ses flancs
d’un esprit divergeant. >< le verdict
Devant, ouvrant la voie
des damnés
tirant péniblement
dans les airs
ses vêtements cousus
tout de coléoptères
un semblant décharné
d’être étrange les guide.
( Sont-ce restes d’un ange? )
Mille déments le suivent >< Ils dérivent
les hurleurs, les satyres, >< hors le pire
les amants du délire, >< mains en pleurs
les voleurs de patience, >< leur absence
les violeurs de conscience, >< en la lisse
tous les traîtres aux lois, >< que les rois
les traqueurs d’absolu, >< ont voulu.
et les simples d’esprit
qui n’auront pas compris.
Se suivent les parjures.
Passent les criminels.
Et voici les tricheurs
les dix doigts dans les poches,
mains levées vers le ciel.
Puis en laisse traînant
vainement
leurs violets animaux,
fardeaux ombilicaux,
infiniment se vident
les mères infanticides.
Et plus loin,
jambes démesurées,
un colosse s’en vient
qui tel le scarabée
fait rouler devant lui
l’orbe d’un astre éteint.
D’autres viennent encore.
Jusqu’à la boréale
la meute criminelle
Se bouscule.
Mais voici que pour la première fois
Cette toujours interminable cohorte
s’arrête.
Une hyène
assise
est l’obstacle.
Recouvrant alors sa forme maligne
par ses lèvres noyées de chitine et de sang,
le spectre d’Immorha leur dit :
« Je serai votre guide
désormais
Celui-ci n’est plus guère
apte à vous égarer.
Sachez, foule assassine,
Qu’il n’est plus d’innocence
en Sherob.
Ici vous ont suivi
vos juges, vos vengeurs,
les châtieurs de ceux-ci
et ceux de leurs bourreaux.
Vous êtes de nouveau
seuls vivants d’un royaume
dont la tête tranchée
roule derrière vous.
Prenne fin votre peine!
Rejoignez vos foyers!
Incendiez! De nouveau
soyez industrieux!
Cultivez le mepris!
Domestiquez la guerre!
Faites enfants aux chiens!
Inventez l’esclavage!
Ceux qui vous condamnaient
marchent à vos côtés.
Si le crime est encore,
et la sentence est pire,
vous êtes seuls capables
de les tresser toujours. »
Brouillon (8)
Mai 16,2007, 10:41 pm
Alors que dans le soir les jardins arachnides en cercles de filandres séchaient leurs fruits nombreux aux lunes d’Atrabile,
Jar le Sire,
haut seigneur de Sherob, le givre dans la voix, les corbeaux dans le geste, d’une même parole enserrait sa captive.
« Tu es la bienvenue, fille des contagions, phalène vagabonde. Tu possèdes un présent qui manque à mon trésor. Je me suis fait promesse de collecter le sel de toutes le douleurs, d’apprivoiser les cris, domestiquer les pleurs, et désire ce soir que ta langue de vierge qui n’a jamais trempé aux circonvolutions vaines de tes semblables me verse son supplice. Ton dernier hurlement, plus rare qu’aucun autre devrait être un joyaux d’un lustre incomparable.»
Dans la nuit florissante, la brise était suave. Et par grappes les morts écoutaient le dément.
« Ma chère, la torture est un art délicat; Car il faut bien du temps pour qu’un éplorement
soit sincère,
il faut le recueillir dans le creux de la main mais sans serrer trop fort
au départ,
caresser la frayeur mais sans se laisser mordre par la fourbe pitié, attirer doucement ce cher gémissement dehors de sa demeure sans le laisser s’enfuir, puis d’un coup l’aspirer, l’ajouter à ses pairs qui reclus dans ma tête berceront pour jamais tant de mes heures seules.»
Et durant ce discours Krise la bave aux lèvres haussait vers l’avenir ses prunelles superbes. Elle se vit tenir entre ses doigts d’enfant ce prince caquetant
sur le mur
et lui fendre le crâne, et voir se détacher élancées dans la nuit des gerbes de silence qui s’en iraient alors oublier leur histoire à travers l’horizon, de par les étendues, vers la fin d’Atrabile.
Jar le Sire,
haut seigneur de Sherob, le givre dans la voix, les corbeaux dans le geste, d’une même parole enserrait sa captive.
« Tu es la bienvenue, fille des contagions, phalène vagabonde. Tu possèdes un présent qui manque à mon trésor. Je me suis fait promesse de collecter le sel de toutes le douleurs, d’apprivoiser les cris, domestiquer les pleurs, et désire ce soir que ta langue de vierge qui n’a jamais trempé aux circonvolutions vaines de tes semblables me verse son supplice. Ton dernier hurlement, plus rare qu’aucun autre devrait être un joyaux d’un lustre incomparable.»
Dans la nuit florissante, la brise était suave. Et par grappes les morts écoutaient le dément.
« Ma chère, la torture est un art délicat; Car il faut bien du temps pour qu’un éplorement
soit sincère,
il faut le recueillir dans le creux de la main mais sans serrer trop fort
au départ,
caresser la frayeur mais sans se laisser mordre par la fourbe pitié, attirer doucement ce cher gémissement dehors de sa demeure sans le laisser s’enfuir, puis d’un coup l’aspirer, l’ajouter à ses pairs qui reclus dans ma tête berceront pour jamais tant de mes heures seules.»
Et durant ce discours Krise la bave aux lèvres haussait vers l’avenir ses prunelles superbes. Elle se vit tenir entre ses doigts d’enfant ce prince caquetant
sur le mur
et lui fendre le crâne, et voir se détacher élancées dans la nuit des gerbes de silence qui s’en iraient alors oublier leur histoire à travers l’horizon, de par les étendues, vers la fin d’Atrabile.
brouillon (7)
Mai 10,2007, 11:07 am
« A quoi servent ces trous
dans ma tête? »
Krise ignore; Et les vents font tournoyer la suie.
En ces jours abattoirs il n’est plus de mesure au refrain des oiseaux qui pendent morts aux branches, ni même note fausse au cris sous les charniers. Il n’est plus de vertige au parfum du défunt dans la fosse. Le sang même, insipide, va ruisselant des cieux sans affoler sa soif.
Sans plus de hâte aucune elle entre le hasard, en gestes convulsifs froisse les peaux de brume. Eventreuse, elle rampe et les carcasses creuses lui refusent ce vide qui si bien la sustente.
Les mots appris des chiens tournent sans s’arrêter, dans le sens des nausées, infatigablement.
Elle avance
dedans la pourriture
sa démence
pour seule nourriture,
Nul besoin de ces sens pour atteindre l’horreur, la douleur pour seul guide.
Quelle est l’utilité de transpercer le monde? A quoi servent les tombes?
Le tristesse et la mort y s’écouler feront et la cire et le plomb.
« A quoi servent ces trous
Dans ma tête ? »
Krise ignore; Et les vents font tournoyer la suie.
dans ma tête? »
Krise ignore; Et les vents font tournoyer la suie.
En ces jours abattoirs il n’est plus de mesure au refrain des oiseaux qui pendent morts aux branches, ni même note fausse au cris sous les charniers. Il n’est plus de vertige au parfum du défunt dans la fosse. Le sang même, insipide, va ruisselant des cieux sans affoler sa soif.
Sans plus de hâte aucune elle entre le hasard, en gestes convulsifs froisse les peaux de brume. Eventreuse, elle rampe et les carcasses creuses lui refusent ce vide qui si bien la sustente.
Les mots appris des chiens tournent sans s’arrêter, dans le sens des nausées, infatigablement.
Elle avance
dedans la pourriture
sa démence
pour seule nourriture,
Nul besoin de ces sens pour atteindre l’horreur, la douleur pour seul guide.
Quelle est l’utilité de transpercer le monde? A quoi servent les tombes?
Le tristesse et la mort y s’écouler feront et la cire et le plomb.
« A quoi servent ces trous
Dans ma tête ? »
Krise ignore; Et les vents font tournoyer la suie.
Brouillon (6)
Avril 18,2007, 11:47 pm
Dans le temple d’Absur, Krise étouffant son rire ne s’est pas prosternée. Elle sait bien comment mettre un dieu à genoux. Ne pouvant égorger le mythe imputrescible, elle prendra pour cible ces mill-i-ons de larves, ces rampants en prière sous les pieds du colosse. Mettre fin à son sacre, ôter son existence, n’est pas chose facile, lui le dit intouchable, lui le dit tout puissant qui ne connaît la vie mais existe pourtant. Comment l’assassiner ? La dague est à planter dans le crâne des hommes. Son être est imprégné là dans leurs cauchemars, dans les cris apeurés de l’enfant à sa mère, les murmures de honte, les sermons des prêcheurs.
C’est pourquoi
Krise devra tuer les hommes, les prêcheurs et l’enfant et sa mère, déchirer tout encore, tout ce qui peut penser et croire un peu en lui, étouffer les sermons, les cris et les murmures, terrer les cauchemars dans la noirceur du sang, n’entendre plus parler de cette aberration, la plus petite foi, la moindre des pensées frappée, fauchée, noyée, la gangrène à jamais, définitivement
arrachée.
lorsque aux ruines du temple, seule rompue de meurtres, au centre de la ronde ivrogne des cadavres elle hurlera son nom, c’est alors seulement lorsque livré à elle, lui qu’on dit être grand, qu’il s’effondrera seul sur la cendre des âmes jonchées de nos carcasses. Alors elle terra son nom pour un sourire. Le mythe cessera. Krise alors simplement euphorique pourra et se prier soi-même et se croire soi-même et de toutes ses forces sa turpide cervelle existante écrasée entre ses paumes jointes se repaître d’un dieu.
C’est pourquoi
Krise devra tuer les hommes, les prêcheurs et l’enfant et sa mère, déchirer tout encore, tout ce qui peut penser et croire un peu en lui, étouffer les sermons, les cris et les murmures, terrer les cauchemars dans la noirceur du sang, n’entendre plus parler de cette aberration, la plus petite foi, la moindre des pensées frappée, fauchée, noyée, la gangrène à jamais, définitivement
arrachée.
lorsque aux ruines du temple, seule rompue de meurtres, au centre de la ronde ivrogne des cadavres elle hurlera son nom, c’est alors seulement lorsque livré à elle, lui qu’on dit être grand, qu’il s’effondrera seul sur la cendre des âmes jonchées de nos carcasses. Alors elle terra son nom pour un sourire. Le mythe cessera. Krise alors simplement euphorique pourra et se prier soi-même et se croire soi-même et de toutes ses forces sa turpide cervelle existante écrasée entre ses paumes jointes se repaître d’un dieu.
brouillons (1) (1ere évolution)
Mars 14,2007, 1:01 am
Fût au commencement le Crime originel. Cette tare éternelle, lourde sur nos épaules, a pesé de tous temps sur la corde des choses. Sous les branches du saule Krise, les yeux fermés, sombre, se pâme et songe aux germes de ce monde. Elle oublie sa chair pleine d’évanouissement et regarde au travers des paupières du temps. Sur le roc du néant, immobile dormait l’oiseau du devenir. Paroxysme du rien, tout en nappes d’absences, l’univers n’était pas. Krise voit ce passé qui ne peut être vu. Elle sait ce récit qui ne peut être su. Et dans un bâillement
grandi-ose
l’ancestral oiseau s’enfle, ses ailes déployant, crevant l’inexistence dessous sa serre close, multiplie son plumage, se mêlant à lui-même, infinie ecchymose, teintant d’éternité, l’éther, le temps, l’étau. Des mythiques entrailles un râle, un grondement, un cri plein brise alors toute l’immensité, ses échos déchirants, agrandissant les cieux, élargissant la faille à chaque battement.
Krise sait.
Krise est née de ce chant; Car de lui naquit l’Être. Lorsque l’Être eu pris forme en cette heure première, vomissant sa matière hors de ce ventre énorme, Krise rouvrit les yeux; Elle pris l’oiseau source,
tendrement,
et lui trancha la tête,
net,
en brisant sans effort sa confiance et ses os, condamnant l’avenir à s’ébattre en aveugle dans le chaos présent, éclaboussant ainsi,semailles de son sang, la pléthore des astres d’où naquirent les mondes. Krise lâchant sa lame, efface de la main une goutte de sang tombée sur sa peau blême. Elle en boira demain. Il faut s’habituer. Même apprendre à tuer est un commencement.
grandi-ose
l’ancestral oiseau s’enfle, ses ailes déployant, crevant l’inexistence dessous sa serre close, multiplie son plumage, se mêlant à lui-même, infinie ecchymose, teintant d’éternité, l’éther, le temps, l’étau. Des mythiques entrailles un râle, un grondement, un cri plein brise alors toute l’immensité, ses échos déchirants, agrandissant les cieux, élargissant la faille à chaque battement.
Krise sait.
Krise est née de ce chant; Car de lui naquit l’Être. Lorsque l’Être eu pris forme en cette heure première, vomissant sa matière hors de ce ventre énorme, Krise rouvrit les yeux; Elle pris l’oiseau source,
tendrement,
et lui trancha la tête,
net,
en brisant sans effort sa confiance et ses os, condamnant l’avenir à s’ébattre en aveugle dans le chaos présent, éclaboussant ainsi,semailles de son sang, la pléthore des astres d’où naquirent les mondes. Krise lâchant sa lame, efface de la main une goutte de sang tombée sur sa peau blême. Elle en boira demain. Il faut s’habituer. Même apprendre à tuer est un commencement.
Brouillons (5)
Mars 7,2007, 12:57 am
La cité des Satines
femmes pâles et tranquilles
aux visages sans traits
Chacune par les cheveux
reliée
à chacune des ses sœurs.
Sur ce havre se lève
comme une aube éternelle
une aura d’harmonie
et de sérénité.
Toujours leur calme avance
aux fil des chevelures
se glissant par les rues
passant par les pilastres
au bras des cariatides
Jusque dans leurs jardins
dans l’élan de leurs arbres
les racines sont jointes
et les fleuves alentours
sans nulle source aucune
en spirales se nouent
fermant le labyrinthe.
C’est leur suprême loi
l’Unité
qui toujours se resserre
jusqu’au centre du lieu
où l’aïeule
tresse entre ses doigts maigres
en mailles très étroites
leur avenir commun.
Elles seront toujours
unies
dans leurs souffles, leurs gestes,
et jusque dans leur voix
tout ensemble portée
dans un unique cri
mélodieux et atroce
lorsque le pire viendra,
lorsque ici paraîtrons
aux abords de l’enceinte
les Acèhres nomades
aux crinière de givre
aux regards aiguisés
l’une et l’autre orphelines
indomptées et distinctes
dans la course animale.
Sous les coups de ce monstre en furie
les arbres des jardins
seront déracines
les fleuves dévoyés
les pilastres brisés.
Et c’est au soir du monde
que les pâles Satines
à genoux, mutilées, libérées,
regardant le bûcher expirant
sous l’aïeule étranglée
du feu noséabond
apprendront que les liens
que tissent les années
lourds entre les semblables
ne sont que des garots
faits de matière morte.
femmes pâles et tranquilles
aux visages sans traits
Chacune par les cheveux
reliée
à chacune des ses sœurs.
Sur ce havre se lève
comme une aube éternelle
une aura d’harmonie
et de sérénité.
Toujours leur calme avance
aux fil des chevelures
se glissant par les rues
passant par les pilastres
au bras des cariatides
Jusque dans leurs jardins
dans l’élan de leurs arbres
les racines sont jointes
et les fleuves alentours
sans nulle source aucune
en spirales se nouent
fermant le labyrinthe.
C’est leur suprême loi
l’Unité
qui toujours se resserre
jusqu’au centre du lieu
où l’aïeule
tresse entre ses doigts maigres
en mailles très étroites
leur avenir commun.
Elles seront toujours
unies
dans leurs souffles, leurs gestes,
et jusque dans leur voix
tout ensemble portée
dans un unique cri
mélodieux et atroce
lorsque le pire viendra,
lorsque ici paraîtrons
aux abords de l’enceinte
les Acèhres nomades
aux crinière de givre
aux regards aiguisés
l’une et l’autre orphelines
indomptées et distinctes
dans la course animale.
Sous les coups de ce monstre en furie
les arbres des jardins
seront déracines
les fleuves dévoyés
les pilastres brisés.
Et c’est au soir du monde
que les pâles Satines
à genoux, mutilées, libérées,
regardant le bûcher expirant
sous l’aïeule étranglée
du feu noséabond
apprendront que les liens
que tissent les années
lourds entre les semblables
ne sont que des garots
faits de matière morte.
brouillons (3)
Décembre 3,2006, 11:23 pmKrise
sur le fleuve se penchait
lorsqu’un être effroyable
surgi des profondeurs
la prit à la gorge
la plaquant contre terre
posa son visage étrange
tout contre le sien
et murmura:
Je ne te dirai pas
de ne pas avoir peur
car je suis dangereuse
car je suis ton reflet
chaque jour
comme toi lentement
je dérive
parmi les ondes d’un monde
qui coule vers sa fin
et je côtoie des ombres
et des êtres sans vie.
…
Je suis venu te demander
De ne plus poser sur moi
tes lèvres de gorgone.
Car lorsque tu à soif
Et lorsque tu m’embrasses
Ma peau se décompose
Et m’arrache à ce fleuve
je goutte l’eau putride
le poison acide et vorace
qu’est l’existence.
Le jour où tu tendras encore vers moi
tes mains ensanglantées
ne me regarde pas
et ne t’approche pas
tu pourrais me briser.
Quand je suis trop près de toi
je ne peux respirer.
STANCES A LA NUIT
Août 20,2006, 9:51 pm
Les treize textes suivants se nomme "stances à la nuit", petite expérience superficielle mais qui m'est chère.
- I -
Juillet 29,2006, 12:01 am
Dans cette presque opaque et fiole de silence,
dans cette flasque immonde entre tes doigts, ô nuit,
nous subsistons scellés dans notre pestilence,
suant notre univers sans éroder l’ennui.
Que ne vous lassez vous phalanges glaci-ales
tant lourde est la chaleur que contre ses parois
nous jetons par nos fois, nos amours besti-ales,
nos espoirs, et toujours subséquents désarrois.
J’entends bien ton dégoût tant nous sommes infectes,
vieux vers luminescents dans la viscosité
du connu. Ce brouet, machinerie d’insectes,
verse le sur ta lèvre, êve d’obscurité.
Si ton cœur ne connu plus vague répugnance,
si le goût de nos morts a pour toi quelque attrait,
je fais sable en ta soif de mes impati-ences
et supplie que ce soir tu nous boive d’un trait.
dans cette flasque immonde entre tes doigts, ô nuit,
nous subsistons scellés dans notre pestilence,
suant notre univers sans éroder l’ennui.
Que ne vous lassez vous phalanges glaci-ales
tant lourde est la chaleur que contre ses parois
nous jetons par nos fois, nos amours besti-ales,
nos espoirs, et toujours subséquents désarrois.
J’entends bien ton dégoût tant nous sommes infectes,
vieux vers luminescents dans la viscosité
du connu. Ce brouet, machinerie d’insectes,
verse le sur ta lèvre, êve d’obscurité.
Si ton cœur ne connu plus vague répugnance,
si le goût de nos morts a pour toi quelque attrait,
je fais sable en ta soif de mes impati-ences
et supplie que ce soir tu nous boive d’un trait.
- II -
Juillet 27,2006, 12:01 am
Quand l’eau de l’infini d’une main effleurée
fait rides sur cette onde et trouble ta beauté,
quand d’orages sans fin qui te voient écoeurée
viennent cruellement quelques larmes t’ôter,
quand ta traîne d’aurore, erre majestueuse
sur les dalles du monde où nos corps sont tes pas,
te souvient-il encor nonchalante tueuse,
qu’avant ton apogée nos vies n’en étaient pas?
Revois-tu ces soleils, rois dont tu fus la reine
et que tu dans ta noce éternelle étranglas?
Dans l’écrin du passé, loin des jours qui s’égrainent,
retiens tu tous ces soirs où résonnait le glas.
Que perdure ton oeuvre à travers trêves vaines!
Belle aux ongles noirs sang, c’est au temps de venir
où ta langue ascerée fouillant tes propres veines
dira d’éclaboussée « Qu’il est doux d’en finir ».
fait rides sur cette onde et trouble ta beauté,
quand d’orages sans fin qui te voient écoeurée
viennent cruellement quelques larmes t’ôter,
quand ta traîne d’aurore, erre majestueuse
sur les dalles du monde où nos corps sont tes pas,
te souvient-il encor nonchalante tueuse,
qu’avant ton apogée nos vies n’en étaient pas?
Revois-tu ces soleils, rois dont tu fus la reine
et que tu dans ta noce éternelle étranglas?
Dans l’écrin du passé, loin des jours qui s’égrainent,
retiens tu tous ces soirs où résonnait le glas.
Que perdure ton oeuvre à travers trêves vaines!
Belle aux ongles noirs sang, c’est au temps de venir
où ta langue ascerée fouillant tes propres veines
dira d’éclaboussée « Qu’il est doux d’en finir ».
- III -
Juillet 25,2006, 12:01 am
J’extravague, ô ma nuit. Je vais par les courants,
traversant les maelströms te chercher, mon éprise,
dans l’abysse te voir face au Lévi-athan
dans ses yeux, claustrophobe où je hurle et me brise.
Je vais m’ensevelir où les immensités
dans ma bouche ont un goût d’éternel et de terre,
et m’abîmer au puit des irréalités
y sans fin dévorer ton souffle délétère.
J’irai, jetant la griffe aux arides parois,
à mon coeur arracher qui de toi sait la trace
les quelques grains de suie, qui s’y trouvent je crois
épargnés par la vie et la raison vorace.
Je broierai dans mon poing devant les lois fermé
ce sable que l’ont dit dépourvus d’existence.
J’en verrai l’encre sourdre et lettres se former
pour qu’aux plaies du papier soit laissée ton essence.
traversant les maelströms te chercher, mon éprise,
dans l’abysse te voir face au Lévi-athan
dans ses yeux, claustrophobe où je hurle et me brise.
Je vais m’ensevelir où les immensités
dans ma bouche ont un goût d’éternel et de terre,
et m’abîmer au puit des irréalités
y sans fin dévorer ton souffle délétère.
J’irai, jetant la griffe aux arides parois,
à mon coeur arracher qui de toi sait la trace
les quelques grains de suie, qui s’y trouvent je crois
épargnés par la vie et la raison vorace.
Je broierai dans mon poing devant les lois fermé
ce sable que l’ont dit dépourvus d’existence.
J’en verrai l’encre sourdre et lettres se former
pour qu’aux plaies du papier soit laissée ton essence.
- IV -
Juillet 23,2006, 12:01 am
Aux serres laissé seul, châtiement mérité,
j'embrassai ce soir là ta noirceur éternelle.
De tes griffes l’étreinte ouvrant ma cécité,
Pour l’heure je devins aveugle en ta prunelle.
A chaque ombre pour toi que depuis je conquiers,
étranglant de mes mains ces maudits chercheurs d’astres,
serrant fort l’étincelle hors des yeux des plus fiers
je nous grave une épreuve à tes plus beaux désastres.
Nul n’aura face au ciel de brûlure à pleurer;
Tous volets seront clos, lampes brisées entières,
et mieux les yeux crevés. Je les empêcherai
de croire encore au jour, en ses vaines lumières.
Le phare nul plus haut à jamais submergé,
le sublime absolu de ton voile de soie
funéraire sera pour ce monde égorgé.
Que finissent les jours et les ténèbres soient!
j'embrassai ce soir là ta noirceur éternelle.
De tes griffes l’étreinte ouvrant ma cécité,
Pour l’heure je devins aveugle en ta prunelle.
A chaque ombre pour toi que depuis je conquiers,
étranglant de mes mains ces maudits chercheurs d’astres,
serrant fort l’étincelle hors des yeux des plus fiers
je nous grave une épreuve à tes plus beaux désastres.
Nul n’aura face au ciel de brûlure à pleurer;
Tous volets seront clos, lampes brisées entières,
et mieux les yeux crevés. Je les empêcherai
de croire encore au jour, en ses vaines lumières.
Le phare nul plus haut à jamais submergé,
le sublime absolu de ton voile de soie
funéraire sera pour ce monde égorgé.
Que finissent les jours et les ténèbres soient!
- V -
Juillet 22,2006, 12:01 am
Scintillants d’eau saumâtre, happé des sphères hautes,
à crocs d’argent l’hiver nous mange dans ta main,
et maigre en ce régal enferme entre ses côtes
les derniers condensats de nos flocons humains.
Cette neige de monde à ta paume de gypse
n’apporte que carcasse et rien de notre sang.
Cela fait trop longtemps qu’aux feux d’apocalypse
nos cœurs se sont vidés en flots incandescents.
A ton image presque, effigies et gisantes,
les déités de mort n’ont pas voulu de nous.
Dans leurs toges cousues de nos paumes sanglantes
notre douleur n’était qu’un horrible frou-frou.
Notre plainte a présent qui prise dans la glace
ne ferait plus frémir le silence absolu,
se refuse, s’endort, et dans l’oubli s’efface.
Sois contente ô ma nuit, tu ne l’entendras plus.
à crocs d’argent l’hiver nous mange dans ta main,
et maigre en ce régal enferme entre ses côtes
les derniers condensats de nos flocons humains.
Cette neige de monde à ta paume de gypse
n’apporte que carcasse et rien de notre sang.
Cela fait trop longtemps qu’aux feux d’apocalypse
nos cœurs se sont vidés en flots incandescents.
A ton image presque, effigies et gisantes,
les déités de mort n’ont pas voulu de nous.
Dans leurs toges cousues de nos paumes sanglantes
notre douleur n’était qu’un horrible frou-frou.
Notre plainte a présent qui prise dans la glace
ne ferait plus frémir le silence absolu,
se refuse, s’endort, et dans l’oubli s’efface.
Sois contente ô ma nuit, tu ne l’entendras plus.
- VI -
Juillet 20,2006, 12:01 am
Ces maudits que l’on sait à l’obscur attachés,
aux yeux tranchants qu’à peine un peu de vie colore
sont de te voir capable et tes versants cachés,
sans être dit défunts, ni leurs paupières clore.
Ils sentiront parfois flore des plus charmantes
répandre sous leurs pieds ses graines à foison,
ses vignes jusques en leurs cervelles démentes,
et ses fruits que l’on croit illusoire poison.
Ils seront du jardin où d’innombrables rampent,
animaux indistincts, plus foules que nos peurs,
qui grattent l’huis du rêve ou d’une langue trempent
en ce fleuve torpide où la raison se meurt.
Que s’inondent ainsi nos âmes dévolues;
Et que vienne glisser, trempé de nos regards,
puisqu’en toi la beauté se fait plus absolue,
sur nos pages de peau le pinceau d’un rasoir.
aux yeux tranchants qu’à peine un peu de vie colore
sont de te voir capable et tes versants cachés,
sans être dit défunts, ni leurs paupières clore.
Ils sentiront parfois flore des plus charmantes
répandre sous leurs pieds ses graines à foison,
ses vignes jusques en leurs cervelles démentes,
et ses fruits que l’on croit illusoire poison.
Ils seront du jardin où d’innombrables rampent,
animaux indistincts, plus foules que nos peurs,
qui grattent l’huis du rêve ou d’une langue trempent
en ce fleuve torpide où la raison se meurt.
Que s’inondent ainsi nos âmes dévolues;
Et que vienne glisser, trempé de nos regards,
puisqu’en toi la beauté se fait plus absolue,
sur nos pages de peau le pinceau d’un rasoir.
- VII -
Juillet 19,2006, 12:01 am
Malgré que n’entendant que l’ombre s’épancher,
qu’enfoncer le silence en ma gorge sa lame,
lambeaux de cauchemars ramper sous le plancher,
ma peur se fait vacarme à vous arracher l’âme.
C’est que croissent partout silhouettes de deuil.
Et soudain c’est un pire, un frisson d’araignée
écrasé dans le dos. C’est ma vie, d’un clin d’œil
qui se rappelle à moi lorsque trop dédaignée,
puis ton nom qui jaillit, dans un seul hurlement
montant vers l’idéal, quand broyé tout mon être
d’innomable est empli. Car c’est fatalement
qu’il faut en toi sombrer, dans un cri disparaître.
Daigneras-tu me voir là fleurir sous l’effroi,
parasite à puiser ta nausée nourricière,
venin vivifi-ant, ton amour de surcroît,
à minuit, consentant, occultant la lumière?
qu’enfoncer le silence en ma gorge sa lame,
lambeaux de cauchemars ramper sous le plancher,
ma peur se fait vacarme à vous arracher l’âme.
C’est que croissent partout silhouettes de deuil.
Et soudain c’est un pire, un frisson d’araignée
écrasé dans le dos. C’est ma vie, d’un clin d’œil
qui se rappelle à moi lorsque trop dédaignée,
puis ton nom qui jaillit, dans un seul hurlement
montant vers l’idéal, quand broyé tout mon être
d’innomable est empli. Car c’est fatalement
qu’il faut en toi sombrer, dans un cri disparaître.
Daigneras-tu me voir là fleurir sous l’effroi,
parasite à puiser ta nausée nourricière,
venin vivifi-ant, ton amour de surcroît,
à minuit, consentant, occultant la lumière?
- VIII -
Juillet 18,2006, 12:01 am
Elle entendit son nom quand la nuit rencontra.
« Embrassera mon front » fut la phrase première.
En lettres de charbon, par sinistre contrat
de vivre elle accepta sans plus nulle lumière.
Qui saura la salive ou bien douce ou de fiel;
« Plus d’amour » fut écrit ; Elle accepta les clauses;
Son sépulcre depuis fut grand ainsi le ciel;
Et de mille serments ses lèvres furent closes.
A toi, sombre, elle a fait don de toute raison
et de tout ce qu’ici nous goûtons d’ambroisie.
Toujours douze est son heure et d’hiver sa saison;
Toujours elle sera l’unique, la choisie;
En lettres de charbon par sinistre contrat,
elle a juré pleurer des siècles sur nos têtes.
Elle entendit « Phoebe » quand la nuit rencontra.
Ingrate au firmament je la crois qui regrette.
« Embrassera mon front » fut la phrase première.
En lettres de charbon, par sinistre contrat
de vivre elle accepta sans plus nulle lumière.
Qui saura la salive ou bien douce ou de fiel;
« Plus d’amour » fut écrit ; Elle accepta les clauses;
Son sépulcre depuis fut grand ainsi le ciel;
Et de mille serments ses lèvres furent closes.
A toi, sombre, elle a fait don de toute raison
et de tout ce qu’ici nous goûtons d’ambroisie.
Toujours douze est son heure et d’hiver sa saison;
Toujours elle sera l’unique, la choisie;
En lettres de charbon par sinistre contrat,
elle a juré pleurer des siècles sur nos têtes.
Elle entendit « Phoebe » quand la nuit rencontra.
Ingrate au firmament je la crois qui regrette.
- IX -
Juillet 18,2006, 12:01 am
J’allais, à nos amours lycanthropes rêvant,
par les troncs indistincts de couleurs et de nombres,
franc d’entendre la feuille où ton souffle était vent.
Je portais mon exil aux mains des forêts sombres.
Le bruit lent de ma fuite à ma suite marchait;
Car emportant en moi cette fièvre incendiaire,
moi seul trainais ce corps que ta ronce écorchait.
Des ébats fatigué que je laissais derrière,
j’allais vers ces ébats que j’esperais devant.
Mes forces s’étranglaient à mon propre esclavage;
Et profonde ma trace enterrait le levant.
Acharné, décharné par l’idylle sauvage,
avec entre les crocs vague un goût de métal,
à ton baiser toujours la gorge ouverte grande,
j’avançais même si l’acte m’était fatal.
A toi reine des loups j’apportais mon offrande.
par les troncs indistincts de couleurs et de nombres,
franc d’entendre la feuille où ton souffle était vent.
Je portais mon exil aux mains des forêts sombres.
Le bruit lent de ma fuite à ma suite marchait;
Car emportant en moi cette fièvre incendiaire,
moi seul trainais ce corps que ta ronce écorchait.
Des ébats fatigué que je laissais derrière,
j’allais vers ces ébats que j’esperais devant.
Mes forces s’étranglaient à mon propre esclavage;
Et profonde ma trace enterrait le levant.
Acharné, décharné par l’idylle sauvage,
avec entre les crocs vague un goût de métal,
à ton baiser toujours la gorge ouverte grande,
j’avançais même si l’acte m’était fatal.
A toi reine des loups j’apportais mon offrande.
- X -
Juillet 17,2006, 12:01 am
Ainsi que l'animal au bras de la ramure
dispose l'astre plein en l'éclipse du fruit,
nulle graine ne garde aux coupes de chair mûre,
et d’elles dédaignées s’éloigne sans un bruit,
ainsi me mangeront au jour de leur bêtise
les hommes si d’envie ils cueillent mon destin.
Car âme en leurs crachats, ce pépin comme ils disent,
pourrait déplaire en somme au divin intestin.
Piétiné d’avenir, sous les mondes détruits,
quand les panses tambours crèveront d'excréments,
que côtes s'ouvriront à leur tour comme fruits,
sous ta dent craquerai, moi, graines d’un dément.
L'animal renaîtra de la folle semence,
replaçant ta noirceur en l'éclipse du ciel,
raccrochant, ô ma nuit, à ce branchage immense
ceux qui pour la substance honnissaient l'essentiel.
dispose l'astre plein en l'éclipse du fruit,
nulle graine ne garde aux coupes de chair mûre,
et d’elles dédaignées s’éloigne sans un bruit,
ainsi me mangeront au jour de leur bêtise
les hommes si d’envie ils cueillent mon destin.
Car âme en leurs crachats, ce pépin comme ils disent,
pourrait déplaire en somme au divin intestin.
Piétiné d’avenir, sous les mondes détruits,
quand les panses tambours crèveront d'excréments,
que côtes s'ouvriront à leur tour comme fruits,
sous ta dent craquerai, moi, graines d’un dément.
L'animal renaîtra de la folle semence,
replaçant ta noirceur en l'éclipse du ciel,
raccrochant, ô ma nuit, à ce branchage immense
ceux qui pour la substance honnissaient l'essentiel.
- XI -
Juillet 16,2006, 11:01 pm
Montez en moi terreurs, armées du crépuscule,
ralliez cauchemars embusqués alentours!
L’heure est appartenue; Que les siècles reculent
et nos proies ennemies soient frappées sans détours!
A peine se méfient les hommes du silence
de l’ombre des cyprès, des fadeurs du brouillard.
Que rampe leur sang froid sous notre vi-olence!
Leurs veines serviront à pendre les fuyards.
Haut portez ma colère et nulle autre oriflamme!
Armes longtemps trempées au poison des rancoeurs,
arrachez de leurs yeux ce que haine réclame
ceux qu’ils aiment d’abord; Et aux corbeaux leurs cœurs!
Inondez d’égorgés l’horizon de ma rage!
Que je n’entende plus implorer l’univers,
le cri d’un nouveau-né sous vos haillons d’orage,
ni d’enterré vivant comptines pour les vers.
ralliez cauchemars embusqués alentours!
L’heure est appartenue; Que les siècles reculent
et nos proies ennemies soient frappées sans détours!
A peine se méfient les hommes du silence
de l’ombre des cyprès, des fadeurs du brouillard.
Que rampe leur sang froid sous notre vi-olence!
Leurs veines serviront à pendre les fuyards.
Haut portez ma colère et nulle autre oriflamme!
Armes longtemps trempées au poison des rancoeurs,
arrachez de leurs yeux ce que haine réclame
ceux qu’ils aiment d’abord; Et aux corbeaux leurs cœurs!
Inondez d’égorgés l’horizon de ma rage!
Que je n’entende plus implorer l’univers,
le cri d’un nouveau-né sous vos haillons d’orage,
ni d’enterré vivant comptines pour les vers.
- XII -
Juillet 16,2006, 10:01 am
Alors qu’en tes charniers je roulais doucement,
m’est paru dans l’abîme un objet improbable,
proprement emballé dans un gémissement,
que je berce à présent d’une étreinte coupable.
C’est la tête coupée de tes filles jadis
répondant au doux noms de Pénombre et Ténèbre.
Je connu leur visage et blanchi mon iris
mainte fois je fis face à ce monstre célèbre.
Mais sont serrés autour mes doigts endoloris
pour de ce crâne enfin les posséder entieres.
Qu’il fut doux cette fois d’en arracher un cri
tout autant je l’ai cru d’en ôter les paupierres.
Tout d’algue et de mygale à mordre leurs cheveux
j’ai craché ta substance et frappé contre terre
ce sacre de l’horreur. J’en fais ce que je veux;
Car ton crime à présent, j’en suis dépositaire.
m’est paru dans l’abîme un objet improbable,
proprement emballé dans un gémissement,
que je berce à présent d’une étreinte coupable.
C’est la tête coupée de tes filles jadis
répondant au doux noms de Pénombre et Ténèbre.
Je connu leur visage et blanchi mon iris
mainte fois je fis face à ce monstre célèbre.
Mais sont serrés autour mes doigts endoloris
pour de ce crâne enfin les posséder entieres.
Qu’il fut doux cette fois d’en arracher un cri
tout autant je l’ai cru d’en ôter les paupierres.
Tout d’algue et de mygale à mordre leurs cheveux
j’ai craché ta substance et frappé contre terre
ce sacre de l’horreur. J’en fais ce que je veux;
Car ton crime à présent, j’en suis dépositaire.
- XIII -
Juillet 15,2006, 11:01 pm
Sois mon hôte et m’entends obscurité vampire.
Te pencher pour le sacre, aspirant le sérum
de mon sang, et demain c’est l’aube qui expire.
La chambre est solitaire et parfait décorum.
Je saigne dans ta main qui m’ouvre en se fermant;
Je tais mon asphyxie sous ton bâillon de moire;
Je bats et pris me baigne aux bourbes du tourment,
si frêle en papillon dedans ta bile noire.
Voici, mon cœur explose en un vol de phalènes.
L’étreinte de tes crocs trop forte en cet instant
a tout peint sur le murs de mes veines trop pleines.
Jusques sous l’abandon, viande se distend.
Et chair broyée plus fort comme aux meules la graine,
de sciure je suis et plus rien ne sortant,
ma trop impitoyable, ô ma cendre, ô ma reine,
je n’ai plus d’esprit même; Et je t’aime pourtant.
Te pencher pour le sacre, aspirant le sérum
de mon sang, et demain c’est l’aube qui expire.
La chambre est solitaire et parfait décorum.
Je saigne dans ta main qui m’ouvre en se fermant;
Je tais mon asphyxie sous ton bâillon de moire;
Je bats et pris me baigne aux bourbes du tourment,
si frêle en papillon dedans ta bile noire.
Voici, mon cœur explose en un vol de phalènes.
L’étreinte de tes crocs trop forte en cet instant
a tout peint sur le murs de mes veines trop pleines.
Jusques sous l’abandon, viande se distend.
Et chair broyée plus fort comme aux meules la graine,
de sciure je suis et plus rien ne sortant,
ma trop impitoyable, ô ma cendre, ô ma reine,
je n’ai plus d’esprit même; Et je t’aime pourtant.
L'AN DE CENDRE
Juin 15,2006, 11:48 pm
Les vingt textes qui suivent forment un recueil nommé « l’an de cendre » qui s'affine lentement.
Nombre de corrections ont été apportées en 2007 afin de respecter par exemple l'interdiction des e muets entourés de syllabes vocaliques.
Seule la regle de la liaison supposée n'est volontairement pas respectée.
Nombre de corrections ont été apportées en 2007 afin de respecter par exemple l'interdiction des e muets entourés de syllabes vocaliques.
Seule la regle de la liaison supposée n'est volontairement pas respectée.