harmonie du soir

Harmonie du soir

La retraite temps béni arrive bientôt
Il s’agit de penser à s’occuper plutôt
Que de sucrer les fraises en toute saison
Car avouez le on peut perdre la raison

Il s’agit de penser à s’occuper plutôt
Que de laisser le spleen meubler le paletot
Car avouez le on peut perdre la raison
Si l’on n’a plus grand-chose à faire à la maison

Que de laisser le spleen meubler le paletot
Oubliant même d’écouter Rigoletto
Si l’on n’a plus grand-chose à faire à la maison
De tout cela que de coutume nous faisons

Oubliant même d’écouter Rigoletto
Oui je crois bien que l’épouse y met son veto
De tout cela que de coutume nous faisons
Et de toutes les phrases qu’alors nous taisons



la voiture à mots

La voiture à mots

Le réservoir est un dictionnaire, les mots c’est
L’essence, les mots à sens comme les mots sans sens
Le conducteur est un malin quand le réservoir est vide il pense
Il pense femme atours et amour défoncé

Le mot coule dans un canal auditif et
Tombe dans un carburateur où au contact
De l’air atmosphérique il est pulvérisé
Puis il entre dans une chambre oh le coquin

Dans cette chambre il est tripatouillé hum hum
Pour en extraire sa substantifique moelle
Qui si bien fait marcher la machine à moteur

Et qu’est-ce qui sort par le pot d’échappement
Prince, c’est la fumée exhalaison funeste
Devenir fatal de tout mot du dictionnaire



l'ermite

L’ermite

Gloire à toi au plus haut des cieux
Une journée se lève devant mon esprit
Avide de célébrer tes louanges

Seigneur hier matin la chèvre du voisin
Est venue me tourmenter dans mes prières
Hâte toi Seigneur de me délivrer
De cette engeance du démon

Car c’est bien le démon rappelle toi
Seigneur ces horribles histoires de marins
Et du seul animal existant sur les flots
Pour assouvir bestialement leur passion

Seigneur je te remercie du secours
Que tu m’apportes chaque jour
Le pain j’aimerais bien du vin aussi
Et par-dessus tout ton amour infini

Une journée nouvelle s’annonce Seigneur
Pour m’imprimer totalement de ton amour
Gloire à toi



le canard boiteux

Le canard boiteux


C’est le printemps sur la mare tous les canards
Dans un joli désordre s’ébattent et se marrent
Paisible est l’harmonie où les voilà qui
A leur condition se plient c’est un fait acquis

C’est le printemps sur la mare les canettes
Dans un bel ensemble s’alignent et se mettent
Le croupion à l’air pour que messieurs les canards
A la queue leu leu prennent gaiement leur panard

Mais que se passe-t-il un peureux volatile
S’approche de la queue où paraît-t-il
Il ne répond pas aux critères de passage
Et d’exclusion il est frappé pour n’être pas sage

Tous les canards crient sus au malheureux perdu
Et à grands coups d’aile le pourchassent éperdu
Sous l’œil alangui des canettes au repos
Attendant la reprise du travail sur leur dos

O lecteur penses-y bien et considère si
En toi n’existe pas une réplique aussi
De ce triste et bouleversant canard boiteux



l'instant foetal

L’instant fœtal

La porte s’ouvre sur le béant
Un flot de spermatos
Visqueux zoomorphes
En cataracte se rue
Jouisseur Niagara
A l’assaut du trésor

Ovule
Toi seul es l’objet de la quête
Des millions de conquérants
Décimés pour toi tout seul
Tu règnes sur leur monde
L’espace d’une capture

Stop
Ici s’arrête cette trépidante bataille
Un élu est choisi
Heureux ou malheureux

Ces petites bêtes
Ne connaissent pas
Le bonheur



blog de vers

Le blog de vers

Issus tout droit du néant primal
A l’assaut du monde communiquant
Ces quelques vers oui c’est original
Se retrouvent sur un blog en cliquant

Dès lors munis d’un support virtuel
Les voilà débités numérisés
Proie victime d’une araignée mortelle
Qui les aura bien sécurisés

Ce sont mes glorieux décasyllabes
Ravalés en de malheureux binaires
Qui de blog en blog jouent à l’astrolabe

Et dans l’univers cherchent un repaire
Dans lequel leur substance puisse échouer
Vers un ami avec qui se nouer




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