Aux 4 veines (mon 400e)

Aux quatre veines

Peu de muses ont enflammé mon essence,
Fait bouillir mon être en efferverscence,
M'ont donné autant de jouissance,
Que celle qui m'a donné la naissance.
Si quelquefois je suis plié en quatre:
En rêvant, faisant les quatre cent coups,
Au train train d'une plume sans à coups
C'est pour mieux briller dans ses yeux d'albâtre.
Je salue, ma mère ma source d'encens,
C'est d'elle que vient le vers dans mon sang.

J'en ai connu d'autres des élégances,
Dans des costumes à quatre épingles,
Au sourire mordant, à l'oeil qui cingle;
Elles m'ont donné le goût de la romance.
Elles m'ont donné le goût de l'arrogance:
Celle qu'elles abattent du bout des cils.
Je me suis mis en quatre pour leur pistil.
Ô roses humaines, fleurs pénitence,
Je suis martyr de vos éclats de rire
Mais rêver de vous m'a tant fait écrire...

Au delà du sang qui coule des rêves:
Une veine pour chaque désirée;
Il y a la vie qui s'est imprimée,
Encore une encre, encore une sève
Disséminée aux quatre vents des oeuvres.
Elle me gâte ou parfois me désoeuvre.
Compliquée, coupant les cheveux en quatre,
Poussant le monde à sans cesse se battre,
Elle a épandu l'eau sous mon stylo,
Cette Vie qui vogue au flux de mes mots.

Mais ce n'est pas à elles que j'écris
Le plus souvent mes accords et mes cris;
Mais à la rimeuse des fantaisies
Dont les yeux n'ont jamais de jalousie.
Avec moi, elle s'extasie et elle rit,
Je décolle à quatre cent pieds en l'air,
Aux quatre coins de la Terre, de Jupiter,
Elle est mon âme esprit gardien abri,
Mon envie, l'écrin de mes frénésies,
Je dédie cela à la Poésie.

8.5.6



La fumée des amourettes

Sans doute autant que la fumée des cigarettes
Il y a un poison qui m'incommode fortement
Bien plus encore que des mégots agonisants
Il y a le parfum du tabac des amourettes

J'aurais beau y rêver le long de 4 recueils
Les regarder s'aimer me fera toujours tourner de l'oeil
Sous l'action des foudres de la jalousie
Il se retourne pour se noyer dans la poésie

Cette fumée me dérange et me ronge
Elle provoque en ma tête une nausée de songes
A les voir se serrer, se donner du réconfort
Ca ne me tue pas, mais qu'est ce que ça me rend fort

11.4.6


Miroir

La poésie est brillante comme un miroir:
Elle nous renvoie le réel pour mieux le voir;
Elle le sertit d'odeurs dans son encensoir.
Le poète puise dans la vie comme dans un abreuvoir
Et vous reflète ce que vous devez savoir.

La poésie ne fait pas toujours reluire:
Elle éclaire parfois la vie d'une lumière noire;
Elle imprime cette vérité qui nous fait fuir;
Elle peint en sombre les lueurs du désespoir
Tout en conservant le pastel de l'espoir.

La poésie est un texte en miroir:
Elle donne la réalité comme on ne peut la voir.
Parfois elle vous assomme comme une armoire.
Qu'elle parle de la mort comme des câlins du soir,
Elle donne, elle frappe comme une droite en pleine poire.

La vie se lit dans les mots comme dans un miroir:
On la lit imprimée de caractères noirs
Elle y parait limpide comme une liqueur de poire;
Elle qu'on dit opaque comme un petit noir.
Regardez vous dedans, elle vous lira votre histoire.


La fleur du mâle

La fleur du mâle se dessèche délaissée
A ne plus s'abreuver dans des ruisseaux humides
La solitude rend son étamine livide
Quand elle ne va pas, dans les soleils, coulisser.

La fleur du mâle se fâne à se sentir seule
Quand une main fraîche ne vient pas la cueillir
Quand un vase de velours ne peut l'accueillir
Elle boude, déçue que personne n'en veule.

Elle espère un jour rencontrer la main tendre
Qui l'aménera vers une pierre à fendre
Ses pétales se déssèchent au fil du temps

Ainsi vit le vit du poète en ce printemps
Il s'épanouit sur sa tige, personne n'attend
C'est dans un désert vide que ma fleur se tend.

8.4.6


Lucioles

Elles brillent au milieu de nos nuits,
Lorsque tu les agite avec la langue pleine d'envie.
Avec les mains, pleines d'entrains, pleines de vie,
Elles virevoltent au milieu de nos ébats épris.

Elles brillent de la luxure de ta cambrure,
Telles les caresses sur lesquelles on se chevauchent.
Elles sont le brillant feu de nos débauches,
Qui nous remplit de joie au fur et à mesure.

Elles se remplissent de ma solitude en meurtrissure,
Mais se videront, exhubérantes, à ta jouissance.
Elles voleront autour de toi jusqu'à l'évanescence,
De notre embellie qui sur la moquette se fait dure.

Mes lucioles brillent dans le noir de ton manoir,
Dans lequel il fait bon vivre, un cocon de chaleur.
Un endroit qui chante l'humidité dans la moiteur
Ce chaton sur lequel je m'endormirais comme un loir.

8.4.6 (3)


L'abeille qui murmure à mes oreilles

Amante abeille à bourdonner dans mes oreilles
Tu me caresses depuis tant d'années à me donner
Et j'ai toujours sû à ta chanson m'abandonner
Tu me sussures aux oreilles comme on chatouilles des orteils.

A la fréquence de tes doigts je vibre avec toi.
Tu es le rythme de mes joies, de mes émois,
Tu fais vibrer les enceintes de ta douce complainte
Parfois tu m'émeut, souvent tu m'éreintes.

Tu es le réceptacle de mes émotions
Tu es l'émulsion, les pulsions, une magique potion
La passion qui fait vibrer mon coeur diapason.
Tu es le plus mélodieux des poisons.

Les basses me chatouillent l'échine
Et ça me secoue des oreilles jusqu'à la ...
Je me rapine au rythme de ta comptine
Tu me fais danser comme tu me chagrine.

Musique, tu es depuis toujours ma grande copine.
Je m'extasie toujours aux vagues de tes yeux bleu marine
Quand je suis sur les nerfs, tu es ma morphine
Tu es mon amante et ta danse est câline.

8.4.6 (2)


Aux frontières du réel

C'est pas parce qu'on a une relation virtuelle
qu'on doit tout prendre au superficiel
si tu étais une muse de mon réel
Penses bien que ce serait pas pareil
on serait selon l'heure des lunes ou des soleils
Il y a quand même une part bien réelle
C'est qu'on se tient la main sans querelle
J'ai beau être virtuel je suis une aile
Qui te rappelle sans cesse que tu n'es pas une poubelle
Peu importe pour moi si tu n'es pas la plus belle
Tu mérite le bonheur, toi l'inaccessible hirondelle
Je refuse d'admettre que je sois un "virtual void"
Car dans ma tête tu es une mélodie de "Pink Floyd"
Réel, virtuel, notre relation est tout sauf vide
Penser à plus que des mots est sans doute stupide
La distance est un garde fou à mes envies rigides
Elle nous inhibe, la pénible nous bride
Réel, virtuel, c'est sur entre nous c'est un peu hybride
Mais ce qui est sur c'est que ce qu'on se donne c'est splendide
Pourvu qu'un jour quelqu'un te dise d'une voix limpide
Que tu es la fleur qui rend son coeur tout timide
Je le prends pas mal, c'est pas comme si on se draguait
Je conçois aussi que tu mèles pas réalité et "réalité"
En tout cas tout ce que je te donne, tu l'as mérité.

8.4.6



Le spleen du geek

13 ans de vie commune sur des ordinateurs,
Eux que je ne passerais pas même à ma soeur,
J'y ai vécu des émotions en 16 millions de couleurs,
Ils sont seuls témoins de mes humeurs.

J'en ai usé des claviers à taper,
A les frapper durant d'interminables soirées
Sur Diablo, WOW ou IRC,
Toute une vie à jouer et à coder.

Cg, Ant, la Java, aux C Shell,
Habile comme un python avec un gant de LaTeX.
Avec ses fenètres, l'écran est mon vortex
Où j'enfile les lignes sur un collier de Perl.

Ma vie défile comme un flux RSS,
Elle se remplit comme un bookmark d'adresses.
Quitter le bureau est ma plus grande détresse:
Pêché d'ivresse plutôt que de paresse.

Oiseau tonnerre qui dans le ciel s'éclipse,
Renard de feu vénéré par les apaches,
Je suis un gnou plein de panache
Qui ruse en Prolog comme en CLIPS.

Que me reste-t-il pour rêver ?
Ces déesses qui posent en .jpg ?
J'aimerais tant leur redonner la vie...
En full 3D, en temps réel, pas en .avi.

Ainsi suis-je blasé de mon luxe,
Ma connexion se coupe, mon poignet se luxe,
J'ai beau bronzer sous le soleil de Linux,
Je me sens peu à peu ressembler à Tux.

Il y a peut-être une vraie vie qui m'abandonne.
A mes muses du chat, c'est vrai je m'adonne.
Mais derrière mes .mp3 qui fredonnent
Quel framework, de ma vie, je donne ?

Je ne peux pas simuler la vie
Sur IRSSI, sur emacs ou sur VI.
Vivre derrière un pseudo, c'est une survie.
Devenir réel, peut-être, j'ai envie.

Métamorphoser mon kernel en un coeur entier,
M'interfacer avec les autres, ne plus émuler,
Quitter mon terminal, m'affranchir du mal
Et pourquoi pas...devenir normal ?

SP - 386 - 4.4.6 - 13:37



Embuscade

Je sortais d'une journée fade
Direction l'espanade
Le pas en ballade
Le trottoir se transforma en estrade
Il y avait 4 jeunes filles en brigade
Au parfum fleurant la noix de muscade
Je n'avais pas vu l'embuscade...

Lorsque mon pas croisa leurs mirades
Sans un mot, sans une tirade
Un de leur pieds se glissa à la dérobade
Intentionnelle estocade
J'ai évité de peu la dégringolade
J'aurais pu (dû ? ) faire une roulade
Sous les rires de leurs yeux de jade
Peut-être même que dans l'escalade
J'aurais vu l'esquisse d'une escapade
Mais je fus habile et trouva la parade
Tel Ronaldinho, sans une glissade
Je passais, non sans esquisser dans ma dérobade
Un sourire à leurs yeux qui me regardent
Saluant ainsi mes sympathiques camarades
Riant aux éclats de la mascarade.

3.4.6


Nobscuritons


Unissons nous à la faveur de l'obscurité
Mon esprit gesticule à des envies noctambules
Sans doute le préambule d'une symphonie somnambule,
Dans une alcôve de duvet ou dans un vestibule,
Il y a des idées qui trottent, qui déambulent

Il y a dans la nuit noire une lueur funambule
Est ce le dessin de ton corps qui à ce point m'affabule ?
La nuit dessine sur moi son émotion dans des bulles
Et c'est une flamme noire qui tout entier me brûle

L'obscurité se colle à ma peau pour mieux m'envahir
Elle t'embellit et dessine des paillettes sur tes yeux
Elle donne à la beauté l'éclat sulfureux d'un saphir
Elle efface les nuages dans la nébuleuse de nos cieux
Elle prépare le buffet savoureux de nos noces obscures
Elle est la couette où les désirs peuvent s'abriter
Effaçant les craintes qui dans le jour perdurent

Rendons lui hommage, allons ensemble chanter
Dans un duo sans paroles l'hymne à la douceur des nuit
Ecrivons sous la couette des notes sur une portée
Que nous jouerons avec des soupirs comme seuls bruits.
Adulons l'obscurité, allons ensemble nobscuriter.

Schtroumpf Poète, 2 Avril 2006


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