Ballade de JE VILLON

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Ballade de Je Villon

 

Je n’ai pas su donner le ton

Ni le tempo à mes romances

Je n’ai pas le don d’allégeance

Ni celui du caméléon

Je n’irai pas au Panthéon

Où s’ennuient les pairs de la France

Mais cela n’a pas d’importance

N’y dort pas non plus Je Villon

 

J’ai vécu à ma convenance

Du pain et du vin de Byzance

Loin des coteries de salon

Fait mes choux gras du cotillon

Petit poète d’excellence

Je ne fus qu’un mauvais bouffon

Tant pis pour la magnificence

S’en passa fort bien Je Villon

 

En cette vie je fais bombance

Détrousseur rimeur et fripon

Négligeant trône et goupillon

Vivant d’amour et de jurons

Avec Satan j’ai connivence

Au marbre et à la dépendance

Je préfère encor Montfaucon

Le vénère aussi Je Villon

 

Alors Messieurs les croquemorts

Epargnez-moi le Panthéon

Choisissez Sodome et Gomorrhe

Y repose déjà Je Villon.

 



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RENTREE DES CLASSES

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LA RENTREE DES CLASSES

 

Avec les tourbillons légers des hirondelles

Sur sa toiture bleue comme le bleu du ciel

La petite école a des airs de demoiselle.

Il flotte des senteurs de fruits mûrs et de miel

Jusque sur le goudron de la cour de récré

Où la marelle prend un air de nouveauté.

 

Au portillon d’entrée les rosiers sont taillés

Les murs sont lessivés les bureaux astiqués

Sur le tableau repeint où les traînées de craie

Sont comme des nuages au-dessus des forêts

Il est écrit en grand avec pleins et déliés

Rédaction : « Racontez une journée d’été ».

 

Les écoliers penchés sur les tables de bois

Sucent leur porte-plume- Est-ce si loin déjà

Ces savanes fleuries où le soleil flamboie ?

Est-ce si loin déjà ce voyage à la mer

Et ce petit matin de pêche à la rivière ?

L’encre tache de mots invisibles les doigts.

 

Il y a là vraiment du bon grain de poète

La poésie nourrie à l’encre violette

Brouillonne lentement avant de se montrer

_Une flaque de pluie du soleil oubliée

Où l’on a fait flotter un bateau de papier

Devient un océan que Jean Bart a hanté.

 

Chacun a dans le cœur la rose du poète

Chacun a sa planète chacun sa musiquette

Mais le maître l’ignore ou feint de l’ignorer

Il connaît bien son monde et donne de la voix

Pour rappeler à l’ordre un regard qui s’en va

Contempler de trop près le monde bleu des fées.

 

Mais c’est sans conviction il se souvient encor

Lorsqu’il était gamin de ses chasses au trésor

Des ours blancs vaincus du côté du grand Nord

Et de ses chevauchées juché sur un centaure

Pour rechercher sans fin les antres millénaires

Où sont peints les dragons de l’âge de la pierre

 

Avec les tourbillons légers des hirondelles

Sur sa toiture bleue comme la liberté

La petite école a des airs de demoiselle.

Jusque sur le goudron de la cour de récré

 

 



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