Je viendrai!

Je viendrai.

Je ne viendrai pas à toi tel un dieu
T’apporter le pardon de tes erreurs,
Ni tel un preux chevalier qui d’un pieu
Tomberait le dragon de tes frayeurs.

Je ne viendrai pas en prince charmant,
Dont le baiser passionné fait merveille,
Annihiler tes chimères d’avant,
Champion d’un nouveau désir qui t’éveille.

Je ne serai pas cet aventurier,
Vaniteux de sa folie intrépide,
Te promettant des trésors d’usurier
Qui béniraient toute vie insipide.

Je n’irai pas conquérir ce sommet,
Qui tant d’autres amants a fait trembler,
Pour te plaire de gloire qui promet
De toujours à tes désirs ressembler.

Je viendrai, humble de toute promesse,
Vagabond de mes désirs déchantés,
Je viendrai comme un fantôme à la messe
Te confesser mes souvenirs hantés.

Je viendrai quêter à ton indulgence
L’espoir retrouvé de mes certitudes,
Je viendrai mettre mon coeur en régence
Prêt à renouveler mes habitudes.

Je viendrai, fragile de ma puissance,
Ouvrir les portes de notre avenir
A des lendemains de reconnaissance
D’une destinée d’un seul souvenir.



Poétesse.

Poétesse.

Puisant l'encre de sa poésie
Dans l'encrier se son âme,
Elle nous révèle avec frénésie
De son coeur la douce flamme.

Elle dérobe un rayon de soleil
Pour écrire sur un sourire
Amour et mille merveilles
Qui savent tant attendrir!

Elle capture au ciel des étoiles
Pour illuminer tout son art
Et, par ses plus belles toiles,
Nous entraîne dans son écart.

Aux mots, elle puise beauté
Pour en faire musique suave
Et les enchaîne à éternité,
Ravie de les voir esclaves!

Elle prétend n'être personne,
Ne nous conter que tristesse
Quand sa joie déraisonne
Et bonheur dans sa tendresse!

Mais elle est le ravissement
Nous attirant dans son voyage,
L'horizon du firmament
Nous proposant concubinage!



L'Express de l'amour.

L'Express de l'amour.

Je prendrai un billet, un aller sans retour
Et non remboursable, pour l'express de l'amour
Destination bonheur à la gare centrale,
Avec un seul arrêt comme l'unique escale!

Ne sois pas en retard, ta place est retenue
Et je regretterais que tu ne sois venue!
Autre passagère n'est pas autorisée
Car cette expédition ne fut médiatisée!

En première classe, j'ai réservé pour toi
Le meilleur de mon coeur! Tu y seras chez-toi,
Car de trop attendre, déjà je te réclame!

Prends comme bagage le reflet de ton âme
Et si à ton passé tu octroies l'avenir,
Ce voyage sera ton premier souvenir!


D'hier à demain.

D'hier à demain

Voilà un an déjà, ou plutôt seulement,
Que l'amour persiste, grandissant d'avantage
Chaque jour qui passe, à être sentiment
Exclusif et seigneur, régnant sans partage.

Le passé révolu se voudrait souvenir,
Oubli ou histoire, nostalgie ou secret,
Mais n'est que tendresse quand il est l'avenir
De cet heureux présent que tu rends si concret.

Les jours viennent puis vont et le futur perfore.
Moi, je t'aime aujourd'hui comme je t'aimais hier,
Patientant demain pour mieux t'aimer encore,
Rendu à ton désir, tributaire mais fier.

Ne t'avais-je perdue avant notre rencontre?
En croisant ta route j'ai trouvé mon destin
Et le pourquoi d'être, celui du pour ou contre,
Le choix libre d'aimer en restant clandestin.

Toi, réminiscence de lointaine jeunesse,
Tu tiens ta revanche, accaparant mon coeur
Par le privilège de ta longue caresse
A mon âme rendue, soumise à ta douceur.

Une année, oui, déjà! Mais le temps n'a d'emprise
Que sur l'importance que lui-même se donne.
Demain nous appartient car il n'est qu'entreprise
Bâtie sur aujourd'hui, et qu'hier aiguillonne.



Sois mienne!

Sois mienne!

Dois-je à la poésie abandonner la prose
Pour satisfaire tes sens et combler ton émoi,
Me faut-il imprégner le parfum de la rose
D'effluves enivrants pour que tu sois à moi?

Pour que tu sois à moi, vierge je peux renaître,
De ma résurrection l'habitude bannir!
Nu dans ma mémoire de toi je veux connaître
Renouveau que, séduit, je puis redéfinir.

Je puis redéfinir la fantaisie d'aimer
Pour lui attribuer sa raison d'exister,
La nommer de ton nom, de désir l'enflammer
Pour de toute argutie la voir se désister.

La voir se désister de quelque tempérance,
Qui serait frustration pour un triste abstinent,
Car de la modérer ne serait que souffrance!
Alors, nous retarder, serait-ce pertinent?

Serait-ce pertinent d'ainsi m'abandonner
A la patience, débonnaire et esclave,
D'attendre, quand nos corps aspirent à donner
Naissance à un bonheur qui ne connaît entrave?

Ne connaît entrave? Insolent il se nomme,
Déjà il jubile et exigence est sa loi!
Belle, tu es femme, moi je ne suis qu'un homme,
Partage ma folie et donne-toi à moi!



Bienvenu!

Bienvenu

Un effort intense, puis un soupir heureux,
Un regard soulagé et te voilà venu!
Enfant tant attendu, dans ce cercle amoureux
Réclame ta place, car tu es bienvenu.

L'avenir est à toi, désire-le sans crainte,
Le monde t'appartient, construis-le jour à jour!
Tes parents protecteurs, dans une belle étreinte,
Seront là pour t'aider, toi, l'enfant de l'amour.



Serment.

Serment.

Chassant solitude, mon cœur à toi se donne,
Désire constance, t’offre exclusivité !
Certitude tu es et que Dieu me pardonne,
Tu es l’ange choisi, l’unique vérité.

Le destin est tracé ! Tu es raison de vivre,
La caresse de l’âme, le pourquoi de l’amour !
Tu seras donc celle qui me fera poursuivre
Le rêve de demain, la beauté de mes jours !

Certain de le vouloir, consciemment je m’engage ;
Mon avenir est tien, il te veut sa maîtresse,
Mon âme t’appartient, et t’offre le partage
De ce serment si fort qui n’accepte faiblesse.

A toi je me donne, te désire exclusive,
Te marie par amour, te choisis désormais.
Le futur est notre et quoi qu’il lui arrive,
Tu seras mon présent, mon épouse à jamais !

Nul témoin n’est besoin et contrat nécessaire !
De mon sang je signe le mot fidélité
Sur notre promesse, jure te satisfaire,
T’aimer sans retenue et t’offrir vérité.



Elle n'est qu'autrefois!

Elle n’est qu’autrefois

J’admire dans tes yeux le pouvoir de ma vie,
Le vouloir d’avenir, le mépris du passé,
La raison du présent que l’on m’avait ravie,
Et mon cœur s’éblouit du chagrin dépassé.

Je câline ta joue et retrouve tendresse
Fourmillant dans la main que, éprise, tu baises,
Je t’entends murmurer et néglige fadaises
D’antan en consentant le retour de promesse.

Je te prends dans mes bras, t’étreints contre mon corps
Et oublie souvenirs d’avenir qui n’est pas,
Désavoue le contrat, le conduit à trépas
Et contre tristesse découvre l’anticorps.

Je te couche, amant, sur les draps de mon âme
Et l’avant s’affadit tel un lointain mirage,
Une amie malvenue qui enfin plie bagage,
Charriant reliques d’un douteux mélodrame.

Que je l’ai due aimer, je requiers de le croire !
Le mensonge n’est vrai qu’issu de certitude
Et nier cet amour plaiderait turpitude,
Mais elle n’est qu’elle, n’est qu’une belle histoire !

C’est vrai ! Elle fut espoir de mes inquiétudes
Et je ne l’ai trompée qu’en la voulant aimer,
Mais de te rencontrer m’interdit d’essaimer
Mes désirs à tout vent et vivre d’habitudes !

Nommée souvenance, elle n’est qu’autrefois
Et déjà s’éclipse te cédant déférence.
Sublimé dés l’instant mon cœur vit différence,
Confirme sentiment, retrouve ses émois.

D’amour je communie et te confie ma foi,
Pénétré d’absolu renie agnosticisme,
Consens ton univers et ne crains ostracisme,
Car de ton royaume tu me consacres roi !



Tu me manques!

Tu me manques !

Je te voulais charmer, paraître intelligent,
Jouer avec les mots, quelques rimes t'écrire !
Mais mon inspiration, ne trouvant entregent,
Absente m'irrita et de moi semblait rire !

Je ne parvenais pas à réfléchir les vers,
L'esprit étant absent, la pensée inutile !
La rigueur exigeant et le rythme pervers,
J'essayais la prose. Tentative futile !

Lassé, la quiétude me force le repos,
M'enlève le geste, m'interdit réflexion !
Mon corps, enthousiasmé, s'abandonne à mon dos
Et s'étend, paresseux, voulant relaxation !

Le mouvement absent, mon esprit vagabonde,
Quitte son entrave et oublie toute peur.
Volatile et léger, il se bâtit son monde,
Décide ses pensées, se plait dans sa torpeur.

Et soudain s'échappe, recherche ton image,
Veut oublier le temps, ignorer la distance,
Se plait à ton coté, caresse ton visage,
Ne te veut pas quitter, te désire insistance !

Souvenir adoré, ton regard captivant,
Pétillant de passion le cherche, le sublime,
Lui promet avenir, résilie son avant,
Lui apporte espoir, l'arrache à l'abîme !

Et alors, par magie, vers toi je me transporte,
M'étends à ton coté, et ressens ta présence !
Je caresse ta peau et le plaisir m'emporte,
J'effleure ta pudeur qui, maligne, m'encense !

Et les mots me sortent sans nulle retenue :
Je n'étais personne, nul autre que moi-même,
Insignifiant, caché ! Maintenant, l'âme nue,
Je me découvres et crie : tu me manques, je t'aime !



Désir.

Désir

Plaisir de bien-être, douce béatitude,
Quand le corps et l'âme, avec complicité,
Se donnent au vouloir de même certitude,
Se rendent à la vie avec simplicité !

Tu t'approches de moi la démarche coquine,
Regard provocateur, l'intention évidente !
Mes yeux te dénudent, le désir me taquine,
La raison me délaisse et soudain est absente !

Je me lance vers toi, ne me peux contenir,
Recherche ta passion, nos lèvres se provoquent !
Impétueusement, je ne peux retenir
Fougue, et de concert nos langues s'entrechoquent.

Enlacés comme un tout dans l'oubli de paresse,
Nos deux corps basculent et deviennent complices.
Tu exiges de moi, ignore la caresse,
Brûles les étapes, abrèges le supplice.

Tu te soumets à moi ! Ma force te pénètre,
Te possède d'amour, m'étonne et te sublime !
Tout n'est que sensations, oubli, une fenêtre
Béante, tentante, qui nous promet l'abîme !

L'univers est notre, il nous faut le refaire,
Le repeupler d'amour, enseigner la passion !
Nos esprits se trouvent, égoïstes de plaire,
Communient d'absolu, oublient l'éducation !

Soudain tout est néant, le temps n'existe pas !
C'est la plénitude ! Nos âmes en sont ravies
Veulent récidiver, apprécient le repas,
Communiquent besoin et engagent nos vies !

A peine ressaisie l'extase continue,
L'orgueil a confiance et devient ton esclave !
Tu es moi, je suis toi. Et je n'ai retenue,
Te comble à ton désir, ne connais nulle entrave !

Epuisés de plaisir, nos corps veulent tendresse,
Ne se séparent pas, recherchent le baiser.
Ta peau est brûlante, me réclame caresse,
Ressaisit son souffle, je la dois apaiser !

Le geste devient lourd, refuse obéissance,
Perd de son énergie et réclame l'instant !
Blottie contre mon corps, tu recherches aisance,
Désire le repos, mais le toucher constant !

Ton regard amoureux resplendit de bonheur,
Me promet l'avenir et l'éternité même !
Je m'abandonne à toi, te sacrifie mon cœur,
T'appartiens et choisi le risque de blasphème !

Tu es ma déesse, ma seule religion !
Mon âme t'appartient, et mon corps te vénère;
Use et en abuse sans y prendre attention,
Tu es son essentiel, chaque instant il t'espère !



Compromis.

Compromis

Mon enfant, je reconnais mes tords !
Je suis vieux et ne peux comprendre :
Tu aimes la musique, tu la veux criante,
J'aime la musique, je la veux belle.

Moi aussi j'ai eu mon temps de bruit
Et il est vrai que la beauté est en soi !
Mais pardonne à l'ouie la différence
Et tolère que, lassée, elle t'implore.

Baisse le son, pense à l'entourage !
Ton choix est personnel, ne le partage pas !
Apprends la convivialité, le respect,
Et considère la possibilité de différence !

N'abuse pas de ton espace personnel;
Il piétine mon monde, le dérange,
Me révolte et je dois le restreindre !
A l'autorité tu imposes les règles !

Marchons de concert, soyons complices
Oublions les différences, donnons-nous la main !
Je suis le père, tu es le fils, soyons amis,
Essayons l'entente, trouvons le compromis !



Libère-la!

Libère-la !

Nul sentiment qui soit, n'est acquis à jamais !
Et à toi, prétentieux, à qui plait l'impudence
De possession d'autrui, il te faut désormais
Recommencer ailleurs, vivre la différence !

Tu es responsable, ne le réfutes pas,
Accepte ton échec, envisage la suite !
Pense que, par amour, elle a suivi tes pas,
Nié réalité, refusant toute fuite !

Cela te comblera, restera ta conquête;
Souvenir orgueilleux mais trophée trop usé !
Peut-être soumise, elle épousa ta quête,
A voulu comprendre ! Mais tu as abusé !

Tu la pensais tienne, tu en faisais ta chose,
La voulant servante, la regardant servile.
Mais quand la vanité distille à forte dose
Son indifférence, l'espoir devient futile.

Elle t'a appartenu, de son choix, corps et âme,
Voulant le changement, patientant l'avenir !
Déçue de constance, résignée elle se blâme
Et aspire au futur, à ce qui peut venir.

Que lui as-tu donné, qu'elle fut la différence ?
L'as-tu un jour aimée, apprécié la richesse
De son sacrifice, remercié sa patience ?
Aurais tu seulement respecté sa tendresse ?

Que veux-tu justifier sinon toi-même ?
Rester ce que l'on est, signifie négligence,
Banaliser l'autre, rendre le couple blême !
Comprends sa fatigue, n'ignore l'évidence !

Personne n'appartient à quiconque désire !
Tu crois avoir conquis, mais subis la défaite
De ton arrogance ! Possédée de délire,
Tu la crois égarée, et attends sa retraite !

Mais l'éveil est présent, attend au carrefour !
Et soudain, l'aveugle comprend sa cécité,
Refuse d'insister, se venge de l'amour,
Enfin se résigne, accepte avoir été !

Elle quitte, lasse et fatiguée, l'égoïsme
De ton âme et ton cœur, déchue de l'illusion,
Blessée d'impuissance, mais fière d'héroïsme
Dans ses tentatives de vivre sa passion !

Tu la veux retenir; refus de solitude !
Penses-tu à elle, l'as-tu jamais comprise ?
Réprimer son départ, pour garder l'habitude
De tes exigences, est la croire soumise !

Elle le fut, sois en fier, oui, elle le fut longtemps !
Esclave assumée, fière de ses désirs,
Elle te voulait changé et attendait son temps,
Epouse et fidèle, rendue à tes plaisirs !

Mais tu n'as pas compris ! Tu as profité d'elle,
Ne l'as pas respectée, ne l'as jamais aimée !
Tu es seul coupable si tu la vois rebelle,
Si elle veut la fin, se sentir consommée !

La culpabiliser de son présent vouloir,
Serait vil et menteur, refus de vérité !
Tout sacrifice est vain, lorsque s'oublie l'espoir,
Que l'on veut changement, sait la réalité !

Comprends et accepte, conserve l'amitié,
Ne sois pas ennemi ! Redoutes la récolte
D'un cœur endolori, crains son inimitié,
Et ne refuse pas le temps de la révolte !

Aide-la ! C'est fini ! Toi et elle, oublie !
Sois digne et orgueilleux, toi-même et solitaire !
Libère-la de toi, brise ce qui vous lie :
Un serment enfantin, un prince imaginaire !


Inés

Inés.

Indicible désir, soudaine certitude,
Naguère inconstante, à présent si réelle!
Edictant à mon coeur le fin de solitude,
Son nom est miracle et son âme si belle!

Inés! Corps sensuel, une si douce hantise!
Naïade de mon coeur, fée de mon avenir,
Erudit, grâce à toi l'amour je prophétise
Sur ce monde ennemi du moindre devenir!

Influé et charmé, l'esprit est téméraire,
Ne se questionne pas, ne veut pas réfléchir!
Ecran de ma folie, il s'obsède à te plaire,
Se délècte de toi et se laisse fléchir.

Inlassable, mon coeur t'adore, te vénère,
Nie avoir un passé et à toi s'abandonne.
Enchanté par l'amour, de toi il tant espère,
S'en remet au destin, à ta passion se donne!

Inéluctablement, heureux je t'appartiens,
Ne veux que soumission, tes désirs satisfaire
Et mon destin t'offrir! Mes prodiges sont tiens,
Se reposent sur toi et veulent se refaire.

Insolent, je t'aime, sacrifie ma raison,
N'aspire qu'à bonheur, certitude et partage!
Emprumté, je supplie que cette déraison
Soit espoir d'avenir, le début du voyage!


Mon enfant!

Mon Enfant!

Mon enfant, mon aimée, sais-tu combien de larmes
Mon coeur a pu verser de te savoir vivante,
De combien de remords, de chagrin et d'alarmes
Mon âme a crucifié la distance ignorante?

Suis-je si indigne que le destin, soudain,
Me présenta des jours d'une enfant inconnue,
Suis-je donc passible de possible dédain
Pour n'avoir simplement soupçonné ta venue?

Je ne te savais pas! Tu n'étais que silence,
Sournois et rancunier, qu'une femme voulut
Revanchard pour punir le non de réticence,
La fin de cette union qui vite me déplut!

Loin et longtemps après, je demande pardon
De mon forfait d'alors, de ne pas avoir su
Que je ne connaitrais qu'après mon abandon
La flamme nouvelle que ta mère a conçue.

Je t'aime cependant, au-delà du secret,
Par-dessus l'espace et contre la raison,
Egoiste, de ceux qui me croient indiscret
De vouloir remettre l'amour à couvaison.

Oublie avoir cherché de ton nouveau regard
La pièce manquante à la divulgation,
Qui te regarderait, médusée, l'air hagard;
Le concépteur anxieux de ton approbation!

Absous tes premiers pas sans mes mains pour t'aider,
La lacune d'un mot dans ton vocabulaire,
Enfantin à dire et si facile é plaider
Dans les chamailleries de ton âge scolaire.

Disculpe dans l'amour ce qui parut mutisme,
Les réponses éludées à tes justes questions,
L'erreur du silence, fourbe de pragmastisme!
Il est inutile que nous les protestions!

Briguons complicité! Qu'elle nous désabuse
Et nous libère, enfin, de toute réticence,
Et que l'éloignement, forcé, ne me refuse
Le droit d'apparition, le vrai de ma défense!

Prends la main qui supplie et marchons entendus
Vers l'espoir d'avenir! Reprenons la promesse
Depuis ses prémices et ces moments tendus
D'avant, banissons-les du désir de tendresse.



Ils étaient mon âme!

Ils étaient mon àme!

Ces mots que tu brûles, de rage possédée,
Ces rimes, inutiles à ton esprit jaloux,
Ces pages, déchirées par vengeance obsédée,
Ils ont été ma vie et à mon coeur si doux!

Délicats souvenirs de ma belle jeunesse,
Ils avaient tous un nom et chacun un sourire,
Vivaient en harmonie dans un lit de tendresse,
Et toi, par jalousie, décrétas les proscrire!

N'entends tu pas crier dans le profond silence
De ton acrimonie, leur raison d'exister,
Leur désir de beauté à qui tu fais violence,
Leur révolte de te voir ainsi m'attrister?

C'est vraiment mon âme que tu détruis ainsi,
Dans le crépitement flambant de ta bassesse,
Dans l'insuffisance de ton esprit transi
Par vile rétorsion, scélérate et traitresse!



[ encore.. ]


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