Le minotaure au yeux noirs
Erre, serré de sanglots
En un labyrinthe intérieur
Enchevêtrement chrysalidique
Amer et pourtant protecteur
Des peurs et du passé
Qui lui dira que ses yeux sont rouges ?
Sans doute quelque amoureux de ses membres graciles
Qui pour se brûler à cette braise sanguine
Dans ce dédale s’est éperdu
Du cocon il déroulera le fil
Précautionneusement
Évitant la rupture
Ou trop d’ardeur qui le consume
Pour emmener au jour le séduisant hybride
Et qu’il s’y révèle
Non pas monstre mais
Papillon.
Le minotaure
Mars 6,2007, 9:14 pmNuit boréale
Juillet 12,2006, 8:02 pm
Il pleut sur la dix-huitième
Je suis glacé et mes larmes se figent
Les néons jaillissent et se brisent
Contre ces stalactées
La douleur givrée pique au visage
De ses prismes hérissés elle rejette éclatées
Les volutes de couleurs électriques
Qui planent enchevêtrées des bruits de la rue
Et des passants s’écartent
Interdits
Du surgissement soudain de cette contraction torse
Repliée sur le vide
Face incongrue du manque insoutenable
De tes caresses.
Il pleut cette nuit sur la dix-huitième
Je rentre seul dans la débâcle
Me diras-tu quand reviendra l’aurore
Douce ou boréale ?
Washington, fin janvier 2006.
Je suis glacé et mes larmes se figent
Les néons jaillissent et se brisent
Contre ces stalactées
La douleur givrée pique au visage
De ses prismes hérissés elle rejette éclatées
Les volutes de couleurs électriques
Qui planent enchevêtrées des bruits de la rue
Et des passants s’écartent
Interdits
Du surgissement soudain de cette contraction torse
Repliée sur le vide
Face incongrue du manque insoutenable
De tes caresses.
Il pleut cette nuit sur la dix-huitième
Je rentre seul dans la débâcle
Me diras-tu quand reviendra l’aurore
Douce ou boréale ?
Washington, fin janvier 2006.
Eaux
Juillet 12,2006, 8:01 pmQue ta mémoire soit d’eau, surface indulgente
Que rien, aucune maladresse, ne peut engraver
Ressac apaisant d’un grondement chuchoté
Le ton mat du reproche
Solvant du sel qui avive les plaies
Celui des larmes que je ne sus contenir
Que ta mémoire soit d’eau, où seuls surnageraient
Quelques vers
Bouteille jetée dans la détresse
Récit de merveilles, de voyage de trésor inattendu
De pirate emportant une perle
Vers les mers de Baltique ou d’Orient
Que ta mémoire soit d’eau, baignant cette perle rare
Que je n’ai su apprivoiser
Y amalgamant une histoire cristalline
Nos souvenirs dissous
Chatoiement dès lors inaltérable
Lumière de retour dans tes yeux
Que ta mémoire soit d’eau, où voguer à nouveau
Mais cette fois de concert
Veillant l’un à l’autre et nous gardant des rêves
De leur déséquilibre qui me fit chavirer
Nous guetterons alors un horizon commun
Et j’éviterai de sombrer sous trop de tendresse.
Vendée, Noël 2005.
Adam
Juillet 12,2006, 7:59 pmParfois mes mains se souviennent
De ces corps nus dans la vapeur
Leur argile ruisselant de mon étreinte
Matériau tendre un moment fantômes bientôt
Le désir naît matière grise
Et s’éteint dans la chair.
Toi aussi malgré l’éloignement
- seras-tu jamais assez proche ?
Je veux te marquer de mes mains
T’amollir de mes caresses, te pétrir de mon envie
Modeler ton dos d’un effleurement
L’arquer pour mieux tendre tes sens
Faire monter de nos sueurs emmêlées
De la chaleur de mes mains sur ta peau
Une brume de plaisir
Jusqu’à ce qu’éclate enfin l’orage
Qui concentrerait en un éclair de jouissance
Cette lumière joyeuse et douce que j’aime tant dans tes yeux.
Je veux ainsi à la glaise insuffler de ma vie
Car sans cette étincelle ne resteraient refroidis
Que souvenirs tactiles, inerte statuaire
D’un musée intérieur sous la grise poussière
De nos dermes asséchés bientôt enseveli.
« Au commencement était le Verbe
« Et le Verbe s’est fait chair
Bien sûr tu n’es pas Adam, je ne suis pas Yahvé
Ni même Pygmalion, je ne t’ai pas scuplté
Mais sois mon blasphème, et laisse-moi rêver
Que sous mon tendre toucher tu frémiras quand même !
Goa, novembre 2005.
Perle
Juillet 12,2006, 7:56 pmOn dit parfois des perles qu’elles s’avivent à la caresse de la peau.
Pécheur débarqué par-delà l’océan
J’ai trouvé une perle rare
Précieuse, inattendue, imaginaire ?
Oblongue, irrégulière
Sa nacre douce brille des feux qu’on y jette les renvoyant
Multipliés
Comme par les facettes d’une gemme déjà taillée.
Irréelle.
Passée par des pays exotiques
Colorée de leurs légendes, de leur toucher suave
Cette perle s’apprivoise – il y faut du temps
Résister au désir brutal de déflorer
L’inconnu de son impureté kernelle
Ne pas briser d’un coup l’iridescence
Mais la suivre guide du labyrinthe
Des voiles accumulés minéraux diaphanes
Humains pourtant – et si beaux !
Et seulement la réchauffer
Contre ma nuque
Jusqu’à la transparence.
Irréelle ? Qui sait ?
Je veux rêver construire et ne plus pécher.
Washington, octobre 2005.
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