Rêve d'or

Rêve d'or



Un éventail de soie
A déchiré mes songes
Des griffes ont glissé
Sur mon épaule nue
D'où le sang a coulé
Sans nulle retenue
Mais je n'ai pas bougé
Et me suis tenu coi
Car au coeur de la nuit
J'ai entendu ta voix...
Le feu de ton regard
A percé les ténèbres
Mille papillons bleus
Vers moi ont convergé
Mais j'ai fermé les yeux
Et je n'ai pas bougé
J'imaginais ton corps
Sous mes paupières closes
Et même ton parfum
De lis et de lilas
Palpitant dans les airs
Est venu jusqu'à moi.
Mais le rêve soudain
A repris son essor
Laissant à mes rideaux
Quelques paillettes d'or!



MARCEK



Sur la console

Sur la console






Il avait,
Il avait un amour
Bien caché...


A le voir solennel
Pénétré de son rôle
Qui aurait deviné
Toutes les idées folles
Qui le faisaient frémir
Sous ce vernis sérieux
Et cette dignité
Dont il était paré!

Il la voyait apparaître,
Buste souple, triomphant
Comme était à sa fenètre
La belle infante d'antan

Et si raide fût-il
Dans la vie ordinaire
Il fondait de plaisir
Quand s'en venait le soir
Et que, dans le miroir
Apparaissait sa belle

Il la voyait apparaître
Joli papillon troublant
Comme était à sa fenètre
La belle infante d'antan

Bien trop collé monté
Pour se laisser aller
Il gardait son complet
Et serrait sa cravate
Mais se penchait un peu
Pour mieux la contempler

Il voyait dans un nuage
De frais satin bouillonnant
Se balancer le corsage
De son infante d'antan

C'est l'été qui soudain
Pénétrait dans la pièce
Ses entrechats joyeux
Réveillaient sa jeunesse
Le parfum de sa chair
Le grisait , l'attirait
Mais jamais il n'osait
Un geste déplacé...

Pour lui, pauvre misérable
Elle a dansé tout l'été
Quand rougit le grand érable
La belle s'est envolée
Dans le vent des feuilles mortes
Emportant son coeur brisé

Depuis lors sur la console
Rien ne peut le consoler
Ce vase, qu'une frivole
Fleur bleue avait envoûté !

MARCEK



Hommage au tableau de Kasia "Floralies" visible in:


http://www.lespoetes.net/galeriedartaffichagecreation.php?idtableau=181


Le sang de la rose

Le sang de la rose

Non, non,
le sang de la rose ne coulera pas sur mes doigts
Une épine est plantée dans mon coeur
Le jardin s'éloigne dans l'hiver
Seul un cri lancinant d'oiseau le fait vivre
Mes outils sont rangés dans la remise
Et mes pieds ensablés refusent d'avancer
Non, le sang de la rose
Ne coulera pas sur mes doigts
Une épine déchire mon coeur
Les roses fleurissent dans ma mémoire
Rose rouge, rose blanche , rose noire.
Près de ta tombe
Les porterai-je au printemps ?
Même le temps n'ensevelit pas
Le souvenir.


MARCEK



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