CHAT NOIR


*** CHAT NOIR ***

Un vieux chat, le pelage gouttelé de misère
a son triste regard qui, mangé par les vers
S’est perdu et contemple tout au fond d’un ruisseau
Les restes incertains flétrissant de sa peau
et le miaulement doux de l’eau qui coule et berce
Doucement, sur son dos tendrement le caresse
et se gorge de pluie, lui dormant sur le flanc
Le félin assoupi au sifflement du vent
Dont les pattes raidies, tendues comme au sommeil
Ami ne sont si roides qu’en attendant l’éveil
Dont s’écartent les pas qui battent le pavé
Ne laissant que silence au luisant dépravé
Qui attire et repousse perdu sur son trottoir
Compagnon isolé passant du gris au noir




FIGURE DE PROUE


*** FIGURE DE PROUE ***



Lanterneront les fibustiers, lorsque leurs yeux de verre brisé
se poseront amer et froids, crachat de mer giflant leur voix,
sur ton visage. Pirate osseux aux doigts noueux, et cuir usé
serre dans sa main, crochet de chair veiné de bois et de fumée

l'image qui douce n'a pas connu les hurlements
de ces regards qui loin s'ennoient, et pour toujours vibrent la nuit
de leurs mémoires. Le vent, balaye mais ne s'oublie le mouvement
des bras qui veulent toucher le ciel mais ne font que griffer la pluie

en se mourrant. La brume a déjà ravalé le port, si loin déjà
j'ai le souvenir d'un regard mort, photos jaunies où je me noie
comme au passé de ces soupirs ou au présent de ces passions
je n'ai plus rien à retenir, rien, plus que d'aveugles visions

et les ombres noires flottent, battant la tempête obscure
tangue et tapent les vagues et saignent à ma figure
les déchirantes plaintes d'un bateau qui m'emmène
aussi loin que j'ai force de croiser les sirènes

de heurter les récifs, de me tuer de leurs chants
pour trouver ton regard, dans ma mort et mon sang




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