On ne joue jamais rien que le "je" de nos vies
que l'on voue-t'à genoux à leurs basses envies
La lueur de ces autres est un leurre dans nos doigts
dont on aime la couleur les pressant maladroit
en étouffant la flamme où l'on veut se mirer
et brisant le miroir quand ils disent l'admirer
mais la lézarde obscure occulte notre face
et masque nos figures aux tranchants de la glace
On ne veut jamais croire à leurs pâles reflets
dont les éclats nous blessent sans savoir qui l'on est
On se coupe d'un monde aux vestiges des voix
que l'on prétend entendre en les appelant sa voie
aveuglés et meurtris aux échardes semées
en recherchant les autres alors qu'on veut s'aimer
 |