VER MAUDIT


***VER MAUDIT ***

Moi triste je t’ai cru quand confiant tu m’as dit
qu’au dessous de l’enfer était le paradis
et j’ai creusé ma tombe en écorchant mes rires
au meilleur ne voulant plus qu’espérer le pire
et de toutes ces histoires que je n’ai pas gardé
voulant me trouver laide quand l’on me regardait
espérant le dégoût, dans l’autre et son regard
ne voyant plus que mal là où n’était qu’espoir
Il ne me reste rien maintenant, j’ai l’enfer
j’ai compris mais trop tard que rien n’était sous terre
et que de m’enfoncer toujours dans ma folie
je n’avais rien gagné car tout s’était enfuis
maintenant je suis seule sans pouvoir avancer
Sachant que mon enfer n'avait que commencé
et que sa seule fin était sans doute la mienne
sous l'enfer il n’y a rien, rien que nos âmes en peine
qui ont creusé leurs tombes à l’ombre d’un meilleur
qu’elles ne pouvaient avoir qu’en le voyant ailleurs
Au dessous de l’enfer il n’y a que regret
rien que nos âmes en peines qui s'y sont égarées
Au dessous de l’enfer j’ai refermé la porte
dernière moi il n’y a rien, rien que promesses mortes




LA BAUDROIE


*** LA BAUDROIE ***

regarde. Œil laiteux, disque noir,
corps ébène et osseux, sa mâchoire
fend son sourire en lames, où tapis, ses crochets,
cartilage amer au froid de ces rochers,
lacèrent en coutures et referment le vide
de sa peau noire ébène et d’entrailles avides.
Se cèlent, barbelés, l’abîme et les viscères
du monstre qui agite, devant, cette lumière.
Quand passe un faible trait qui d’argent n’est qu’un vœux,
par ses nageoires, tourbillon n’est que vase à ses yeux
et brusque s’ouvrent alors un sillon. Est happé
son corps par le gouffre, sans pouvoir échapper
à sa vie qui s’achève. Retombent en mourant
les vestiges d’un rire maquillé de courant
et se clôture alors à nouveau la prison,
d’où elle agite encore et encore le tison.
La vase lentement retombe et fine masque
toujours mieux la chair et la peau flasque,
d’où ne naît plus qu’un phare au milieu du récif.
Il est déjà trop tard, nos rêves entre ses griffes
où nos questions ne fond qu’enterrer le mystère
dont on ne voit plus rien que sa propre lumière




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