MANNEQUINS DE SOIE


*** MANNEQUIN DE SOIE ***

Les mannequins de cire, les doigts frôlant la vitre
Attendent. Leurs yeux peints, leurs postures sinistres
Semblent appeler quelqu’un et sans bouger leur corps
Promettent les poupées au fond d’un sourire mort

De montrer le destin de quiconque regarde
Les pâles attributs de vie dont ils se fardent

Sur leur trône de marbre, tels des dieux épinglés
ces papillons de vies sous le verre, adulés,
prédateurs immobiles d’un disciple émouvant
Déposent leurs sermons sur les presque vivants

Et leur masque gangrène les doigts touchant le verre
de ceux qui veulent copier leur destin pour se plaire
se faussent de leur rire, copient jusqu’à leur geste
S’affublent de leur linge sans présager du reste

Et les reflets mouvant des statues immobiles
Vont essaimer ailleurs leur silencieuse idylle

Lentement le visage du monde s’est figé
Au même sourire mort que la glace piégeait

Et les mannequins de cire ont traversé la vitre
Sans bouger, immobile, plastique qui s’effrite

Et tous les prisonniers au fond de leur regard
Ont gagné leur misère en brisant le miroir

S’enlaidissent et ne gardent, esclaves des icônes
que marques qui les figent et plus rien d'eux ne prônent

que beauté des aiguilles, en rangée collection
alignement de corps, percés, de papillons




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