*** AVANT *** |
Les épines assassinent sa raison condamnée rôdent leurs mains d’abîme près de l’enfant blotti tenant contre son cœur, enserrant ramené des affres de son drap, le doux et vieux teddy enfouissant son nez pâle dans tous les souvenirs dont la peluche usée, son rempart à ces choses bouclier confident, exhale le vieux cuir Les sentant maintenant rôder si près il n’ose même plus respirer ou bouger le tissu pierre-enfant dont le cœur est un bout de chiffon En ténèbres se meuvent les griffes qui le tuent Dans tous ses cauchemars qu’il fuit mais qui le font trembler ses yeux se ferment en sanglots d’impuissance aux sons qu’il ne connaît, battant l’armoire obscure rôdent cet être d’ombre auprès de sa figure pleure et un jour enfin ouvre ses yeux au soir sortant de son lit blanc et insultant le noir lui dit qu’il n’a plus peur de sa beauté obscur et ouvrant un à un ces tiroirs qui torturent ferment ses poings aux rêves et leur montre les dents au milieu de sa chambre il est devenu grand |
AVANT
Juin 18,2002, 12:19 pmSOEURS DE SANG
Juin 18,2002, 12:18 pm***SOEUR DE SANG *** |
Tu te perces les veines mais ton sang me revient moi l’être transfusé me vide de tes plaies de ton bras cicatrice, de mon coeur qui se plaint du vide qui te nourrit mais moi m’a avalé Le couteau qui me bat, taille notre avenir lacère un bras, sillon de mes larmes amères tendit que tu t’en vas, moi je veux revenir Dans l’eau de ta baignoire se teintent mes regrets au siphon qui aspire nos vies mercures poisons tandis que nos deux corps, si blafards et si près d’en finir les ténèbres déchirent nos cloisons la fin de nos douleurs, tant pour toi que pour moi ce refuge du faible qui me cloue à ta porte que tu quittes en riant, que j’insulte en pourquoi mais qui lie nos cadavres de nos natures mortes baromètre éventré, pompant l’air impression toi car l’air te viciait, moi toujours accroché mais fuyant à regret car de fabrication bâclée. La mort t’a pris la main et moi fauchée Salope si tu m’entends, sœur indigne de deuil qu’on ne m’enterre pas à côté de l’infâme sinon tu comprendras au froid de ton cercueil qu’on ne se coupe pas facilement de mes larmes et de ta courte fuite alors regretteras après mille ans ma haine qui te consumeras |
L'ALCHIMIE DES ROSES
Juin 18,2002, 12:17 pm***L'ALCHIMIE DES ROSES *** |
Vin de rose au bouquet s’offre tendre et bouillonne De son musc glacé en vapeurs tourbillonnent Autour du verre qu’elles luisent aux lèvres frémissantes des colonnes en bulles l’effleurent ces amantes viennent s’abandonner condensats qui ruisselle de leurs chaudes salive dans la froide coupelle glissent les grains de poudre y gonflent de leurs larmes plongeant dans cet abîme ils disparaissent en charmes la font d’émoi changer de couleur et se parent d’une robe bleutée en vert se chamarrent au cœur du doux liquide au gré du feu qui doux vient lécher de sa flamme ses doigts à ses remous exhalent ses arômes, de son cœur qui se noie qui exultent de chaud qui en pleure de joie quand de nouveaux pétales y sont plongés, se gorgent du sucre du passé et en son sein se forgent un nouveau corps au cœur d’un vieux rêve d’humain distiller la beauté pour en faire un parfum |
DER'IVER
Juin 18,2002, 12:15 pm***DER'IVER *** |
Ils s'abîment aux ongles de l'hiver, mes doigts s'habillent d'un manteau qui les courbe de froid Battue par la tempête aux ailes du dragon blanc qui souffle mon être au froid de ses façons déchire de sa griffe en assaut ne s'arrête qu'en dévorant ma peau, en lacérant ma tête Hurle au vide d'espoir, gueule en ténèbres luisent, les beautés illusoires dont les baisés détruisent. Mais soudain de la croupe, du monstre ailé de glace, descend le mort enfant qui triste me fait face et vient prendre ma main, dans ses crochets resserre tendrement, voyageur, tout mon corps dans ses serres De mes yeux lourds cristaux, de bleus cernés de sang arrache la lumière au couteau de ses dents. |
LE JEU DES DIABLES
Juin 18,2002, 10:27 am***LE JEU DES DIABLES*** |
Sur le parquet craquant, costumés, ils vaquèrent les érôs. Tristes apôtres de naguère leurs pas pesant, usant, les planches de la scène en une triste ronde, aux battements obscènes Leur masque en crâne, aux dents claquent la parodie, sourire en serpe ou faux, entaille leur folie La chanson muette, au lent ballet, secouent la tête, Le maquillage aux noirs cadavres de leur fête coule près de leurs yeux, en marques grises et sombres Comme eux s’approchent, et puis, s’écorchent de leurs ombres Regards laiteux ne pleurent plus que ces humeurs blêmes qui suintent d’eux quand ils déclament leurs poèmes Habillés de ténèbres ne cachent que noirceur d’où deux ailes de moire, ne sont que pauvres sœurs qui déchirent leurs dos en tentant d’échapper au froid des mots des monstres dont le corps les happaient Hurlent dans l’air pesant du théâtre ou la ronde procession continue et dont les jeux ne grondent que dans ma tête d’où s’élèvent leurs voix lourdes spectacle dont le vide me plaint de n’être sourde et ne laisse en mes mains que plumes arrachées qu’ils rient fous de me voir ne pouvoir pas lâcher |
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