*** LE MÂCHEUR DE CAILLOUX *** |
C’est toi qui pleures, enfant, tu mordais la lumière Maintenant de douleurs, entre tes dents : la pierre Tu vomis à regret, l’eau vive que tu craches Des mots tordus basculent comme tes os quand tu mâches] Pénombre qui se meurt, soleil d’un œil éteint Ecornée ridicule, flaque avide se tient Près de ta peau usée, boue n’habille visqueuse Que tes lèvres gercées, pourries d’odeur envieuse Et les pores enherbés dont tu griffes la gangue Pathétiques ont glissé leurs racines en ta langue Et te tiennent muet, murmurant et muré Aveugle solitude à ta figure aurait Bien laissé signature si n’était sur ta face Déjà plus que blessures que plus rien ne t’efface |
LE MÂCHEUR DE CAILLOUX
Avril 13,2002, 12:54 pmIL ETAIT UNE AUTRE FOIS
Avril 13,2002, 12:46 pm*** IL ETAIT UNE AUTRE FOIS *** |
Chrysanthème au matin ne peut rien y changer J’ai vomi dans mes mains. Qui peut donc me sauver ? Tu rigoles et tu joues en entendant l’aveugle Qui se médit de nous ? C’est le troupeau qui beugle ! Et dans le regard fou du gardien, les brebis Bêlent et bêlent encore suppliant dans la nuit La pierre sur mon visage ne peut rien y changer Quand cesseront ces cris ? Qui peut donc me sauver ? Les soldats ont tiré le fer d’un monde en rut Sourire et regard mort de souvenirs en lutte Et toi qui vient pleurer sur le caveau glaciale A tes mains que des os et ces bouts de pots pâles Le bétail est passé, la tombe est seule au pied D’un arbre qui se tord en entendant tonner Le berger est parti et la pierre est fendue La pluie traverse et berce nos restes mis à nus Le berger est parti, ton rire s’éteint avec Nos peaux parcheminés, ridées de cœurs à sec |
MEPRISABLES MORTELS
Avril 13,2002, 12:33 pm*** MEPRISABLES MORTELS *** |
Moi je suis immortelle, alors je peux en rire de me complaire ainsi, vous regarder pourrir Vous têtus animaux, grattant la terre, de peur de ne pas laisser là, balafre de vos coeurs Moi je suis immortelle, alors je peux vous dire saigner sur le papier, n'efface pas "mourir" pas plus que tous les mots que vous gravez de plume comme l'aveugle croirait voir mieux quand il allume Et moi me moque encore des courses contre la mort le seul jeu de la vie qui les fait vivre encore la douleur minimale pour le plaisir immense de souffrir animal jusqu'à la délivrance et vos gènes se rient d'avoir créé machines si gonflées de survie et bouffie d'héroïne que chacun de vous garde sa sous-vie en trésor sous le vide infini vous vivez comme des morts ! |
NECROMANTE
Avril 13,2002, 12:20 pm*** NECROMANTE *** |
Couchée avec la mort j'ai bu son souffle humide qui pénétrait mes reins de ses relents putrides et j'ai léché ses doigts aux relents d'os jaunis m'a fait dresser les seins et ma peau dans sa suie Je l'ai laissé glisser, au fond de moi, saillante son cartilage épais, de ses ongles, assaillante et caressé désir du calcique thorax qui m'a fait jouir encore et mordre le climax Au creux de ses yeux vides j'ai promené mes mains caressé leur abîme, prenaient vie dans les miens et l'orgasme montant, ses dents noircies d'amour en filets verts et gris laissaient à leur parcours l'excitation jouissive qui m'enfonçait charnelle couchée dans ce cercueil et me glissait en elle et mon souffle accélère, mouvement convulsif soudain me manque d'air à tel plaisir jouissif et figé sur un rire imbécile et moqueur mon crâne à son image, se teinte à sa couleur |
SANS GENIE
Avril 13,2002, 12:15 pm*** SANS GENIE *** |
La femme honnie n’a plus d’amant chevet serti de ses diamants au lit défait sa main resserre le goulot froid d’un autre verre et ses yeux bleus larmés d’amour ne brillent plus à nouveau pour un autre reflet dans la glace qui seule renvoie, moqueuse, en face le triste portrait d’agonie d’un mauvais peintre sans génie là dans le champ de ses draps morts elle se prend à s’éprendre encore mais tout n’est plus que parodie Sur le tableau, seule, elle vomit |
REPAS FROID
Avril 13,2002, 12:10 pm*** REPAS FROID *** |
Le monde est mort sans qu’on le sache plus que pas d’ombres sur les marches Les détritus volent et tombent Dans le silence soufflant des tombes Et dans les rues sifflent et claquent De vraies affiches, de fausses marques Partout que lampadaire éteint par ce vent froid qui n’étreint rien et sur les pavés qui soupirent usés, lustrés, notre avenir |
ENCHAINEE
Avril 13,2002, 12:04 pm*** ENCHAINEE *** |
Minable égérie, pauvre fillette aigrie Défile enflammée, souillure que je suis Viande embrochée tire sa chaîne et supplie Bravo bravo joli coup et la foule applaudit ! Misérable déesse croyant être immortelle Pas de la haine… oh non la haine est bien trop belle ! Là dans la cage immense, on jette en jais de pierres des poèmes et la boue croyant la rendre fière et moi baisant la terre, gisante à mes genoux mon image… prostituée comme je le suis pour vous ! c’est pour toi mon amour que j’ai violé ton cœur que j’ai écrit pour nous, pris pour moi, "quoi ?" tes pleurs... ] pourquoi ! Tu veux que je sois fière de ma vie explosée jolie plume ! Ah bravo ! Que j’aime ta joie crevée modèle exposé là comme un monstre affublé de toutes les tares du monde, toi je t’aime la tarée ! Mais gardez donc vos mots que je cherche en hurlant Chacuns à vos tombeaux et chacuns les fuyants ! Laissez moi là sauvage ou croyant encore l’être Pourquoi vous m’exposez à ma prison de lettres ? Laissez moi mes barreaux que je me tue contre eux Laissez moi ! Je vous hais ! Vous me sciez avec eux ! |
Page :
1