Adoration

Adoration



Oh comme ils sont mignons !
Je m’approche de toi
Pour mieux les contempler
Je les prends dans ma main
Je les palpe et les touche
Et puis, un peu coquin
Je les mets dans ma bouche
Les suce un tantinet
Goût de rose et de miel
Les hume avec respect
Fraîche odeur de cannelle…

Tu rougis à me voir
Et je te trouve belle
Ainsi penchée vers moi
Retenant ton émoi.

Je leur fais une cour
Timide et empressée
Tu frémis à ces jeux
Mais je ne veux blesser
Ta pudeur souveraine
Je les prends en mes mains
Unies en doux berceau
Où ils s’offrent, menus
Comme nichée d’oiseaux
Et mon adoration
Trouble tant tes prunelles
Que je délivre enfin
Ces bijoux , ces merveilles :

Tes orteils !

MARCEK

(Les souvenirs d’Octave)






Petit repas entre amis

Petit repas entre amis




En entrée, vous aurez quelques pieds de cochon
Qui ont cuit longuement dans un fameux bouillon
Où je n'ai lésiné sur aucun aromate.
Patiemment désossés, voici qu'ils vous épatent

En leur fraîche gelée tremblotante à loisir
Quand, salivant déjà, vous les voyez venir.
Mangez modérément, car, au coin du fourneau
Mijote pour vous plaire une langue de veau

Câpres et cornichons, joints au dernier moment
A la sauce onctueuse apportent du piquant
Et relèvent ce mets que l'on ne sert plus guère,
Car il rebute un peu mainte main ménagère !

J'ai fait flamber pour vous, dans la cocotte en fonte
Six merles bien dodus."Comment donc ! Quelle honte !"
S'exclameront, navrés , les amis des oiseaux,
Dont le coeur s'attendrit au nom de passereau.

Mais, sur du pain grillé, où s'écoule leur jus,
On savoure leur chair, et l'on ne pense plus
Qu'hier, dans le maquis, ils se gorgeaient de baies
Insoucieux du méchant qui, hélas, les plombait !

Vous soupirez déjà ? Desserrez vos ceintures !
Et point d'affolement: ce n'est pas de la hure
Que j'apporte céans, mais un plat bien brûlant
Qui diffuse vers vous les parfums envoûtants

De ces tripes de veau: arômes délectables
Qui font briller les yeux tout autour de la table;
Je vais distribuer des assiettes bien chaudes,
Car, il faut se méfier des vents coulis qui rôdent

Et vous glacent la tripe, aussitôt que servie...
Eh, oui ! Tout fin gourmet est ainsi asservi
A ces détails précis, à ces chinoiseries
Qui font rire, in petto, l'homme peu averti !

Ajoutez à ce plat, quelques pommes de terre,
Cuites à la vapeur pour être plus légères,
Que vous écraserez dans l'onctuosité
De ce mets plébéien et pourtant réputé.

Une douce torpeur (post-prandiale, dit-on)
Envahit maintenant tous les petits bedons.
Pourtant, il faudra bien faire honneur au fromage
Qui, sur le grand plateau, attend, candide et sage.

Vous avez trop mangé ? Ne prenez pas de pain,
Mais dégustez -le donc, arrosé d'un bon vin
Qui développera les arômes puissants
D'un roquefort crémeux ou d'un chèvre coulant.

Je n'ai point préparé de gâteau, aujourd'hui.
Je sais que ce repas vous a tous fort séduits,
Et je terminerai par une gâterie:
Ah, je vois qu'à ce mot, tout le monde sourit,

Et qu'au moment sacré où viendra le moka
Vous ne direz pas non au dessert délicat
Que voici: dégustez ces truffes que j'ai faites
Et qui couronneront avec bonheur la fête !



MARCEK


Cadences



Que j’aime épandre tes cheveux
Lumière d’or aux ondes folles,
Papillons furtifs qui me frôlent
Au cours de nos jeux amoureux

Douce forêt où je respire
Tous les parfums de Nosy Be
Lorsqu’à tes épaules courbées
J’appuie ma bouche qui soupire

L’Océan indien me chavire
A tes parterres d’orchidées
Où ta main sait si bien guider
Ma bouche qui volte et qui vire

Et je respire la fragrance
Intime de ton vetyver
Qui me met la tête à l’envers
Quand je me plie à tes cadences…



Marcek (Les souvenirs d'Octave)






Cyprine


Ta langue serpentine
Au milieu de ma bouche
Je me sens déjà bien
Sans que rien tu ne touches
Ni mes seins , ni ma taille
Ni mes fesses
Non plus
Ta langue m’a suffi
Quand nous nous sommes plus

Ta langue volupté
Sur le bout de mes seins
Voilà que je défaille un peu
(Mais à dessein)
Et je cambre les reins

Ta langue promenée
Dans ces endroits secrets
Où le parfum s’exalte
Ta salive mêlée
Aux moiteurs de la peau
Tu t'accordes une halte

Ta langue révélée
Par des frissons exquis
Quand tu frôles mon dos
Et que je te supplie:
"Encore, mon ami!"

Ta langue revenue
Dans ma bouche gourmande
Pour faire un peu languir
Le désir qui demande
Enfin ta langue
Douce, en velours délicieux
Sur le bouton de chair
Qui me conduit aux cieux !

MARCEK



L'Archange

L’ARCHANGE


Si belles étaient les images
Que mon tendre cœur battait :
Avais-je été assez sage
Pour pouvoir les contempler ?
Mes mains jointes en prière
Je n’osais lever les yeux
Vers l’archange ouvrant la page
Aux lettres couleurs de miel
Je ne pouvais, petite âme
Que répandre quelques pleurs
Sur mes fautes d’enfant sage
Qui étaient péchés véniels


MARCEK


Hommage au tableau de CHRIST : "Faux triptyque"

visible dans la Galerie Magique du site lespoetes.net



http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=36&image_id=607


De grands cieux étonnés

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Photo Michèle Corti


De grands cieux étonnés
Transpercés de soleil
Une lame d’argent
Sur le gris de la mer
Et la Terre s’endort
Au bercement des vagues



MARCEK





Hiver

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Hiver



Le froid s’annonce en fumeroles
Au-delà du portail de fer…
La fumée monte dans les airs,
File bien haut vers les nuages
Crèmes de lait pour enfant sages
Vagues mousseuses sur la mer.
Peut-on suivre dans leur voyage
Ces grands oiseaux, dont le plumage
Réchauffe le soleil d’hiver ?


MARCEK




Berceau

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Photo Michèle Corti (21novembre 2006)


Ciel et mer réunis
S'endorment doucement
Dans les bras de la Terre


Des mots

Des mots


Elle avait, elle avait…
Des mots à talons compensés
Et des mots plus discrets
Se voulant compassés
Des mots violents et sans voilettes
Des mots jeunes à pirouettes
Virevoltant sur leurs gambettes
Elle avait parfois des mots doux
Qui se réchauffaient à son cou
Avant de partir à l’assaut
De mon cœur, prenant au lasso
Mes résolutions les plus fermes
Elle avait des mots trémolos
Qui ruisselaient sur sa frimousse
Et je jouais les petits mousses
Repêchant les plus rigolos
Ah ! le vertige de ses mots
Y vacillaient mes certitudes
S’y fracassaient mes habitudes
Elle, me faisant la démo
De ce dont la femme est capable
Quand l’amour lui ouvre la cage
Des mots !

MARCEK









Marcher sur les routes corses...

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Photo Michèle Corti (novembre 2006)


Marcher sur les routes corses

A la rencontre du ciel...


La panacée



Sur la mare
Elle en a marre
La maman de la grenouille !

A sa fille qui se mouille
(Ah ! toujours les pieds dans l’eau !)
Elle donne du sirop

Car, sa gorge la chatouille
Et sa voix rauque s’embrouille
A chanter dans les roseaux.
Avec messieurs les crapauds !

D’une voix de crécerelle
Peut-on charmer les messieurs ?
Pourtant, elle a de beaux yeux
Sous le vert de son ombrelle…

Et quel sirop délicieux
Donne-t-on à la donzelle
Pour charmer ces beaux messieurs ?

Du sirop de nymphéas
Qui promènent leurs nacelles
Dans leurs habits de gala.
Ils peuvent bien faire ça

Pour les yeux de la grenouille
Qui, de larmes d’or se mouillent
De ne pouvoir coasser
(Oui, vraiment, s’en est assez !)

Avis donc, aux demoiselles :
Si vous voulez coasser
D’une voix claire et timbrée
Le sirop de nymphéas
C’est vraiment la panacée !

MARCEK






Folie

FOLIE



Eruption volcanique
En tes yeux révulsés
Ta bouche n’est plus rien
Qu’un couteau de boucher
Hachant menu les mots
Echappés de ma bouche
La lave de tes yeux
A des lueurs farouches
Il pleut des hallebardes
A mon front résigné
Hurlements et sanglots
Se meurent sur la grève
De mes espoirs sapés
Par tes cris inhumains.

MARCEK

Hommage au tableau de LUCIE visible dans la Galerie Magique du site
lespoetes.net

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=35&image_id=595




Cantatrice

Cantatrice





Glotte, glotte

Polyglotte , vue dans l’entrebaillement,

S’il faut visiter ta grotte, je m’enfuis

Assurément

Mais à présent sur la scène

Le miracle s’accomplit

La chanteuse, séductrice,

A sa gorge nous conduit :

Un rossignol y susurre

Un loriot y fait son nid

Il en sort de doux murmures

Ou des sons épanouis

Des cascades cristallines

Des roulades si flûtées

Que l’oreille s’y habille

De soie et velours mêlés

La CANTATRICE se donne

Amoureuse libérée

Puis à nos coeurs s’abandonne

Sous les vivats redoublés !



MARCEK



Coquette

COQUETTE


Quand tes bas
Nous contaient fleurette
Tes jarretelles à petits pois
Mettaient le feu à nos émois
Ton regard
Nous dictait sa loi
Campé sur la planche
A roulettes !
Bien sûr
Nous étions tous très bêtes
Accrochés à tes facéties
On aurait marché sur la tête
Pour qu’à la fin tu nous souries
Mais tu passais, blonde et replète
Narguant nos puissants appétits !
Qui de nous ferait la conquête
De tant de charmes accomplis ?

MARCEK

Hommage au tableau de Denise Vadet

« Coucou c’est moi »

Visible ici

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=36&image_id=615







Charmes

Charmes



Tes yeux d’obsidienne
Ton front de lait
Tes mains carènes
A nous bercer
Gorge de nacre
Pointes dressées
Lèvres de flammes
Sous mes baisers
Cheveux en tresses
Pour m’enchaîner
Taille de liane
Demi ployée
Fleurs de tisane
Regards noyés
Ciel ! Que de charmes
Pour m’envoûter !

MARCEK

(Les souvenirs d’Octave)






Vernissage




Vernissage

L'horizon lie- de vin s'accroche à la cimaise
Où les pinceaux dressés font un haie d'honneur
Un donneur de leçons parle, la bouche en cœur
Les dames chapeautées ont des lèvres de fraises

Près des verres de Kir d’un chanoine gourmet
Sur les plateaux dorés , on sert de jolis mets
Et ces dames pépient comme en une volière
Le peintre, déjà gris, tape sur le derrière

D’une poulette en rose à portée de sa main
Des figures outrées baissent leurs face-à-main
Sanglées dans leurs corsets imposants de douairières.
Les tableaux exposés s’animent, à l’arrière :

Une déesse nue ose poser le pied
Sur le parquet verni où glissent les souliers
De la foule venue pour le grand vernissage
Elle arrache un rideau en guise de corsage

Suivie par une nymphe aux cheveux épandus
Sur un torse gracile aux jeunes seins tendus
L’assemblée des messieurs agite ses binocles
Saisis par ces beautés descendues de leur socle

Un silence de mort accueille ce miracle
Puis soudain effrayés, pour tous c’est la débâcle
Chacun poussant chacun pour plus vite quitter
Cet endroit effrayant par des spectres hantés

C’est ainsi que l’on vit descendre des tableaux
Dans le salon désert , où restaient des gâteaux
Du champagne rosé et maintes gourmandises
Gourmettes et gourmets friands de ces surprises

Et lassés de poser pour la postérité
Sur des tableaux glacés dont allaient hériter
Quelque riche marchand ou quelque grand esthète
Qui leur feraient connaître à jamais la disette !

Alors, tard dans la nuit, ce fut un grand festin
Et chacun oublia pour un temps son destin
Savourant les plaisirs accordés aux vivants
Pour qui le pain vaut bien les Iles - sous- le- vent

Quand l’aurore survint, déshabillée de rose,
Chacun dans les tableaux avait repris sa pose
Et qui eût deviné cette folle aventure
En contemplant Vénus et sa belle figure !


MARCEK




























La nuit passera

La nuit va passer



La nuit va passer si vite,
Viens donc
Et assieds-toi là,
Dans le bureau
Qui t’invite
Ici, à lire tout bas.
La lumière se délite
En légers cercles lilas
Mais,
Tu es encore là ?
Voici l’aube
Qui s’agite :
La bougie rose
Crépite
Et tu penches ton front las.
Un ange invisible
Habite
Ces lieux
Et bouge, déjà !

MARCEK



Trésors

Trésors


Ho hisse et ho, matelot !
La mer coule à flots,
(Maman les p’tits bateaux
Trempent-ils leurs orteils dan l’eau ?)
Bulles de poissons
En goguette
Soleil clair
Sur ses vaguelettes
La mer en fête
Fait la coquette
Sur les plages,
Aux frissons blancs de ses dentelles…
Mais si tu plonges,
Tu trouveras
Tout en bas
Ses huîtres bleues
Remplies de perles ,
Dans des grottes
De sable blanc
Où elle cache ses diamants
Gardés par de molles méduses
Sentinelles phosphorescentes!

MARCEK



Deux coeurs battants

Deux coeurs battants

Joue contre joue
dans la tendresse
Et la soie de leurs sentiments
Ils jettent de regard troublants
Sur l'immensité de la Terre
Instant d'amour, pure merveille
On n'entend que le bruit du vent
Et peut-être...leurs coeurs battants !

Marcek


Nébuleuses

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Nébuleuses


Nébuleuses,
Chair d’axonge,
Mes songes
Souvent retournent
Au paradis bleu,
Paix profonde
Où vous tournoyez
Claires, blondes,
Dans un monde parfait…
O que mes rêves
Radieux
Vous rejoignent
Au fond des cieux !

MARCEK

Hommage au tableau de Bérengère "Rêve de paix" visible dans la galerie magique:

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=36&image_id=614





Jardin




Lorsque fleurit la nuit,
Au pays du silence,
S’éveille le coin bleu
Où tu t’en vas rêver.

Sous la lampe tulipe,
Attentive à tes yeux,
Des pages papillons
Frôlent ta main,
Pervenche
Sous le lys déroulé
D’une bougie fanée.

C’est le jardin secret
Où tu aimes flâner
Dans la senteur du cuir
Des livres reliés…

MARCEK




Comme l'oiseau...

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Comme l'oiseau des flots
Comme l'oiseau des mers
Vers les lointains îlots
Fuir le gel des hivers


Texte de BIFANE

Photo de Michèle Corti


En rose et or

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La mer est rose
Le ciel est d’or
Il pleut des roses
Quand tout s’endort

Il pleut de l’or
Quand tout repose
La mer s’endort
Sur lit de roses.


Texte de Marie Laugery

Photo de Michèle Corti


Fi!

Fi !


Se donner ainsi en spectacle !
Fi !
Voyez ces enlacements lascifs
A l’ombre des ifs
Le moment est décisif
Avant que l’union ne soit consommée
J’appelle en urgence
La brigade des moeurs !
La morale sera sauve
Oui, Monsieur !
Mais d’abord,
Rendez-moi mes jumelles
S’il vous plaît…


MARCEK

Deux personnages singuliers ont stimulé ma plume: allez-y voir! icon_wink

http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=36&image_id=605


La gerbe




Elle avait jeté, pauvrette
Sa gerbe dans l’eau
Ses souliers et sa voilette
Et son blanc manteau
La lumière était de nacre
Sur les pures fleurs
Mais il coulait un goût âcre
Au fond de son cœur
Elle vient d’ôter sa robe
D’un blanc virginal
Et ses jambes se dérobent
Ca lui fait trop mal
De repenser à la scène
Qu’elle vient de voir
Et de ce baiser obscène
Saisi dans le noir
La lune là-haut se penche
Tout apitoyée
Sur la gerbe de fleurs blanches
Près de la noyée

MARCEK


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