L'impatient
Il tonne, il rage, il peste
La fiente de pigeon
Tombe.
Toc, sur sa veste
Il empeste!
Un de ses bambins rit
De ce bel impromptu;
Il se fâche si fort
Qu'on a peur qu'il le tue..
C'est certain, il a tort
Mais nul ne peut jamais
Faire entendre raison
A ce sot, ce butor
Qui sans cesse s'emporte
Querelle l'un et l'autre
Et jamais ne se tait
Car même en son sommeil
Il rouspète et raisonne,
Et ne se calme pas
Lorsque le réveil sonne:
Le jetant sous le lit
Où il blesse le chat
Qui, craignant quelque horion
S'est déjà tapi, là !
Le petit déjeuner
Où les tartines brûlent
N'est pas pour le calmer
De colère, il hulule
Quans sous le robinet
Où il rince son bol
L'eau brûlante à grands jets
Aussitôt le rend fol
Le voici égrenant
Un chapelet d'injures
A la messe chantée
De ses déconfitures .
La porte claque enfin
Sur son rude départ
Sa femme, exténuée
S'affaisse, l'oeil hagard
Les enfants excités
Se lancent des boulettes
Tirent la queue du chat
Qui léchait quelques miettes !
Pauvre homme ! A son travail
Ce ne sera pas mieux
Son patron le harcèle
Il se sent tout fiévreux
Craint un érysipèle
Il maugrée sur le dos
De tous ses subalternes
En leur faisant subir
Mille et une avanies
Dont un jour, c'est certain
Il va être puni
Un matin, étranglé
Par son noeud de cravate
Il rendra l'âme à Dieu...
Râleur impénitent
On l'entendra encor
Quand il fera grand vent
Et sa veuve, effarée
Voyant claquer la porte
Dira:"Mes chers enfants
C'est papa qui s'emporte!"
MARCEK
L'impatient
Juillet 19,2007, 12:49 amGalipettes
Juillet 17,2007, 10:40 pm
Vacances
Ah! S'étendre sur l'herbe tendre
Pour s'esbaudir, jambes en l'air...
La liesse ne saurait attendre
Partons vite en chemin de fer
Montons dans le wagon qui tangue
Je me mettrai tout près de toi
Et je te tirerai la langue
Pour un peu te mettre aux abois !
Pente herbeuse où s'en vont les vaches
Ruminant d'un air convainquant
La gare de Lyon- Perrache
A disparu depuis longtemps
Voici que tu tombes la veste
Tu déclares qu'il fait trop chaud
Tandis que d'une main fort leste
Tu tires au plus bas le rideau.
Nous sommes seuls, ah quelle chance !
Le contrôleur vient de passer
Rien que nous deux, et les vacances
Dont on n'aura jamais assez !
J'enlève ma tenue de ville
Pour me sentir en liberté
Déjà, dans le wagon tranquille
Je te permets des privautés
Point de gazon ni de tonnelle
Pas de vent coulis frivolant
Mais des baisers de péronnelle
A tes caresses répondant !
Le train file, les heures coulent
Le temps pour nous s'est arrêté
Dans ce petit wagon qui roule
Presque depuis l'éternité...
Quoi, voici déjà la montagne ?
On n'a pas vu le temps passer
C'est bien la faute des vacances
Dont on n'aura jamais assez !
MARCEK
Ah! S'étendre sur l'herbe tendre
Pour s'esbaudir, jambes en l'air...
La liesse ne saurait attendre
Partons vite en chemin de fer
Montons dans le wagon qui tangue
Je me mettrai tout près de toi
Et je te tirerai la langue
Pour un peu te mettre aux abois !
Pente herbeuse où s'en vont les vaches
Ruminant d'un air convainquant
La gare de Lyon- Perrache
A disparu depuis longtemps
Voici que tu tombes la veste
Tu déclares qu'il fait trop chaud
Tandis que d'une main fort leste
Tu tires au plus bas le rideau.
Nous sommes seuls, ah quelle chance !
Le contrôleur vient de passer
Rien que nous deux, et les vacances
Dont on n'aura jamais assez !
J'enlève ma tenue de ville
Pour me sentir en liberté
Déjà, dans le wagon tranquille
Je te permets des privautés
Point de gazon ni de tonnelle
Pas de vent coulis frivolant
Mais des baisers de péronnelle
A tes caresses répondant !
Le train file, les heures coulent
Le temps pour nous s'est arrêté
Dans ce petit wagon qui roule
Presque depuis l'éternité...
Quoi, voici déjà la montagne ?
On n'a pas vu le temps passer
C'est bien la faute des vacances
Dont on n'aura jamais assez !
MARCEK
Le Cri
Juillet 17,2007, 1:12 pm
LE CRI
"Ils "sont déjà venus m'arracher à l'horreur.
Le ciel, brûlant flambeau, s'emplissait de rumeurs,
Grands tourbillons au coeur de lueurs orangées.
"Ils" avaient dit alors que j'étais "dérangé"...
Mais, si brutalement saisie et maîtrisée
Ma chair meurtrie, en tremble encor, martyrisée.
Douche glacée à jets rageurs,m'ont assommé,
Un grand sommeil artificiel pour "la "mater,
Cette folie qui, m'a -t-on dit, sommeille en moi
Et se réveille sur le lit de lourds émois.
Depuis, je fuis, évadé de cette prison
Où vocifèrent les voix rudes des matons.
Pourquoi, pourquoi suis-je revenu sur ce pont ?
Lueurs oranges,incendies en tourbillons,
La mer happée par le ciel rouge en maëlstrom,
Derrière moi, les pas terrifiants de ces hommes !
Le cri , le cri de mes terreurs comme oraison !
MARCEK
D'après le tableau d'Edvard Munch 1863-1944
"Ils "sont déjà venus m'arracher à l'horreur.
Le ciel, brûlant flambeau, s'emplissait de rumeurs,
Grands tourbillons au coeur de lueurs orangées.
"Ils" avaient dit alors que j'étais "dérangé"...
Mais, si brutalement saisie et maîtrisée
Ma chair meurtrie, en tremble encor, martyrisée.
Douche glacée à jets rageurs,m'ont assommé,
Un grand sommeil artificiel pour "la "mater,
Cette folie qui, m'a -t-on dit, sommeille en moi
Et se réveille sur le lit de lourds émois.
Depuis, je fuis, évadé de cette prison
Où vocifèrent les voix rudes des matons.
Pourquoi, pourquoi suis-je revenu sur ce pont ?
Lueurs oranges,incendies en tourbillons,
La mer happée par le ciel rouge en maëlstrom,
Derrière moi, les pas terrifiants de ces hommes !
Le cri , le cri de mes terreurs comme oraison !
MARCEK
D'après le tableau d'Edvard Munch 1863-1944
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