Quand les cons sonneront !

Quand les cons sonneront


Quand les cons sonneront, prenez garde au vacarme
Les cloches des beffrois, et celles des églises
Les carillons joyeux dont le timbre électrise
Les tocsins les plus fous qui sonnèrent l’alarme

Intimant aux soldats de se mettre en alerte
Et la Tsar Kollol III dont le timbre est éteint
Et la Liberty Bell et la grosse Big Ben
Chanteraient ce jour-là, hélas, en pure perte

Car, quand sonnent les cons, remparts de Carcassonne
Ponts du Gard, d’Avignon, et beau pont Valentré
Viaducs de Garabit, de Millau, de Morez
S’effondreront un jour si jamais les cons sonnent !

Car le nombre des cons sur terre est effarant
Il y en a autant que sable sur les dunes
Un grand pont élevé de la terre à la lune
Ne les contiendrait pas, je m’en porte garant !

Faudra-t-il appeler quelque joueur de flûte
Qui nous les conduirait jusques à l’océan
Où ils disparaîtraient sur un air entraînant ?
A ce travail sans fin, j’ai peur qu’il ne se bute

Et nous aurons les cons sur les bras pour longtemps !


MARCEK



Monsieur Gros-Dos

Monsieur Gros-Dos



Monsieur Gros-Dos roule carrosse
Fait carême, et s’enorgueillit
De tant de verres de Bohème
Achetés en cristallerie !

Monsieur Gros-Dos n’est pas beau gosse
Sous sa perruque, cheveux gris,
Mais il a fait dans le négoce
Fortune en ville de Paris

Monsieur Gros-Dos a dans ses coffres
De l’argent bel et bien sonnant
Mais de ce que la vie lui offre
Vous ne voudriez, assurément


Monsieur Gros-Dos a pris pour femme
Une jeunette de vingt ans
Il ne sait pas, voyez le drame
Qu’elle le trompe effrontément

Car, vieillard valétudinaire,
Pour lui, plus de bête à deux dos…
Seules lui restent les caresses
De son chat qui fait le gros dos !


MARCEK


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A beau mentir qui vient de loin


Rester sur le carreau?
Mais vous n'y pensez pas!
Pour cette expression qu'en ce jour God propose, http://www.expressio.fr
J'ai pondu un morceau ( mais en vers, pas en prose)
Que je vous livre ici en guise d'apéro
Et dont un rat futé est l'authentique héros!


A BEAU MENTIR QUI VIENT DE LOIN



Un rat sans foi ni loi, mais de fort belle trogne
Qui vivait d’expédients et grugeait ses voisins
Décida d’émigrer et partit sans vergogne
Endossant pieusement cape de pèlerin

Au bout de bien des mois et de lieues parcourues
Subsistant d'aumones et de menus larcins
Voici qu’il arriva à Paris, dont les rues
Grouillaient de rats dodus autant que des porcins

Il gèle à pierre fendre, et déjà le rat caille
Il lui faut trouver cape et chapeau bien fourrés
Un pourpoint de velours ajusté à sa taille
Et quelque gros gourdin en cas d’échauffourées

Notre rat scélérat au fond d’une boutique
Trouve à se déguiser en habits de son goût
Le voilà rajeuni de manière magique
Il n’est plus rat miteux qui inspire dégoût !

Une rate passant, il vous l’embobeline
Et la belle, charmée par sa mine avenante
Offre un gîte douillet, et comme on l’imagine
Le rat hante au logis de galantes soupentes

Sa langue bien pendue à Paris fait merveille
La cour du Rat Soleil lui est bientôt promise
C’est ce que lui chuchote un matin à l’oreille
Un rat qu’on nomme ici son Eminence grise !

Notre rat courtisan en effet fait courir
Le bruit qu’il est seigneur en pays de Cocagne
Et que de ses castels il fera parvenir
Au Rat Soleil tous les trésors de sa campagne

Au pays du pastel on est riche à foison,
Depuis le Lauragais aux portes de Toulouse
Où l’or bleu entretient de splendides maisons
Qui peuvent éblouir plus d’une âme jalouse

La belle courtisée lui offre un équipage
Quelques valets de pied, costumes d’apparat,
Un cocher dévoué et même un petit page
Mais qui reconnaîtrait maintenant notre rat ?

Comme le Chat Botté qui jadis fit fortune
Le rat séduit le roi par de beaux arguments
Il repart du château chargé de tant de thunes
Qu’il lui faut tombereaux pour emporter l’argent

Moralité:

Il est, depuis ce jour, grand Prince à Ratisbonne
Il boit du vin du Rhin et mène joyeux train
Menteur qui vient de loin un beau jour se couronne
De rat dans le ruisseau, il passe souverain !

MARCEK



LE CON

Le CON Image



A vous traiter de con, Monsieur, je ne m’avance…
Vous m’avez ébloui de votre suffisance
Sachant parler de tout en scandant vos propos,
Portant la vérité comme on porte un drapeau,
Foulant sans hésiter l’opinion des couillons,
Au pied de vos idées et de vos convictions.
Il monte en moi, Monsieur, l’énorme envie de rire
Qui, si je l’exprimais, déchaînerait votre ire !
Juste un pétillement au fond de ma prunelle
Pourrait vous intriguer, vous mettre sur la voie,
Mais vous lancez déjà une autre ritournelle
Et pour m’impressionner, vous donnez de la voix !
A quoi bon espérer troubler vos certitudes
Je vous laisse planer : à si haute altitude
On ne peut voir que l’aigle, et nous sommes moutons
A vos yeux orgueilleux, pleins de satisfaction !
Plus impatient que moi vous fera la leçon
N'hésitant pas, Monsieur, à vous traiter de CON!




Moralité :

Dire tout bonnement à quelqu'un qu'il est con
Ne le convainct jamais, c'est une certitude...
Sa connerie lui plaît, il en a l'habitude
Il se vautre dedans, et de mille façons
Vous démontre illico que c'est vous l'imbécile.
Pour mieux vous le prouver il convoque en concile
Tous les concitoyens qu'il a pu rassembler
Se promeut orateur de la dite assemblée
Mais commence d'abord par des conciliabules
Pour mieux se rassurer et faire des émules
Puis, très sûr de son fait, il harangue les foules
Commande la hola, en de superbes houles
Et vous vous retrouvez déconfit et sans voix
Face au con triomphant qui vous montre du doigt!






MARCEK



Adoration

Image

ILOA (Photo Michèle Corti)

Adoration


Comment ne pas craquer devant ces beaux yeux doux
Cette affection donnée, la bride sur le cou.
Pas de calculs savants, une amitié si pure,
Des caresses sans fin, parfois en démesure.

Quand la voix est sévère, entière soumission,
Si elle devient tendre, on arrive à grands bonds
Et si la main s’avance, alors on fait la fête
On se roule de joie, on perd un peu la tête.

Car ce maître adoré, on le suit, pas à pas
S’il est loin, on gémit et on pleure tout bas
On cherche son odeur, et l’on se désespère
Quand l’absence l’éloigne et qu’on perd ses repères.

Et lorsqu’il nous revient, pour un peu, on le boude,
On fait l’indifférent, mais soudain, sous son coude
On va poser sa tête en un élan d’amour,
On quête sa caresse et encore et toujours !

MARCEK



BREVE DE COMPTOIR

Bon, je vous l'ai faite brève...à vous de terminer l'histoire de Berthe.
C'est en acrostiche que j' vous cause: les premières lettres de chaque vers forment le mot BREVE DE COMPTOIR .

Berthe enfilait son tablier
Rentrait dans la salle du café
Essuyait le zinc du comptoir
Versait quelques pleurs dans le noir
Et se tapait un petit noir

Dans la rue commençait l’ trafic
Et les rumeurs d’ la rue Lepic

C’était comme ça tous les matins
Ouvrir le bar, même train-train
Mais Berthe, elle en avait sa claque
Partir, mon Dieu, loin d’ ce cloaque !
Toinou lui faisait les yeux doux
On disait qu’ c’était un marlou
Ils partiraient, il l’avait dit
Rejoindre à Tanger, des amis...


Venez nous rejoindre pour délirer, comme chaque jour, sur une expression de la langue française !


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Alexandrine Douillard (une poire pour la soif)

Alexandrine Douillard ( une poire pour la soif )



De toutes les grives mignonnes
Que je fréquentais au printemps
J’ai adoré Louise Bonne
Son pied leste, ses jolies dents
Dans le doyenné du Comice
Je l’avais un jour courtisée
Elle avait réveillé mes vices
S’employant à les attiser
Nous roulions en Packam Triumph
Menant la vie à cent à l’heure
Je la conduisais en triomphe
Sur la grand route du bonheur
Nos amours furent éphémères
Pour Guyot elle me quitta
Je trouvai la pilule amère
Mais un autre amour arriva
Ma Louise Bonne d’Avranches
Ne fut plus qu’un fol souvenir
Je pris aussitôt ma revanche
Et s’éclaira mon avenir
Avec la douce Alexandrine
Douillard (ainsi l’appelait-on)
Qu’elle était belle sa poitrine
Ornée de si charmants tétons !
Enfin bref, elle était divine
Beurré Giffard en fut jaloux
Quand je présentai la coquine
Et qu’il tomba à ses genoux
Le Général Leclerc lui-même
En pinça pour ma dulcinée
La saluant, il devint blême
Et ce n’était pas du ciné !
Mais il partit en conférence
Jugez de mon soulagement
S’il avait fallu, pour la France
Obéir au commandement !
Entre la poire et le fromage
Au repas qui nous fut servi
Je vis qu’il trouvait bien dommage
Qu’Alexandrine eût le cœur pris !
Nous déguerpîmes sans trompettes
Ni tambours, après le dessert
Je tenais trop à ma conquête
Et je jouai la fille de l’air !
Ah mon dieu que la nuit fut douce
De retour à notre logis
Blotti dans les bras de la rousse
Qui allait partager ma vie
Nous allâmes chez le Notaire
Lepin tous deux le lendemain
Afin de traiter nos affaires
Cœur à cœur et main dans la main
Elle n’était pas une Marquise
Je n’étais pas Louis Pasteur
Mais je trouvais à ma promise
Grandeur, dignité et douceur.
Poire d’amour fut dégustée
Mais je vous tairai par pudeur
Au lit de la virginité
Le grand éclat de nos bonheurs !


MARCEK


Alexandrine Douillard
Louise Bonne d'Avranches
Doyenné du Comice
Packam Triumph
Guyot
Beurré Giffard
Général Leclerc
Conférence
Notaire Lepin
Marquise
Louis Pasteur
Poire d'Amour

sont des variétés de poires




Petit repas entre amis

Petit repas entre amis




En entrée, vous aurez quelques pieds de cochon
Qui ont cuit longuement dans un fameux bouillon
Où je n'ai lésiné sur aucun aromate.
Patiemment désossés, voici qu'ils vous épatent

En leur fraîche gelée tremblotante à loisir
Quand, salivant déjà, vous les voyez venir.
Mangez modérément, car, au coin du fourneau
Mijote pour vous plaire une langue de veau

Câpres et cornichons, joints au dernier moment
A la sauce onctueuse apportent du piquant
Et relèvent ce mets que l'on ne sert plus guère,
Car il rebute un peu mainte main ménagère!

J'ai fait flamber pour vous, dans la cocotte en fonte
Six merles bien dodus."Comment donc! Quelle honte!"
S'exclameront, navrés , les amis des oiseaux,
Dont le coeur s'attendrit au nom de passereau.

Mais, sur du pain grillé, où s'écoule leur jus,
On savoure leur chair, et l'on ne pense plus
Qu'hier, dans le maquis, ils se gorgeaient de baies
Insoucieux du méchant qui, hélas, les plombait!

Vous soupirez déjà? Desserrez vos ceintures!
Et point d'affolement: ce n'est pas de la hure
Que j'apporte céans, mais un plat bien brûlant
Qui diffuse vers vous les parfums envoûtants

De ces tripes de veau: arômes délectables
Qui font briller les yeux tout autour de la table;
Je vais distribuer des assiettes bien chaudes,
Car, il faut se méfier des vents coulis qui rôdent

Et vous glacent la tripe, aussitôt que servie...
Eh, oui!Tout fin gourmet est ainsi asservi
A ces détails précis, à ces chinoiseries
Qui font rire, in petto, l'homme peu averti!

Ajoutez à ce plat, quelques pommes de terre,
Cuites à la vapeur pour être plus légères,
Que vous écraserez dans l'onctuosité
De ce mets plébéien et pourtant réputé.

Une douce torpeur(post-prandiale, dit-on)
Envahit maintenant tous les petits bedons.
Pourtant, il faudra bien faire honneur au fromage
Qui, sur le grand plateau, attend, candide et sage.

Vous avez trop mangé? Ne prenez pas de pain,
Mais dégustez -le donc, arrosé d'un bon vin
Qui développera les arômes puissants
D'un roquefort crémeux ou d'un chèvre coulant.

Je n'ai point préparé de gâteau, aujourd'hui.
Je sais que ce repas vous a tous fort séduits,
Et je terminerai par une gâterie:
Ah, je vois qu'à ce mot, tout le monde sourit,

Et qu'au moment sacré où viendra le moka
Vous ne direz pas non au dessert délicat
Que voici: dégustez ces truffes que j'ai faites
Et qui couronneront avec bonheur la fête!

Et s'il ne passe pas comme lettre à la poste,
Attendez les amis, voici là la riposte:
Un peu d'Alka-Seltzer, remède souverain
Aux repas trop copieux, vous rendra votre entrain !


MARCEK


"Passer comme lettre à la poste" c'est l'expression du jour du site

http://www.expressio.fr

où vous trouverez chaque jour une expression nouvelle et une bande de joyeux lurons qui la commentent!


Contus

Contus !


Ma Mie,

Voici mon cœur contus
Pour n’avoir deviné
Ce qu’ont tu vos beaux yeux
Au regard détourné
Et je voudrais qu’on tue
Le fol, qui, de vos yeux
Un instant m’a privé !

MARCEK



Bon appétit !


Bon appétit !


Regards concupiscents
Sur la tendre omelette
Qui attend dans l’assiette
« Ah, je l’aime baveuse »
Dit-il, l’air convaincu
Elle rougit un peu
A ces mots entendus…

Arrive le gigot
Dont la chair est si tendre
Que l’amant facétieux
A sa mie fait comprendre
Qu’il dégusterait bien
Le bras tendre et rosé
Qu’il caresse déjà
D’un geste un peu osé

Les vins sont gouleyants
Le champagne pétille
Et fait monter aux yeux
Du garçon, de la fille
Des bulles de plaisir
Des mirages troublants
Des envies effrénées
Que l’on tait pour l’instant

Mais voici le dessert
Aux allures coquines
La banane flambée
La meringue mutine
Qui croque sous la dent
Et fond sous le palais
Jouissances déjà
Aux plaisirs annoncés

Le café généreux
Parle de volupté :
« N’attendons plus, ma mie,
Il est temps de quitter
La table pour la couche
Ma langue désormais
Est dédiée à ta bouche
Et à tous les recoins
Que tu veux qu’elle touche
Et que mon nez gourmet
Saura bien explorer »


De la table au divan
Se glissent aisément
Nos corps jamais repus
Aux désirs confondus…


MARCEK



Je te condamne !

Je te condamne !




AMOUR, AMOUR, je te condamne
A me payer cinq francs six sols
Car à t’honorer je me damne
Pour satisfaire Dona Sol

Dont je fréquente la soupente
Et dont je caresse le col.
A la rendre toujours contente
J’y perdrai le La et le Sol !

Il y a Jeanne la lingère
Qui m’attend le soir au logis
Si elle a la cuisse légère
Jamais elle n’en a rougi

Et je me perds dans ses dentelles,
Le blanc pur de ses draps de lit
Où je fais glisser les bretelles
De son corsage épanoui.

Solange m’attend à l’auberge
Où nous veillons toute la nuit
J’y dois maintenir ma flamberge
A la hauteur de ces déduits !

AMOUR, AMOUR, je me surmène
A honorer tous tes contrats,
Car même le cul de Germaine
Affolerait bien des castrats…

Comment veux-tu que je résiste
A ces merveilles déployées
Devant mes tendres yeux d’artiste
Qui ne pense qu’à s’y noyer

La plume souvent me démange
Pour écrire un mot à Lison
Alors, si rien ne la dérange
Je la rejoins à Barbizon

Et nous déjeunons sur l’herbette
Puis, enlacés sur le gazon
Tendrement, je compte fleurette
Aux mystères de son buisson

Et me voici, de cœurs en bouches
Honorant vingt et cent beautés
Dont la virtuosité me touche,
Permettant mille privautés

Mais je dois avouer, c’est louche
Et vous en serez tous surpris
Qu’il n’y a rien autant
Qui me touche

Que les jolis pieds de Suzie
Que je baise et je mets en bouche
Pour l’amener au paradis
Agenouillé devant sa couche

Je la dévore et je la mange
Mais je la respecte toujours
Je ne voudrais froisser cet ange
Qu ne connaît rien à l’amour !

Je ne peux, du corps de la femme,
AMOUR, épuiser les plaisirs
Et de plus en plus tu m’affames
A contenter tous leurs désirs

Je prie le ciel, ses saints, ses anges
Tous les élus que Dieu cita
De me préserver de la fange
De ces maladies qu’invita

Un jour Vénus dans les alcôves
Et qui causent tant de tracas
Aux amoureux que rien ne sauve,
Hormis notre Sainte Rita !


MARCEK


(J'ai pris tout de même quelques libertés avec "la vraie vérité", car Ste Rita guérissait de la petite vérole (variole) et non de la vérole (ou mal napolitain, ou syphilis)...Mais bon, qui peut le moins peut le plus!)



Sur un air de java

Sur un air de java



Le dimanche c’était la fête
Dans ce petit bar de St Ouen
Momone lui faisait la tête
Mais Jaja, lui, s’en fichait bien

Il en pinçait pour la serveuse
Et la coinçait dans le couloir
Où elle allait chercher la « Meuse »
Qu’on éclusait sur le comptoir

C’est du nanan, disait la môme
Le nez dans la barbe à Jaja
Gourmande et lui suçant la pomme
En lui dévoilant ses appâts.

Jaja bien sûr perdait la tête
On l’aurait perdue à bien moins,
Contre sa poitrine replète,
Lui caressant le bas des reins…

C’est du nanan disait Momone
En dégustant le plat du jour
Sébastien jouait du trombone
Une incitation à l’amour !

La serveuse était trop gironde
Mais Momone s’en fichait bien
Elle déclarait à la ronde :
« C’est du nanan, crénom d’un chien »,

En sifflant les verres de gnole
Que lui versait pour l’endormir
Jaja, songeant à la bagnole
Dans laquelle il allait partir

Avec la serveuse gironde
Faire un tour en catimini
Sans que Momone ne le gronde
Et le traite de perverti !

Le dimanche c’était la fête
Dans ce petit bar de St Ouen
Il partit avec sa conquête
Et plus jamais il ne revint !

C’était du nanan, la serveuse,
Elle rendit Jaja heureux
On peut bien la traiter de gueuse
Mais, Dieu, qu’elle avait de beaux yeux !


MARCEK



Gros Jean comme devant


Gros Jean comme devant




Un ours dormait en sa tanière
Dans l’attente du renouveau,
Acagnardé sur sa litière
Rêvant de soleil clair et chaud…

Gros-Jean, tapi dans la clairière
(Ayant déjà vendu sa peau
Au marchand de Belle-Rivière)
Escomptait toucher le gros lot !

Armé de son puissant tromblon
Il avance avec précaution,
Pensant déjà tenir la bête
Qu’il croit endormie, sourde et quiète.

C’était compter sans la nature
Qui parfois change le destin
Des chasseurs de bonne figure
Mais animés de noirs desseins !

A l’étourdie, entre une abeille
Dans le logis, et, sans façons
Elle pique l’ours à l’oreille
Et le réveille tout de bon !

Effaré, notre plantigrade
Surgit brusquement au grand jour :
Le chasseur en prit pour son grade
Et s’enfuit comme un gros balourd.

Il revint à Belle-Rivière
La queue basse, et sans son tromblon,
Honteux devant ses congénères
Qui rirent de sa prétention !

Moralité :

Ne vendez pas la peau de l’ours
Avant que de le tuer
De la part des moqueurs,
Vous n’auriez que huées!


MARCEK




PLEIN GAZ !

Plein gaz !




Oui, vous avez raison : je suis intarissable
Au sujet de ces vents au sortir de la table
Ou au cours d’un repas discrètement émis
Et qui de notre corps sont les fervents amis !

Pourquoi donc tant rougir de l’humaine chaudière
Fonctionnant à plein gaz telle un calorifère
Et libérant des vents chauds et bien parfumés
Que certains délicats ont horreur de humer !

Certains pets sont soufrés, souffrez que je le dise
Même si votre nez, madame la Marquise
Se fronce à cette odeur émanant des enfers
Pour vous qui préférez l’odeur du poivre vert

D’autres pets insolents parfumés au méthane
Risquent de vous chasser quand vous ouvrez les vannes,
Des élégants salons où vous traîniez vos guêtres
Et où ne sont admis ni soufre ni salpêtre !

De la pétomanie, si vous êtes adepte
Il vous faudra ôter les odeurs indigestes
Pour les nez délicats ou peu habitués
A ces relents grossiers qui vous vaudront huées

Des foules perverties aux senteurs hygiéniques
Décapées aux savons et aux antiseptiques
Si loin des vérités des parfums corporels
Et s’acharnant à tuer le goût du naturel !


Et si les bruits aussi heurtent l’âme sensible
D’un immense courroux vous deviendrez la cible
Alors, n’insistez pas, exilez donc vos vents
Dans quelque cabinet discret en un couvent !


MARCEK



Journée de la femme

Journée de la femme


J’ai pioché le meilleur, Mesdames je vous jure !
En ce jour de la femme, il me faut honorer
Le meilleur des maris que la Terre eût porté
Même si ça le gêne un peu aux entournures
Et que sa modestie en soit un peu froissée !
Vous décrire en détail ses qualités, je n’ose
Ce serait bien trop long en vers tout comme en prose
Et je ne voudrais pas éveiller convoitises
Jalousies ou désirs chez les dames conquises
Par la description de tant de qualités
Qui les ferait venir et se précipiter !
Sachez bien qu’avant tout son regard me chavire
Et les ans n’y font rien pour calmer mon délire
Il est pour moi l’amant, le père, le mari
Le compagnon parfait que j’ai toujours chéri !
Mais j’arrêterai là mon beau panégyrique
Car je vous vois messieurs aussi un peu sceptiques
Et jaloux de surcroît. Laissons donc le sujet
Et je vais de ce pas accomplir ce projet
Qui ne me lasse pas après autant d’années
Gâter mon bel aimé et toujours l’adorer !


MARCEK





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