Février 23,2007, 1:23 pm
Saveurs d'autrefois
Les sources murmuraient au jardin de Doumé
Et ses légumes frais, qu'il venait d'arroser
Avec beaucoup d'amour, étaient incomparables:
C'étaient présents des dieux posés sur notre table!
Descendait des maisons, l'odeur de fasgiulatta
Mitonnant doucement dans la chaleur de l'âtre.
La bonne pastaciutta y mijotait aussi
Et on la dégustait dès que venait midi.
Saveurs inégalées de ce veau aux olives!
On ne retrouve plus ces flaveurs gustatives
Dans le veau d'aujourd'hui, fût-il bien cuisiné,
Il lui manque le goût magique du passé...
Les tripes de mouton que cuisinait Mémé
Dans l'odeur pénétrante de la menthe poivrée,
Qui pourra les refaire aussi bien que Pauline,
Avec ce tour de main, o recette divine!
Et ces jolis beignets tout ronds, tout parfumés
Qui sortaient bien dorés, en l'honneur des mariés
De l'immense bassine où on les faisait frire,
Beau dessert concocté dans la joie et les rires.
Doumé, très bon chasseur, ramenait des palombes
Qu'il posait, beau fardeau, sur la commode sombre
Qui trônait dans la chambre où on les contemplait,
Songeant à la saveur de ce mets recherché.
La soupe, tous les soirs, parfumait la cuisine.
On ouvrait les croisées, et, des maisons voisines
Nous parvenaient alors des vapeurs embaumées
Réjouissant les coeurs à l'heure du souper.
On avait mis à part dans un grand saladier
Les légumes bouillis, d'huile bien arrosés.
Je me souviens toujours de ce goût si fruité:
Mon palais en ressent encor la volupté.
Et les fruits du jardin terminaient le repas.
De ces fruits merveilleux, jamais on n'oubliera
Le parfum envoûtant, ni la beauté magique
De ce jardin d'Eden, jardin de Dominique...
MARCEK
Février 20,2007, 12:41 pm
Coq au vin
Que complote le coq conquérant et coquin
Quêtant consentement de la poule coquette ?
« Coqueline, qu’as-tu ? » dit-il à la poulette
Qu’inquiète le taquin qui caquette à son cou.
« Casse-toi, coquelet ! » clame l’impertinente
Dont le bec est pointu et la langue arrogante.
Et la belle, indignée, du coup, se claquemure !
Quant au coq, mortifié par l’esclandre soudain
Il s’en alla claquer son fric en discothèque
Où il s'acoquina avec un maître queue
En quête de conquêtes et buvant en ce lieu…
De whiskies en cognacs, de cocktails en Cap Corse
Que croyez-vous qu'il se passa? Bombant le torse,
Notre coq trop confiant, vaniteux et benêt
Fut passé...à la casserole!
MARCEK
Février 18,2007, 4:32 pm
La Rumeur
Elle se nourrit de ragots
Et se complaît en démesure
« Je vous le dis
La chose est sûre
Je le tiens de source informée ! »
Et vite de la propager…
De bouche à oreille
Elle s’enfle
Grandit, s’affirme
Et se répand
Comme la lave du volcan
Elle brûle sur son passage
Langues et foies des médisants
Qui la vomissent tout crûment
En flots de biles innommables
Les plus belles réputations
Sous sa hargne se démantèlent
Les langues ont la partie belle
Sous le manteau des malfaisants
Mais quand le mal est fait, bernique
On y piétine la logique
La folle du logis répand
Ses insanités à tout vent
Combien d’innocents en prison
De vies brisées ou de suicides
Pour avoir de la calomnie
Subi le sinistre poison !
MARCEK
Felix Nussbaum, Das Geheimnis (1939)