L'île



Image


L’île


Cyste rose ou blanc
Cyste cotonneux
Et le bleu de la mer
Et le vert de tes yeux
Qui va, me poursuivant
Nos pas dans le maquis
Et nos mains se cherchant
Lavandula stoechas
En mauves papillons
Au détour du sentier
Où flambe la bruyère
Torches de fines fleurs
Parfums de miel bruissant
Au souffle de la mer
Sur le sable mourant
Incantantions du vent
Venu de la Sardaigne
Sous tes doigts impatients
Mes cheveux se dépeignent
Calycotome d’or
Sur un fond d’azur vif
Brûlure du soleil
Baiser impératif
Je me love en tes bras
La terre nous accueille
L’amour parle tout bas
Sous le couvert des feuilles
L’île brûle-parfums
Autour de nous s’enflamme…
Et à nous dévorer
Nous allons rendre l’âme !


MARCEK

Image

Lavandula stoechas


Image

Calycotome épineux


Saveurs d'autrefois

Saveurs d'autrefois




Les sources murmuraient au jardin de Doumé
Et ses légumes frais, qu'il venait d'arroser
Avec beaucoup d'amour, étaient incomparables:
C'étaient présents des dieux posés sur notre table!

Descendait des maisons, l'odeur de fasgiulatta
Mitonnant doucement dans la chaleur de l'âtre.
La bonne pastaciutta y mijotait aussi
Et on la dégustait dès que venait midi.

Saveurs inégalées de ce veau aux olives!
On ne retrouve plus ces flaveurs gustatives
Dans le veau d'aujourd'hui, fût-il bien cuisiné,
Il lui manque le goût magique du passé...

Les tripes de mouton que cuisinait Mémé
Dans l'odeur pénétrante de la menthe poivrée,
Qui pourra les refaire aussi bien que Pauline,
Avec ce tour de main, o recette divine!

Et ces jolis beignets tout ronds, tout parfumés
Qui sortaient bien dorés, en l'honneur des mariés
De l'immense bassine où on les faisait frire,
Beau dessert concocté dans la joie et les rires.

Doumé, très bon chasseur, ramenait des palombes
Qu'il posait, beau fardeau, sur la commode sombre
Qui trônait dans la chambre où on les contemplait,
Songeant à la saveur de ce mets recherché.

La soupe, tous les soirs, parfumait la cuisine.
On ouvrait les croisées, et, des maisons voisines
Nous parvenaient alors des vapeurs embaumées
Réjouissant les coeurs à l'heure du souper.

On avait mis à part dans un grand saladier
Les légumes bouillis, d'huile bien arrosés.
Je me souviens toujours de ce goût si fruité:
Mon palais en ressent encor la volupté.

Et les fruits du jardin terminaient le repas.
De ces fruits merveilleux, jamais on n'oubliera
Le parfum envoûtant, ni la beauté magique
De ce jardin d'Eden, jardin de Dominique...


MARCEK



Coq au Vin

Coq au vin




Que complote le coq conquérant et coquin

Quêtant consentement de la poule coquette ?

« Coqueline, qu’as-tu ? » dit-il à la poulette

Qu’inquiète le taquin qui caquette à son cou.

« Casse-toi, coquelet ! » clame l’impertinente

Dont le bec est pointu et la langue arrogante.

Et la belle, indignée, du coup, se claquemure !

Quant au coq, mortifié par l’esclandre soudain

Il s’en alla claquer son fric en discothèque

Où il s'acoquina avec un maître queue

En quête de conquêtes et buvant en ce lieu…

De whiskies en cognacs, de cocktails en Cap Corse

Que croyez-vous qu'il se passa? Bombant le torse,

Notre coq trop confiant, vaniteux et benêt

Fut passé...à la casserole!


MARCEK



LA RUMEUR

Image


La Rumeur


Elle se nourrit de ragots
Et se complaît en démesure
« Je vous le dis
La chose est sûre
Je le tiens de source informée ! »
Et vite de la propager…

De bouche à oreille
Elle s’enfle
Grandit, s’affirme
Et se répand
Comme la lave du volcan
Elle brûle sur son passage
Langues et foies des médisants
Qui la vomissent tout crûment
En flots de biles innommables

Les plus belles réputations
Sous sa hargne se démantèlent
Les langues ont la partie belle
Sous le manteau des malfaisants
Mais quand le mal est fait, bernique
On y piétine la logique
La folle du logis répand
Ses insanités à tout vent

Combien d’innocents en prison
De vies brisées ou de suicides
Pour avoir de la calomnie
Subi le sinistre poison !


MARCEK



Image

Felix Nussbaum, Das Geheimnis (1939)



Les hauteurs de Montcuq

Les hauteurs de Montcuq




Ah qu’à Montcuq la vie est belle !
C’est enveloppée de dentelles
Qu’on découvre cette cité
De feuillages auréolée !
A Montcuq point de ces nuisances
Qui rappellent les lieux d’aisances
Je parle de la pollution
Ce grand fléau de la nation.
Respirez-donc à pleins poumons
L’air de Montcuq , il fleure bon !
Et les habitants de Montcuq
Vous diront d’un air convaincu
Qu’on y vit bien et sans problèmes,
Que c’est dans ses coins que l’on aime
Jouir des plaisirs de l’amour
Et ça vaut de faire un détour
Pour découvrir maint point de vue,
Passer le paysage en revue :
Ses longues vallées peu profondes
Où miroitent de fraîches ondes,
Ses collines aux reliefs doux
Où l’œil s’apaise et l’âme joue
Et ses maisons de pierre blanche
Aux jardins fleuris de pervenches !
Et que dire de la cuisine ?
A Montcuq, certes elle est divine
Et elle en fait plus d’un baver
En compagnie comme en privé !
Les chairs tendres et succulentes
De ses volailles alléchantes
Arrosées de vins capiteux
Qui font étinceler les yeux .
Et quand Vénus vient titiller
Les cœurs et les émoustiller
C’est à Montcuq, sans hésiter
Qu’il faut se rendre et séjourner,
A Montcuq, dans le Quercy blanc
Venez-donc, l’Amour vous attend
Escaladez tous les hauteurs
De Montcuq !
Aimons-nous, c’est l’heure !

MARCEK




Image


Prenons le train de la Rhune!

J’ai rangé le chien fou au plus près de la lune
J’ai mis le chat au frais, viens danser avec moi
C’est la St Valentin, et cramponné au toit
L’amour a pris le train pour aller sur la Rhune !


Mais ton regard furtif m’inquiète un tant soit peu
As-tu mangé le chat en guise de prélude ?
Je te sais affamé, mais propice à nos voeux
L’amour, ce vagabond, flingue nos habitudes

Si la soupe est fanée, offre –moi ton désir
Comme un œillet vermeil au champ de nos batailles
Je saurai cette nuit, pour te faire plaisir
Tanguer et chalouper sans que le train déraille

Quand la nuit, épuisée par nos danses fantasques
Appellera le jour entre les rideaux bleus
Tu te rappelleras qu’un soir au pays basque
Le piment d’Espelette agrémenta nos jeux !



MARCEK



Image



Jour gris

Jour gris





Personne n’est venu. Non personne
N’a sonné aujourd’hui à ma porte !
Le vent plie et déplie les feuilles mortes
Dans les arbres transis où février frissonne.

Le chat lisse sans fin son pelage
En un lent et patient va et vient.
Le livre abandonné près de moi, se souvient
De l’heure enfuie où se tournaient les pages.

La bouilloire chantonne et me parle du thé
Je verse doucement sur les feuilles ambrées
L’eau frémissant à peine. Ah ! Revienne la nuit,
Que j’allume le feu pour brûler mon ennui !




MARCEK



Image


ERIC RIT !




Image
Tableau de Rickways

Eric rit !


Par tous les saints :
Où se cache donc le cinq ?
Sous les antennes du quatre,
A plat ventre sous le trois,
Tandis que le deux, enlace
Le un, pour la mazurka ?
Dans l’imbroglio de ces nombres
Proposés à notre vue
Eric rit, caché dans l’ombre
Se gaussant de nos bévues !


MARCEK


Image


Beauté cubaine

Beauté cubaine (Acrostiche)


Coquine, elle me nargue, et son charme latin

Incendie aussitôt ma bouche qui salive.

Généreuse et rusée elle se fait lascive

A portée de mes doigts, blanche comme satin.

Ravissante catin, qui me tente et m’excite

Et prend dans ses filets mon argent sans façon

Tu envahis mon corps telle la dynamite,

Tout me paraît grisaille avant ton explosion

En mes sens avides de toi, ô cigarette !



MARCEK




Image


Page :  1