Les pets de Damoclès

Les pets de Damoclès



Les pets de Damoclès étaient tous clairs et beaux
Et le roi Dionysos en prit un jour ombrage…
Lors, il pendit aux cieux, dans un accès de rage
Une épée menaçant d’emporter le chapeau
De ceux, qui par malheur, voulaient péter plus haut
Que leur modeste état ! Péteurs, restez donc sages,
En vos démonstrations, ne pavoisez pas trop,
Préférez au clairon une flûte champêtre
Car vous ne gagneriez, à vouloir trop paraître
Que le mépris d’autrui, sa désapprobation !
Dans l’acte de péter, il n’y faut ambition
Ni parade inutile ! Je ne veux pas médire
De la loi qui demain interdit au quidam
(Et s’il y contrevient, ce sera au grand dam
Des deniers de sa bourse !)
Qui interdit, disais-je d’enfumer tous ces lieux
Qu’on appelle publics en notre république,
Mais, je crains fort qu’un jour,
Pende sur chaque tête d’innocent péto-man
Une épée affûtée par nos gouvernements
Et qui nous traquera jusques en nos chaumières
Pour sanctionner les pets sortant de nos derrières !
On nous accusera, (c’est déjà arrivé
A des vaches bien nées en pays zélandais,)
De vouloir par nos gaz, réchauffer la planète
Je vous laisse à penser les tristes traitements
Pour nos boyaux impurs, nos colons flatulents !
Pétez -donc en secret, ou rasez les murailles
Quand un vent importun tout soudain vous tenaille
Et je ne puis finir, disant : « Allez en pets »
Car un sombre avenir menace notre paix !

MARCEK 31 janvier 2007

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SYDNEY (AFP) - Des scientifiques australiens et néo-zélandais ont annoncé vendredi le lancement d'une étude de plusieurs millions de dollars visant à réduire les flatulences des vaches, considérées comme une cause du réchauffement climatique.
"Nous voulons des vaches à haut rendement énergétique. Nous travaillons sur l'efficacité de la digestion", a expliqué Dieter Adam, gérant de la Société pour l'amélioration du bétail, basée en Nouvelle-Zélande et partenaire du "Fonds de partenariat biotechnologique Australie-Nouvelle-Zélande".
"Des données scientifiques indiquent que si les vaches sont plus efficaces dans la production de lait, elles produisent moins de méthane", gaz considéré comme un des responsables de l'effet de serre, a ajouté M. Adam.
Les recherches vont en particulier aider les agriculteurs à sélectionner les espèces de bovins les plus efficaces dans la production de lait, a-t-il précisé.
En 2003, le gouvernement de Nouvelle-Zélande a tenté de faire payer aux agriculteurs une taxe sur le méthane, avançant que leurs bêtes étaient responsables de plus de la moitié des gaz à effet de serre produits par le pays.
Mais la "taxe sur les pets" avait été abandonnée à la suite de vives protestations des agriculteurs.



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La Cigarette

Cigarettes (Acrostiche)


Chaque jour je t’allume, ardente cassolette
Incendie ténébreux rôtissant mes poumons
Généreux encensoir d’où monte l’indiscrète
Auréole bleutée, à l’assaut de mon front.

Rien ne peut égaler cette passion brûlante
Et rien ne peut calmer autant mes émotions
Taire les obsessions d’une vie trépidante
Tout s’efface et s’éloigne, hors la palpitation

Enivrante du feu au bout des cigarettes…

MARCEK

N'ayant jamais fumé de ma vie, je ne me fais pas le porte-parole des fumeurs, mais compatis à leur dépendance!

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Au coeur du souvenir

Au cœur du souvenir





De tendres souvenirs

Se réveillent soudain

Au seul bruit de mes pas

Dans la maison déserte.

L’âme de tous ces jours

Qui ne reviendront pas

Vacille, feu follet

Courant de pièce en pièce.

Quelques photos jaunies,

Des draps blancs dans l’armoire,

Un parfum demeuré

Au revers d’un manteau,

Des gants dépareillés

Un carton à chapeau,

Où lnous avions rangé

Nos lettres amoureuses.

Et je lis maintenant

Ton écriture alerte

En pleins et déliés

Comme l’on n’en fait plus.

Si je ferme les yeux

Sur ces jours disparus,

Surgit ton rire clair

Ressuscité dans l’ombre…



MARCEK

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Dans le seau

Dans le seau


Je mettrai dans mon seau
Pour aller à la plage
Le bleu d’une baleine
Sur le sable doré
Le jaune du soleil
D’une journée d’été
Le vert des hortensias
A l’ombre des jardins
Le rouge effervescent
D’un sirop grenadine
L’orange du goûter
Dans son papier d’argent
Et le blanc vertueux
De ta robe de plage
Où je guigne tes seins
D’un regard pas très sage !

MARCEK
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Si tu savais...

Si tu savais!


Les délices se jouent de nos esprits chagrins,
La langue ne résiste au sucre sur la main,
Cristaux blancs de l'oubli, retour à notre enfance.
Autour de nos désirs, un parfum se balance
Echos de matins familiers,
Rêves chagrins vite oubliés
Sous la douceur d'une brioche tiède.
La volupté survient aux effluves d'un thé
Versé d'une main attentive.
Et le feu qui crépite; brûlante cheminée,
Le coeur de la maison palpite,
Des voix montent en brouhaha,
Joyeux, les souvenirs affluent:
Mathilde avait alors des tresses
Que je tirais...Jeunesse!
Si tu savais comme le temps nous presse!



MARCEK



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BONIFACIO

Bonifacio


Dévorées par la mer
Assaillies par les hommes
Tourmentées par le vent
En multiples assauts
Ses falaises de craie
Etraves de bateaux
Cinglent au long des jours
Vers le sud de la Corse
Aux cris désespérés
Des mouettes du temps !

La mer s’en va berçant
Le voilier passager
Aux lueurs du couchant
L’heure est à la douceur :
On la voit si paisible !
Mais ses flots enragés
Ont brisé sur l’îlot
Les crânes des marins
Rejetés par les flots
En ce funeste jour
Où, sans trouver d’abri,
La belle Sémillante
Aux Lavezzi périt !

Aux cris désespérés
Des mouettes du temps,
Près de Bonifacio
La blanche citadelle,
Un vertige nous prend,
Quand s’élèvent soudain,
Apportées par le vent,
Les plaintes des mourants
Au cœur de la tempête…


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Naufrage de la sémillante
Le 14 février 1855, la frégate "La Sémillante" avait quitté Toulon avec 773 hommes à bord pour le front de Crimée où le siège de Sébastopol réclamait de constants renforts. Le 15, alors que la tempête faisait rage et qu'un brouillard empêchait toute visibilité, le navire s'engagea dans les bouches de Bonifacio.
Il s'écrasa sur les îlots rocheux. Aucun des marins et soldats ne survécut : la plupart sont enterrés sur l'île Lavezzi. Tous les ans, à leur intention, une messe est célébrée dans l’île des Lavezzi pour le souvenir et pour la transmission de la mémoire, puis Lavezzi, sans cesse balayée par les vents, retrouve sa solitude.










LA FLEUR



La fleur


Elle fut cueillie par la page,
Mise à sécher en ses replis
Blancs et raides comme surplis
Amidonnés pour la grand-messe.
Survint une grande détresse
Au cœur de la fleur capturée.
Plus de fillette délurée
Courant au pré la prétentaine
Ou s’en allant à la fontaine
Rejoindre au frais quelque galant
Ses rubans voletant au vent !
Plus de soleil dans la prairie,
Plus de lunes en féeries,
Rien qu’un hiver immense et blanc
Dans un silence étourdissant
Précédant son heure dernière…
Jusqu’au jour où l’on découvrit
La page, et que quelqu’un l’ouvrit
Et s’écria : « La jolie fleur !
Elle sera pour vous, mon cœur ! »
Et, mise dans un médaillon,
La fleur retrouva la fonction
Confiée aux fleurs depuis toujours
Etre ambassadrices d’amour !


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En hommage au tableau de
Passager, intitulé Marguerite et visible ici:

http://lespoetes.net/galeriemagique2/picture.php?/618/category/40


Les poètes et les chats

Les poètes et les chats

Je croyais que les chats, pensifs en leur maintien,
Inspiraient noblement poètes, écrivains.
Le chat fut un joyau pour le grand Baudelaire,
Du Bellay adula Belaud, chat tutélaire.

Quant à Jules Laforgue il le prénomma :Sphinx.
Colette, en ses écrits, en fit presque un devin,
Jean Anouilh le nomma "bourgeois" en une fable:
Un chat à pedigree, mais tout à fait affable!

Pauvre âme décriée ! Pendu au Moyen-Age
Pour être suspecté d'incarner quelque diable,
Traité de fin roublard par le bon La Fontaine
Pourchassé par les gens, poursuivi de leur haine,

Ses boyaux résonnaient aux cordes des violons,
Sous le nom de lapin, il passait sans façon
Au fond d'un bon sautoir ou d'une casserole...
L'existence d'un chat ne fut pas toujours drôle!

Voici que je découvre, au travers d'un écrit,
Que, dans l'acte d'amour, aux ébats, au déduit
Il favoriserait de ses cris excités
Des actes licencieux qu'on n'oserait citer !

O chat infortuné, ta dernière aventure
Se passe donc ici, aux pentes des toitures,
Ecoutant l’amoureux lutiner la servante,
Et lui prêtant ton luth, afin que mieux il chante...

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Art libre!

Art libre





A peine peint
Sous les sapins
Peinture de printemps
Serein
Voici que le tableau
S'échappe:
Il farandole
Il cabriole
Il impressionne
Le quidam
Qui déglutit
Pomme d'Adam
En le voyant
L'art nous fait à tous
De l'effet
Nous interpelle
C'est un fait
Car il parle de liberté
A ne pas mettre
En chapelle
Et à ne pas cataloguer
Il faut le faire circuler
Avancez, peintres libertaires
Votre talent ne doit se taire
Exposez-vous, et que la Terre
Renaisse d'un printemps nouveau
Sous vos pinceaux!


MARCEK

Hommage au tableau de Lucie à visiter ici:

http://lespoetes.net/galeriemagique2/picture.php?/617/category/40




Il faut vivre (Serge Reggiani)

Serge Reggiani
IL FAUT VIVRE
C. Lemesle - C. Piget


Il faut vivre, l'azur au-dessus comme un glaive
Prêt à trancher le fil qui nous retient debout
Il faut vivre partout, dans la boue et le rêve
En aimant à la fois et le rêve et la boue
Il faut se dépêcher d'adorer ce qui passe
Un film à la télé, un regard dans la cour
Un coeur fragile et nu sous une carapace
Une allure de fille éphémère qui court
Je veux la chair joyeuse et qui lit tous les livres
Du poète au polar, de la Bible à Vermot
M'endormir presque à jeun et me réveiller ivre
Avoir le premier geste et pas le dernier mot
Étouffer d'émotion, de désir, de musique
Écouter le silence où Mozart, chante encore
Avoir une mémoire hypocrite, amnésique
Réfractaire aux regrets, indulgente aux remords

Il faut vivre, il faut peindre avec ou sans palette
Et sculpter dans le marbre effrayant du destin
Les ailes mortes du Moulin de la Galette
La robe de mariée où s'endort la putain

Il faut voir Dieu descendre une ruelle morne
En sifflotant un air de rancune et d'espoir
Et le diable rêver, en aiguisant ses cornes
Que la lumière prend sa source dans le noir
Football, amour, alcool, gloire, frissons, tendresse
Je prends tout pêle-mêle et je suis bien partout
Au milieu des dockers dont l'amarre est l'adresse
Dans la fête tzigane et le rire bantou
On n'a jamais le temps, le temps nous a, il traîne
Comme un fleuve de plaine aux méandres moqueurs
Mais on y trouve un lit et des chants de sirènes
Et un songe accroché au pas du remorqueur
Jamais ce qui éteint, jamais ce qui dégoûte
Toujours, toujours, toujours, ce qui fait avancer
Il faut boire ses jours, un à un, goutte à goutte
Et ne trouver de l'or que pour le dépenser
Qu'on s'appelle Suzanne, Henri, Serge ou que sais-je
Quidam évanescent, anonyme, paumé
Il faut croire au soleil en adorant la neige
Et chercher le plus-que-parfait du verbe aimer

Il faut vivre d'amour, d'amitié, de défaites
Donner à perte d'âme, éclater de passion
Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête
Quelque chose a changé pendant que nous passions



RIEN!

RIEN !

Les hommes n’en sauront rien
Nous ne dirons pas l’innommable
Les cheveux coupés et les dents
Dont l’or rendait leurs yeux brillants
Nous ne dirons jamais la faim
Malgré cette terrible odeur
De chairs brûlées, et à la fin
Cette atroce, rampante peur
Nous tairons aussi l’indécence
De ces charniers amoncelés
Nos lèvres à jamais scellées
Nous vivrons avec la souffrance
Au souvenir d’atrocités
Prisonniers pour l’éternité
Derrière un mur de barbelés !

MARCEK
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ROSE DE JANVIER

Rose de janvier



On l’espérait bien en décembre
Peut-être rose de Noël
Mais elle nous fit un peu attendre :
La voici rose de Janvier
Belle à croquer
D’un rose tendre
A rendre jaloux l’églantier !

Nina, comme tu es jolie
Rose d’amour sur le rosier
De la famille réunie
Pour t’accueillir et t’admirer !

Nina , dans la belle lignée
Des femmes qu’on te contera
Te voici dès lors protégée
Entre Marie et Elina !

Nina, petites mains d’aurore
Lèvres douces , peau de satin
Petite, si petite, encore,
Nous te souhaitons un beau destin !


MARCEK

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ORNICAR

Ornicar

Or, ce jour-là
La foule
Hors d’elle
Avait voulu voir passer
Ornicar
Condamné à mort
Pour avoir bousculé
L’orthographe !

Les belles dames
En drap d’or
Voulurent au dehors
Voir passer le cortège
Les gardes en justaucorps
Veillèrent
A ce qu’on ne leur passât pas
Sur le corps
Et poussèrent la valetaille
Sans remords…

Horrifiées
Elles virent alors
Vêtu de bleu et or
S’avancer Ornicar
La corde au cou

E ce fut l’auréole
Qui flottait sur sa tête
Qui décida de tout :
A grands renforts
De cris et de protestations
Les belles dames
Réclamèrent sa grâce
L’obtinrent
Et tinrent à amener aussitôt
Ornicar
Dans leur château
Où depuis, dans un langage châtié
Et fleuri
Ornicar les introduit
Aux délices...

De l’orthographe !


MARCEK

Clin d'oeil au tableau de Christ, visible dans la Galerie Magique du site lespoetes.net:


http://www.lespoetes.net/galeriemagique2/picture.php?/616/category/40







BONNE ANNEE

Bonne année



Au pays des merveilles, je commande l’année
L’année, l’année nouvelle que j’aimerais souhaiter
A ceux qui, sur la Terre , n’ont jamais vu la paix
Qui rêvent d’une aurore où déposer leur faix

Au pays des merveilles je voudrais de la joie
Pour ceux à qui la vie n’a pas donné le choix
Pour ceux dont la souffrance a éteint le regard
Pour tous ceux qui s’enfuient dans le train du brouillard

Au pays des merveilles j’entends des cris d’enfants
Qui ne connaissent pas, de la vie, les tourments
Que l’on aime pour eux, sans esprit de retour
Des enfants épanouis au jardin de l’amour

Bonne année à vous tous au pays des merveilles,
Et que vos mains tendues appellent le soleil :
Dans le fond des cachots, certains ont vu l’espoir
Venir sans s’annoncer, les chercher dans le noir !

MARCEK

BONNE ANNEE 2007 !


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