BONHEUR INCINERE


*** BONHEUR INCINERE ***

Un tableau noir s'est peint au sombre de tes yeux
tracé d'encre nos vies, dissolues sur ton teint
blafard a refermé la chaleur de tes mains
et brûlé ta lumière sur un feu presqu'éteint

Les cadavres de roses, amères que nous sommes
noires ombres du temps qui ont fleuries d'échardes
et du parfum d'un corps dont la folie des hommes
entre nos doigts en pleurs s'est perdue mais regarde

Le doute dont on meurt, le plaisir qui nous farde
Nos souffles qui s'envolent, soupirs chauds de l'opium
sur nos visages d'anges et cendres froides comme

nos doigts bleuis et blancs, roidis et maculés
d'animal alangui, à l'aboi, esseulé
nocturne notre vie, la lune qui t'appelle
et caresse et nous fait, fantôme à l'envie d'elle

éther à son reflet, nues nos poussières sont
balayées par le vent qui me souffle ton nom




TOURMENTE


*** TOURMENTE ***

Un papillons de haine vibrant de solitude
A battu à l’orage ses ailes qui ne portent
Plus rien d’un rêve amer que la folie exsude
Plus que sang et que chairs d’une ombre déjà morte

et le vent a froissé, distendu de son rire
le cerf-volant blessé qui lance un dernier cri
quand son dos couturé et masqué de mépris
s’est vrillé des instants que le vent lui déchire

sans aucune pitié aveuglé et meurtri
battu et retourné, cadavre vers le vide
est jeté dans un souffle. Les pleurs qui ne rident
que cet amas de chair, dépecé et flétri

le lestent de douleurs, ce cocon d’où ne naît
plus aucune espérance, son corps est déformé
et dans la boue, les gouttes, les seules à applaudir
font un concert et ne l’incitent qu’à mourir




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