MACADAME


*** MACADAME ***

J'ai dévoré mon corps aux creux des autres jours
mes entrailles glacées cisaillées tout autour
des marques noires. Mes dents découvrant maculées
ce qu'elles ont, aux tranchant de ma voix, cisaillé
et je prends dans mes bras en rire froid la douleur
anorexie mon mal, couteau, proie qui se meurt
tout au fond de mes doigts se desserre et demeure
le trésor de ma vie, un coeur las qui s'arrête
que je presse battement et mimant de la tête
le hoquet de l'enfance, la chanson des vieux jours
d'un bébé au réveil et d'un monstre à rebours
et je ris de mon mal en mangeant le silence
des autres qui me croisent et me crois en démence
et j'ai jeté si fort mes artères sur le mur
de la terre c'est un trou qui en moi se fissure
des abimes d'un corps déshabille tailladée
ma peau nue de l'humain, qu'un vagin sur des pieds
et la bave a monté, commissure qui sourit
par pitié qu'on dédaigne par amour qu'on essuie
salissure aux chiffons et rayure d'un temps
l'autrefois est un lieu qu'on oubli en mourrant
et les spasmes ne laissent de mon masque de jais
qu'un cadavre de chairs dont je suis affligée
et les gens qui n'ont droit qu'au cliché noir et blanc
de ma vie prostituée ne voient pas tout ce sang
qui s'écoule et moi folle ne fait que révérence
d'une Eros costumée arrachée à l'errance
et éteint mon ego à ma poitrine ouverte
et enflamme son vide de la vie qui lui reste
je ne suis qu'un zombie qui a peur de la tombe
une fille de la nuit qui couche avec les ombres
et la colombe au nid tressée de datura
et d'épines à la lie de son passé tuera
ce qui n'était qu'un rire n'est plus rien que l'écho
et de ce souvenir ne sont plus que des mots




AMERS REGRETS


***AMERS REGRETS***

Elle,

a remisé sa vie aux mains de ses amants
a déchiré la fleur en papier du serment

n'a plus juré devant quiconque qu'elle aimait
ce voeux païen pourtant qu'on ne grave jamais

dans la pierre dont le temps ne laisse que du sable
d'une bible où l'histoire n'est pas plus qu'une fable

elle a couché, fauchée, aux mots de liberté
mais n'y a retrouvé plus rien de sa fierté

et les enfants, regards perdus de désespoir
ont maquillé leurs rêves de ces costumes noirs

Pour un amour indu, combien de vie volées
qui n'ont trouvé leur voie aux chemins du passé

et ne l'appelle mère qu'en souvenir d'un temps
où ils avaient un père et l'appelaient maman




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