AMOUR PROPRE


*** AMOUR PROPRE ***

La vie privilégie toujours les mots d'amour
car il faut être deux pour conjuguer toujours
les verbes ennuyeux du triste dictionnaire
couverture de soie à ce désir vulgaire
de ce plaisir coupable de ne faire que pour soit
ce qui n'est pas un monde car il suffit d'un doigt




VIE PARALLELE


*** VIE PARALLELE ***

Les costumes donnés, repris et reprisés
ne font de nous que des vitrines déguisées
aux mains du maître noir du noeud de nos histoires
papillons costumés endimanchés de croire
à leur propre existence quand le vent qui les meut
n'est qu'un souffle sans fin dont ils n'ont que le jeu
et l'hélice en ses pâles aux insectes fébriles
se donne un territoire en les mouvant d'asiles
et eux s'inventent uniques, ces esclaves de chair
quand il ne sont glorieux que des passages d'air
et le nouveau se moque de l'ancien déjà mort
et ne se perpétue que ceux qui font encore
et sans cesse le tour au hasard des mouvances
ne laisse des esquisses que rêves d'existences




EPEIRE


*** EPEIRE ***

J’ai posé mon doigt fin aux soies que j’ai tirées
sentant ces vibrations de toi qui m’attiraient
et sur chacun des globes de mes centaines d’yeux
il n’était qu’un reflet qui dévorait tous ceux
que les astres donnaient à toi qui te mourrais
sur ma toile de lune qui diamant t’amourait
de ces fines fibrilles qui partout sur ton corps
t’entouraient d’un cocon pour que tu puisses éclore
entre mes lèvres noires et mes pattes où dansent
tes cris que moi j’étouffe aux fils de ma démence
et n’aspire de toi qu’un nectar qui n’a plus
que ce seul suaire blanc que je t’ai dévolu
et quand ne reste rien de la bouillie infâme
qui m’inspirait de toi en t’appelant ma femme
je délaisse la tombe qui vide au vent se meurt,
m'en retourne arachnide au fond de ma demeure




CONSCIENCE


*** CONSCIENCE ***

Qui a volé le mystère du tombeau des Roi
ne laissant que poussière au fond de leur bois
Qui n’a plus fait d’amour qu’un corps caverneux
et de notre cœur plus que veines bleues
Qui a volé ta Foi en criant Seigneur !
et fait de tes chairs un cancer de peur
Qui habille ton rire de l’acier d’un dogme
qui t’as fait vomir sur l’avenir des hommes
Qui a emporté en torrent la pluie
gravé dans le marbre le sang de nos vies
Qui a su comprendre et vendre notre âme
à cette vérité que dicte un programme
qui a su prédire comment sur ma joue
s’écouleraient mes larmes sans savoir leur goût
qui a su répondre aux mots inconnus
en volant ses rêves de savoirs voulus
et n’a plus en mains qu’un vide rempli
de vœux envolés, d’espoirs accomplis
qui n’a fait de moi qu’une seule équation
qu’une seule hypothèse, celle d'avoir raison
et moi qui la suis j'embrasse son erreur
de faire de nos vies des détonateurs
qui a fait de nous ce rien que nous sommes
et nous a appris qu'on était personne




JUSTE POURRIR


*** JUSTE POURRIR ***

Le cimetière éventré de tombeaux éventés
Se fout du visiteur et son rire édenté
de pierres dont la mâchoire s’est brisée de silence
a planté ses crocs noir sur la chair qu’on lui lance
et le marbre a mâché les restes de ces corps
et a mangé d’abîmes les déchets qu’il dévore
Les tristes désaccords qui sont fait pour lui dire
qu’une nouvelle offrande était laissée pourrir
n’est qu’un cadeau de plus que l’énorme intestin
du monstre va broyer pour n’en laisser plus rien
que des gaz, feux follets qu’il éructe et recrache
par tous ses pores cette mort, flatulence qu’il ne cache
que par les croix, ces cibles apposées sur la viande
qu’il mordille en bavant attendant qu’elle faisande
lorsque de nouveaux pas sur sa langue ont posé
leur goût de douleur et de souffrance ankylosées
Il détourne un instant son regard vers chacun
appréciant la valeur de ce qui sera sien
puis grogne et s’ouvre ; il sait que pour moi est le deuil
et son palet de glaise pourlèche le cercueil
avant qu’une dent sale ne vienne fermer le trou
commence sa salive à sourdre des écrous




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