NAISSANCE D'UN TYRAN


*** NAISSANCE D'UN TYRAN ***

Le vent a battu les battants de bois lourd
des volets qui claquant se sont ouvert au jour
Par la fenêtre immense une ombre fugitive
est passée pour finir éclipsée sous l’ogive
de la fenêtre aux verres qui ont volés soudain
ne laissant que gravas sous le grondement d’un
missile qui a vomit de ses sombres entrailles
le feu qui a mangé sans fin l’épouvantail
de ce camp retranché, d’hôpital qui n’était
qu’un tapis de mourants qu’il a exécuté
et les enfants en pleurs qui ont perdu la tête
de leurs parents qui tremblent secoué par la brouette
que les bras des restants qui sont bien souvent seuls
portent en pleure les cris qui n’ont plus de linceul
et au milieu des cendres un enfant est dressé
sur le sein de sa mère, sur son sang a versé
ses larmes et n’en a plus. Maintenant la colère
le tient droit comme son arme et sa main sur le fer
montre l’avion qui gronde et a volé sa vie
il lui faut une vengeance et ce n’est pas son cri
qui le vengera seul quand sauveuse une voix
s’élève au milieu des restes et crie "Tous avec moi !"

vengeance, vengeance souffle sur leurs traces
vengeance, vengeance il n’y a plus d’enfants
vengeance, vengeance ce ne sont que des traces
vengeance, vengeance, des traces de sang

vengeance, vengeance souffle sur leurs traces
vengeance, vengeance il n’y plus d’enfants
vengeance, vengeance ce ne sont que des traces
vengeance, vengeance, des traces de sang

tuez, tuez, tuez les tous car ils sont tous les mêmes
le pilote jusqu’à celle qui écrit ce poème
tuez, tuez, tuez les tous car ils ne méritent rien
qui n’a pleuré sur ces gravats n’est pas un des tiens
tuez, tuez, tuez les tous qu’importe désormais
tu n’as plus de repos, tu souffres car tu aimais
tuez, tuez, tuez nous tous car nous le méritons
que le sang des tes pleurs tâche ce que nous aimons
qui n’a jamais souffert ne peut jamais savoir
ce que fait de serrer sa mère sans plus d'espoir




NE M'OUVREZ PAS LES YEUX


*** NE M'OUVREZ PAS LES YEUX***

Je suis l’Etranger qui s’est perdu chez lui
spectre sans murmure marchant sans bruit
traversant les souffrances, murs de grès et de glaises
au ciment de douleurs aux linteaux du malaise
Mes pas n’ont écorché ni les rivés rouillés
ni les larmes mes joues qui les ont essuyées
et mes doigts pâles aux gouttes qui pressé clapotis
tombe au long de ma route cette traînée rubis
où le fer n’est plus rien que ces chaines à mes pieds
que je traîne en grinçant sans pouvoir les expier
quand n’entend mon fantôme au loin les chiens savants
dont la meute vers moi précipite en bavant
leurs gueules dont les crocs à l’éther de mon être
se plantent et maintiennent mon esprit sur le tertre
de ce tombeau. Infâmes et prisonniers mes membres
crispent le vide-sang, sans pouvoir s’en défendre
des maux qu’ils ont ouvert. Mes yeux cernés, folie
enchaînés aux barreaux ont hurlé dans ce lit
au carrelage où ne grince que l’auréole verte
d’un dieu maudit dont l’œil garde la porte ouverte
voie infâme et moqueuse d’où s’échappent les anges
qui eux sortent leurs pinces lentement de la fange
Ils me parlent ces hommes, ironiques ne savaient
qu’ils creusaient ma folie en voulant m’en sauver
J’étais déjà perdue à leurs entailles en croix
quand la guêpe a piqué son venin dans mon bras
moi je hurle : vous ne comprenez pas.. Je ne suis pas ici
mais eux ils ne riaient qu’au mouvement de la scie
voleur, voleur rendez-moi cet ailleurs
aux griffes de leurs doux sourires n’est que douleur
voleur, voleur laissez moi de nouveau traverser le ciment
que de vos idéaux baptisé de mon sang
vous m’avez volé. Ce que je n’ai voulu,
pourquoi devrai-je me battre moi qui n’existait plus !
laissez moi s’il vous plaît pourquoi ainsi me faire
ouvrir les yeux sur ce qui n’est rien que l’enfer
et le sang de ce monde a coulé sur ma joue
quand les lames immondes m’ont appris à dire nous




VER MAUDIT


***VER MAUDIT ***

Moi triste je t’ai cru quand confiant tu m’as dit
qu’au dessous de l’enfer était le paradis
et j’ai creusé ma tombe en écorchant mes rires
au meilleur ne voulant plus qu’espérer le pire
et de toutes ces histoires que je n’ai pas gardé
voulant me trouver laide quand l’on me regardait
espérant le dégoût, dans l’autre et son regard
ne voyant plus que mal là où n’était qu’espoir
Il ne me reste rien maintenant, j’ai l’enfer
j’ai compris mais trop tard que rien n’était sous terre
et que de m’enfoncer toujours dans ma folie
je n’avais rien gagné car tout s’était enfuis
maintenant je suis seule sans pouvoir avancer
Sachant que mon enfer n'avait que commencé
et que sa seule fin était sans doute la mienne
sous l'enfer il n’y a rien, rien que nos âmes en peine
qui ont creusé leurs tombes à l’ombre d’un meilleur
qu’elles ne pouvaient avoir qu’en le voyant ailleurs
Au dessous de l’enfer il n’y a que regret
rien que nos âmes en peines qui s'y sont égarées
Au dessous de l’enfer j’ai refermé la porte
dernière moi il n’y a rien, rien que promesses mortes




LA BAUDROIE


*** LA BAUDROIE ***

regarde. Œil laiteux, disque noir,
corps ébène et osseux, sa mâchoire
fend son sourire en lames, où tapis, ses crochets,
cartilage amer au froid de ces rochers,
lacèrent en coutures et referment le vide
de sa peau noire ébène et d’entrailles avides.
Se cèlent, barbelés, l’abîme et les viscères
du monstre qui agite, devant, cette lumière.
Quand passe un faible trait qui d’argent n’est qu’un vœux,
par ses nageoires, tourbillon n’est que vase à ses yeux
et brusque s’ouvrent alors un sillon. Est happé
son corps par le gouffre, sans pouvoir échapper
à sa vie qui s’achève. Retombent en mourant
les vestiges d’un rire maquillé de courant
et se clôture alors à nouveau la prison,
d’où elle agite encore et encore le tison.
La vase lentement retombe et fine masque
toujours mieux la chair et la peau flasque,
d’où ne naît plus qu’un phare au milieu du récif.
Il est déjà trop tard, nos rêves entre ses griffes
où nos questions ne fond qu’enterrer le mystère
dont on ne voit plus rien que sa propre lumière




HOLSTEIN


*** HOLSTEIN ***

Tu es seule gothique parmi tous les plagiats
et je veux t’imiter comme tous ceux que je vois
J’ai maquillé mes yeux de mes envies de mort
et je me donne un genre comme j’ai vendu mon corps
sans vraiment le vouloir, juste écouté mon cœur
dont je ne sais plus voir, maintenant que douleur
et comme des oiseaux qui tout fiers chanteraient
juste pour eux sans cesse mais jamais n’aimeraient
ce qu’ils ont pu produire, picorant les mourants
sans vraiment se nourrir pour se sentir vivant
sans aucun charme aimer à provoquer la peur
quand on est qu’une enfant qui refoule ses pleurs
et tacher ses poèmes en faisant de ses peines
comme un affreux drapeau tout ce carcan de haines
et puis tout ça pour quoi.. croire dominer sa fin
qui fait bien peu de cas de ces tristes pantins
que nous sommes en disant aimer la différence
quand c’est de son refus que l’on a pris naissance




CE QUI N'EST PLUS QU'HISTOIRE


*** CE QUI N'EST PLUS QU'HISTOIRE ***

Et c'est cette clôture que j’aimais à franchir
quand mes pieds dans les herbes et sans plus réfléchir
moi je courais vers toi et les brins nous frôlant
nous dansions en riant nous tombions en roulant
pour ne plus rien former qu’un seul corps enlacé
mes mains pressant ton dos tendrement j’embrassais
ton cou et puis couvert de pailles et de fleurs,
d’insectes et soleil, au feu de ces couleurs,
nos yeux ne voyaient plus que nos yeux tendrement
l’un dans l’autre nos cœurs se fondaient plus qu’amants
et ce champ était plus que l’univers même
c’était plus qu’un mot et bien plus que je t’aime
maintenant ce n’est plus qu’un barbelé de fer
que cette clôture où, moi je revis l’enfer
du souvenir de nous, de tes yeux et des miens
le champs n’a pas changé mais il ne change rien
au larmes de mes yeux qui se perdent sans voir
ce qu'ici s'est passé et qui n’est plus qu’histoire




SAINTS ENTERRES


*** SAINTS ENTERRES ***

Des gouttes sont tombées sur les noires allées
de ton antre où se dresse les âmes empalées
dont la détresse n’est que ce cri qui n’a plus
que ce filet carmin pour mendier son salut
et les hères aveugles ont mangé le silence
et accroché leurs maux au mot de pestilence
faisant vibrer près d’elles les nuées qui découvrent
la prison de leur corps qui lentement leur ouvre
une demeure roidie plus blanche que le marbre
sous laquelle prend vie lentement la peau glabre
car les crocs de la grotte n’ont pas broyé leurs os
qui gardent cette emprunte de ce qui était eau
et n’est maintenant plus qu’une poupée de cire
dont la bouche s’est tue en soufflant l’avenir,
que la pierre grondant au dessus, sous les pieds,
de ceux qui la creusant cherchent qui vous étiez,
parfois fait trembloter comme un vieux souvenir
vos dents s’entrechoquant comme en voulant leur dire
qu’il vous a bien reçu et pas plus de regrets
que le soleil soit loin quand il n’y a plus d’après
et pas plus de regard de ces creux vides et froids
qui un jour furent vos yeux et cette nuit ne soient
plus que ce morne appel, obscur tombeau de chair
que le puits de vos âmes que les temps vous fauchèrent
et parfois tu avances, toi sans voir leur trépas
ou tu pourrais le faire toi qui n’existe pas
et qui tient dans tes mains les globes arrachés
aux fils de tes doigts où ils pendent attachés
ceux qui n’existent plus et toi de ces décombres
de leurs sourires, tu joues en leur donnant ton ombre




LES PASSES D'AIMONS


***LES PASSES D'AIMONS***

J'ai perdu le jais de tes yeux dans l'ombre de mes nuit
tes mains ont disparues aux mots de notre ennui
Nos doigts pâles n'ont plus qu'un squelette abandon
quand elles parcourent nos peaux au froid de leurs tendons
Tu as perdu ma voix aux hurlements du vent
Je n'entends plus que toi et cet amour d'avant
J'ai creusé de mes peines un sillon qui lacère
un creuset de passion.. mais ces passions passèrent
la terre n'a rien voulu, elle n'a rien retenu
l'eau de nos souvenirs a bercé nos peau nues
jusqu'à ce que ridées, noyées de ces regrets
nous n'ayons plus rien d'elles qu'un avant cet après
et que nous ne séchions l'encre de nos mémoires
qu'en enlaçant nos corps inutiles semoirs
d'où ne germera rien que le mal en racine
dont la bouture a prise en nos âme assassines
La rigole où verdit ce futur envasé
n'est plus qu'un voeu croupi qui nous a arrasé
et de nos pieds baignant dans la mare de nos vies
on pourrit en sachant que c'est sa seule envie




NOTRE PASSION


***NOTRE PASSION ***

Deux âmes égarées sur ce pont pourchassées
par les ténèbres qu'elles avaient cru bon d'enlacer.
Blanches, en la fumée du monstre se détachent
leurs peaux, noires leurs mains ont la cendre des lâches.
La plus jeune était belle, je le sais comme je t'aime
quand l'abîme a jeté et mordu la bohème
de nos vies, fait trembler les fondations de plume
que nous avions bâti pour combattre l'écume
qui perle de la gueule infâme et dévoreuse
de notre bonne amie, notre manie faucheuse,
nos doigts ont basculé. Dans l'abîme est-ce ta main,
est-ce tes os que je serre, en pleurant, dans les miens ?





SERVITUDE


*** SERVITUDE ***

Transportées, enchaînées sous les roues tractopelles
sont les traînées en V d'une vie éternelle
Les esclaves d'argile au manteau de poussière
ont des larmes de suie sous leurs ombres de pierre
écorchées du labeur, paysan ne leur offre
que les grains de poussière qui retournent à leur coffre




SANG VIOLE


*** SANG VIOLE ***

Dans l’ombre de ces murs aux sabots noirs fendus
esquisse sa figure une faim défendue
en tressaillements d’ombre exhalent ses naseaux
des râles de fumée qui font fuir les oiseaux
sa gueule est une grotte et sa gorge sans fond
ne souffle que la forge et vomit au plafond
des flammes qui ne lèchent que ma face et de haine
il ne griffe et ne sèche que mes joies et mes peines
ne laissant d’elles que cadavres sans coquille
où le mal être même n’est qu’un phare qui ne brille
que dans ses yeux de braise et les miens sont sans vie
cataracte de glace aux fantômes assouvis
château d’un autre temps où les murs sont de lave
et ne versent leurs douves que des torrents de baves
acide lorsque ta peau se repaît de mon corps
mordant et déchirant ce qui devait éclore
ne laissant de ma fleur qu’un bourgeon noir flétri
bouton n’est que verrue aux vents mordant mes cris
de vierge dont le corps est plantée sur sa croix
dont il ne reste plus que du sang sur mes draps




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