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CARESSE


*** CARESSE ***

De ses yeux prisonnier l'astre lune qui luit
fendus de larmes noires qui les griffent de nuit
regarde et mon reflet en eux se fait lumière
quand ils luisent aux feux de mes sombres prières.
Sa patte en jade agile à posé sur ma peau
laiteuse ses coussins qui masquent les couteaux
qui saignent de sillons, mes doigts qui sont perdus
dans l'abîme et le soir où ils ont disparus,
sous la fourrure au jais qui ceint son corps si fier,
me toise le félin et n'offre que mystère
à mon âme et la berce en doux ronronnements
pour me faire avec grâce, cadeau de ce moment.




MOUROIR


*** MOUROIR ***

Une fenêtre sale aux pluies de tant d'années
Un papillon de soie, pattes en duvet blanc
bat de l'aile et bourdonne en écrasant ses flancs
près d'un vieux pot de fleurs dont le temps a fané
la couleur. Fausse rose, abimée, pauvre soeur
comme lui de poussière, son plastique se moque
du piège dont la glace ne vibre de ses choques
Se bat, triste combat au miroir oppresseur
l'insecte dont la lutte a grondé puis s'arrête
à la plainte du mur où il heurte sa tête
sur le dos tente encore d'attrapper de ses pattes
le froid hublot de verre que convulsif il gratte
et puis meurt tas blafard dans un coin replié
entre les mégôts gris et les déchets d'un soir
sa lumière passée est maculée de noir




DESTINATION FINALE

*** DESTINATION FINALE ***

Celle qui n'avait pas de prénom a fait graver sur ma peau pâle
un peu des mots qu'on ne lisait qu'au tréfond de ses yeux d'opale

Elle qui avait des larmes telles qu'elle pouvait inonder mon coeur
battre ma peau, laver ma vie, m'emmêler l'âme entre ses pleurs

Celle qui n'avait pas de famille et à qui j'ai donné la mienne
un peu du bonheur qui ne brille que lorsque ma main et la sienne

ne formaient qu'une seule étoile, le centre de notre univers
nos doigts refermés sur le noir, d'où ne naissait que la lumière

Lorsque son âme à mon chevet me faisait aimer l'existence
de cet amour dans nos regards, de cette vie en sa présence

Celle qui avait ces imbéciles et se payait de leurs pulsions
pères de familles se soulageant avant d'aller à la maison

embrasser leurs fils et leurs filles, l'embrassaient elle un peu partout
en remplissant le vide dont eux, ils ne percevait que les trous...

que l'on pansait de nos deux coeurs au bandage de notre bonheur
en leur faisant dès qu'ils partaient, avec plaisir, des bras d'honneur

et puis moi je t'avais promis un long voyage en amoureux
j'y avais perdu un ami mais gagné de l'argent pour deux

mais il a fallu que tu tombes ce soir d'hiver sur ce taré
que j'ai trouvé avant les flics.. qui a souffert.. mais pas assez

Toi qui n'avait pas de prénom, à part celui du souvenir
que je revois de la prison où se pourrit mon avenir

Nous qui n'avions pas d'autres rêves.. que d'être heureuses et pour toujours
Nos dernières paroles s'achèvent sur cette croix d'un autre jour..

que j'imagine de ma cellule, où je voudrai bien te rejoindre
et les billets pour ce voyage eux ne manquent pour t'atteindre..




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