Et si tous les poètes étaient pilleurs de tombes
Leurs gorges de corbeaux écorchant les colombes
Heureux de découvrir dans le corps de martyrs
des joyaux, des trésors dont ils font leurs satyres
Saignant des mots si froids sur leurs pages de glaces
piochant sourd aux regards, perorant de la masse
Charognard orgueilleux, parasite inutile
qui jouit de son savoir comme l'idiot malhabile
pourrait dire qu'il joue, aussi bien de ses cils
Ne lisant rien des autres et se voulant sibylle
S'appuyant sur des morts, se plagiant entre frères
et rêvant de coucher tous les maux de la terre.
en voulant de leurs plumes soulever cette dalle
qui doit bien leurs cacher les restes du saints Graal
exposant leur folie, leurs douleurs et leur doutes
en voulant partager comme on montre ses croûtes
Les poètes sont des sourds qui sont muets d'exister
qui ont cru que l'amour et la vie s'écrivaient
Les poètes sont des fous que tous les saints rebuttent
croyant mener combat mais c'est contre eux qu'ils luttent
Voulant domestiquer la vie dans leurs cahier
au point de ne plus être que des pages en papier
 |