GERMAINE SANS HISTOIRE

*** GERMAINE SANS HISTOIRE ***

Ouais elle s'est barrée mes yeux..
Et elle m'a boulet le coeur
Un regard de travers et un pied en demeure
Un gros poing sur mon nez
Un point final d'ailleurs
C'était bien terminé
Ça fait mal et j'ai peur
T'es vraiment qu'une ordure
Et puis c'est moi qui pleure
Si tu crois que c'est dur
Et que c'est moi qui meurs
Fais bien gaffe ma jolie
Toi que j'appelais ma soeur
Une griffe sur ton lit
et ta rancoeur ta baffe
tout juste après l'amour
c’était pas une farce
même si ça tourne court
tu voulais qu'on le fasse
mais on m'appelle folie
et tu sauras pourquoi
non, personne , jolie
personne ne me jette moi
Un sale chat dans les pattes
miaule j'en fiche un cou
mais moi j'avance pas
moi je pensais à nous
c’est glauque ça pue dehors
ça sent la pisse, la mort
moi j'ai la robe usée..
le mal de l'abusée
oui satan m'a baisé
mais c'est pas terminé
satan aussi il me connaît
ça fait longtemps que j'me l'suis fait
tu m’entends ? derrière tes vitres
sûre que t’es là.. quelque part
à me voir vaquer seule dans le noir
tu m’entends..sûr que tu ris
que tu ris de moi dans le soir
à faire la pitre au milieu des poubelles
sûr que tu ris pucelle de me voir ainsi..
je prends.. une brique je la balance..
raté mon coup.. t'as de la chance..
claque.. tombe sur le pavé..
j'ai la main pleine de sang séché..
bizarre..
j'ai mes cheveux blond dans les narines
qu'au moins il me bouche cette odeur..
de latrine
y'a un gars glauque qui me regarde..
et un vieux poivrot qui écluse sa bibine..
s'ils me suivent je leur coupe les..
un pigeons passe, ce qu'il est laid..
lui manque une patte..
moi j'aimerais bien..voler..
j'ai encore ta sueur sur ma peau..
le grain de ton corps me gratte
je te jure que si..
je me retourne mais je suis trop avancée
dans la nuit..
tu n'es plus là.. ni ton appart'
il n’y a même pas la lune,
pour éclairer mes idées sombres
tu m’entends la brune..
moi je baise avec ton ombre.
tu m'entends ?.. tiens j'ai des tâches..
grenat sur ma robe..au réverbère
je frotte mais ça part pas..
ma soie berbère ne me lâche pas !
pas toi en plus..déjà hier..
moi qui croyait avoir trouvé..
de l'or.. de l'or dans mes souliers.. je marche, une crotte de chien..
la vache c'est dégueulasse, et puis je n'y vois rien
mamie disait que j'ai des yeux vert d'olivine..
si elle était aveugle..à quoi ça sert
mine mes heures, mais arrive enfin..
au port..les bateau dansent.. dans les lumières des bites
éclairent le corps d'un marin qui dort,
sale cuite..
j'avance vers l'eau.. sent la marée..
envie de vomir.. c'est pas vraie,
vomis dans les poissons,
le sel de mes regrets plus que notre passion
pique la bouteille au matelot dormant
regarde le couchant.. la bois la boisson poison..
qui m'emmène.. oh qui m'emmène si loin d'un monde..
dans un univers au ballet ou la beauté chaque seconde..
éclate en bulles de savon.. sirupe le long de mes yeux clairs
au bas de mes joues qu'elle berce de lumière..
de bonheur heureux.. de chat caressant mon corps de sphinx
à l'écueil de mon buste, au firmament du flot inondant mon larynx
j'ai les doigts s'égarant sur le matelot dormant,
prends peur, se réveille et bascule, pas dans le rêve..
dans l'eau plouf du doc pétrole
reprends mes esprits souris folle...
reprends la bouteille danse sur les quais...
adieu ma soeur.. à ta santé..
adieu.. mon amour je te hais
vieille pouf...
le marin surgit.. dégoulinant de flotte..
un chapelet d'algues autour du cou..
je rote... lui au regard..fou
puis tout à coup...
tout s'effondre ma machoîre..
quelle fût donc la fin de l'histoire




FLEUR DE LAITUE


***FLEUR DE LAITUE ***

Quel jour est-on, aucune idée.. Quelle année et quel mois ?

Les oiseaux ont posé leurs pattes aux barbelés
qui entourent mon coeur et la cour encerclée.
Ils ont chanté pour eux et se moquent de moi..

Quel jour est-on ? Quel jour est-on ? Je ne sais pas...

Le geôlier me regarde, moi je vois les oiseaux
Je ne suis pas un saint..au moindre doute il sait
Le geôlier me regarde.. il ne voit que barreaux
qu'il tuera l'assassin qu'il emmène pisser

Les trois moineaux s'envolent, en pépiant, libres tournent
au dessus des menottes et des chaînes d'acier
qui se dressent en grinçant sur le sol sombre tourbe

Quel jour est-on ? Je ne sais pas.. et mon bandeau me gratte
cet oeil n'est plus bon qu'à pleurer..la vie est plate

Il y a toujours un pissenlit qui a poussé comme par hasard
entre l'enfer de la prison et cette terre en désespoir

J'avance encore.. cabane miteuse en triste bois
Gravée de rêve et de prières que je ne vois
Pousse la porte..puanteur infecte de ma vie
est écrasée à son passage la fleur sans bruit

Disparaît referme la porte et mes doigts sous la cuvette

Quel jour est-on ? Quel être est-on ? Quelle mort a-t'on ?

ressort lame d'argent, couteau logé sous la lunette
le fait danser dans mes poings liés, pense au maton
pense aux oiseaux, pense aux barreaux de la prison

ouvre la porte




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