LA VOYANTE


*** LA VOYANTE ***

Creusée d’un monde et laide, sa gorge chevrotante
Traînant sa canne à l’aide, aveugle la voyante,
Lit la paume si douce que la fille a posé
Dans sa main. Le vieux pouce et sous sa corne usée
suit les folles lueurs d’orbites sans diamant
aux grès de la pucelle, égrainent ses amants

Et dans cette cabale, entre ses regrets clos
Entrevoit de voler le mal à ses dieux faux
Son ongle à l’os agile, au clair de la peau pâle
Se charge de sa bile, et la fin virginal
Promet à la donzelle un destin fabuleux
Alors que l’avenir se tient devant ses yeux




VIE POTABLE


*** VIE POTABLE ***


De la vapeur qui se condense,
plus que des larmes de souffrance
Sur le miroir taché de sang
s’est écoulé son pleur d’enfant
et le reflet de ce passé
où ont glissé ces doigts glacés
a pu figer de son image
le regard triste et sans visage
de la femme aux brumes d’un bain
dont la chaleur lasse les mains
ne masque plus le marbre froid
ou l’eau s’écoule entre ses bras
fait un murmure à l’abandon
de ses regrets que nous fuyons
et vient sous la plainte des portes
triste sanglots d'amours mortes
maudire le monde d’être si seule
et s’écouler de son linceul
pour dire que ses mots sont perdus
la source, lasse, qu’elle n’est plus




INTOUCHABLES


*** INTOUCHABLES ***


Les enfants Dali se traînent et hurlent
Maudissant la vie qui toujours les brûle
Et séchés d’erreurs, racornis de haine
Ces amas de chair au bout de ces chaînes
Membres qui se tordent, monstre grimaçant
Figure d’un sourire horrible du temps
Ont leur peau tracée de couteaux de glaces
De peurs insensées tailladant leur face
Et leurs dents brisées en forêts immondes
Plaie déracinée, dévorant le monde
Grincent de ne savoir déchirer d’un cri
Le silence sans fin qui toujours les suis

Le tissu qui bat, au vent de leur souffle
Ne les masque pas, comme leurs yeux qui souffrent
Et de ces humeurs, la meute des ombres
a souillé les fleurs avant de les tondre
Au milieu des restes un rire en écho
A figé leurs gestes, en montrant leurs os
Et tous retournés vers le vide immense
Leur rire insensé, infâme ensemence
La nuit qui éclate en sanglots de pluie
Heureux tous ses morts découvrent le bruit

Et chacun se gorge et gonfle son corps
Des larmes qu’ils piègent et gardent en trésor
Baudruches vomissent à chaque nouveau pas
L’illusion qu’esquissent mais ne cachent pas
Les cadavres noirs d’une nature pourrie
Au fond de regards toujours pas de vie




UN NOUVEAU MESSAGE


*** UN NOUVEAU MESSAGE ***

Deux milles réplicats pour une seule idée noire
Des millions de constats comptant comme un milliard
Des années de données, s’accumulent et meurent
Dans le vide insensé d’un seul mot qui demeure
quand tout est balayé sous le fardeau pesant
D’une seule vie qui s’effondre et m’écrase en tombant
Sur ce message infime, un mot dans le silence
Un rien dans l’univers, un appel en absence
Et l’infâme que nous fîmes, l’éternité de croire
Au bonheur que nous prîmes, en devient dérisoire
Et il résonne en moi, pour dévorer d’échos
ce vide qui avant prenait vie de tes mots




VIE POTABLE


*** VIE POTABLE ***

De la vapeur qui se condense,
plus que des larmes de souffrance
Sur le miroir taché de sang
s’est écoulé son pleur d’enfant
et le reflet de ce passé
où ont glissé ces doigts glacés
a pu figer de son image
le regard triste et sans visage
de la femme aux brumes d’un bain
dont la chaleur lasse les mains
ne masque plus le marbre froid
ou l’eau s’écoule entre ses bras
fait un murmure à l’abandon
de ses regrets que nous fuyons
et vient sous la plainte des portes
triste sanglots d'amours mortes
maudire le monde d’être si seule
et s’écouler de son linceul
pour dire que ses mots sont perdus
la source, lasse, qu’elle n’est plus




PAP'AILLON


*** PAP'AILLON ***

Las, tout autour du phare les vagabonds errants
Veulent pénétrer la gare de leur lanternement
Les papillons usés aux ailes défraîchies
Grises ombres abîmées se sont saoulées de lie
Dans le ravin crasseux des élytres qui saignent
Montrent les vrais cadavres qu’on dit des fausses peines
Car nul n’est carabe, chacun range en son sac
Maculé de sa fange, défraîchis anoraks
Et cachés parmi tous les déchets d’une vie
Au fond tout en dessous, un scarabée s’enfuit
Les gendarmes rougeauds, masque noir et leurs glyphes
S’amoncellent à l’abri pour bousculer, chétifs,
les malappris malheurs qui souillent la vision
D’un paradis sur terre, ces rebus de nations




DEIFIE MOI


*** DEIFIE MOI ***

Plus mes textes sont beaux et moins vous les aimez
au jardin des idiots on prise son reflet

Mes écrits sont divins, la critique des hommes
est un grand vin goûté par des bêtes de somme

C'est le nouveau qui naît et l'ancien qui refuse
en renâclant borné, ma beauté qu'il accuse

Baudelaire en poussière et Rimbaud sont heureux
d'être morts pour me plaire, médiocres vaniteux

Inégalée, sublime en refermant leurs tombes
à coup de rimes où n'est que fiente de colombes

qui n'habille plus d'eux qu'un deuil en formulaire
récitation bornée d'un orgasme scolaire

et les feuilles longues qu'on peine à ramasser
d'écrits qu'on parachève de ces fantômes usés

ne laisse apercevoir que ce dernier message
d'humanité stupide qui ne voit le passage

d'une femme génie, filante solitaire
dans les affres infinies que le fade veut taire

Restez donc à vos pierres tombales les enchaînés
la beauté n'est sur terre que pour être damnée

Gardez donc vos crayons, coloriages enfantins
quand moi je vous offrais le monde de ma main




BAGUE D'JACK


*** BAGUE D'JACK ***

Au fond de mon enfer il est minuit passé
J'éventre la prison qui fait de mes pensées
Un gros shaker de rêve le rire qui m’éviscère
Remonte mon sternum et racle mes artères
Gribouille et repeint tout d’un gros postillon noir
Il est minuit passé et d’Jack est en retard




LUNE ROUSSE


*** LUNE ROUSSE ***

Au travers de ce ciel à poil sous ton pelage,
Je t'entends me dire nous, prédateur, mon visage,
Sur nos corps éclairés aux stores qui nous dessinent
Laisse nos peaux marquées de l'amour que nous fîmes

Et nos côtes saignées brusquement se sont ceintes
Et ma bouche est la gueule qui me hurle ta plainte :

Miroir maudit, miroir, mensonger qui luit d’or
Messager soit maudit ! Non pas encore !

Un cri dans la nuit, chasse les bêtes qui regardent
Lèvent leur musque froid et sur moi meute darde
Le meurtre d’un passé, le présent qui m’enferre
Transforme monstrueux, mon âme en meurtrière

A genou. Tu relèves, crocs qui hurle ta fièvre
Tu dévores la louve, et m’écorche les lèvres
Chien, je m’arrache enfin de toi, ton cou maudit
Chacal a fait de nous, la bête que je suis !

Hurlant tu peux crever, je ne pleure plus de rien
La nuit s’est déchirée, la lune levée, mes mains
Sont des griffes qui se terrent, lacèrent et se débattent
Bonheur abjecte qui s’enfonce et se rétracte

Et sur ma gorge, livre, la salive moqueuse
a fait de moi charpie, un monstre monstrueuse

et le regard des spectres, Munch mimant l’horreur
ont caressé ma tête, en jetant ta carcasse
ont vomi les rimeurs, à l’aveugle grimace
et me tenait en laisse leur collier que j’emmerde

La maison est détruite, le monde est raturé
Toute fuite rebute le prédateur. Ecorche
aux grilles qui l’encagent chacun de ses reproches
le lit minable et froid où on l'a capturé

la pute sans lendemain qu’il sera, qu’il l’était




TOUT A TOI JE NE SUIS PLUS


*** TOUT A TOI JE NE SUIS PLUS ***

Ô doux, tigre du Bengale
A mis sa bouche grise
Et sa gorge animale
Sur l’aube de mon sein

Ô doux souffle tamise
A l’aulne ce refrain,
des cigales, m’a mise,
en ton coeur et ta faim

Ô doux souffle me livre
Ramène et me ravit
Ranime et me rappelle
L’envie vaine de vivre

Ô doux tigre du Bengale
A toi sous l’orge prise
je m’égorge fatale
Froide morte et promise

Ô doux souffle s’est teint
S’éteint et en mourant
Teinte le chant des chiens
La prairie de mon sang

Ô doux souffle prisé
Cadavre, morte et belle
Moi mordue mais brisée
Tu me dévorais d’elle

Ô doux tigre royal
La meute se rapproche
Hyènes-t'en riant pâles
M’écoeure quand tu m’écorches

Ô doux souffle tu sais
Qu’à ton souffle l’émoi
C’était moi qui fuissais
Mais je te fuyais toi

Ô doux tigre du Bengale
Gravé là dans mes chairs
Dévore moi l’image
Et reflets que j’enserre

Ô moi,
femme et feu de Bengale
je suis là pour te plaire
dévore moi j'ai mal
s'il te plaît pour te plaire




EXSILENCE


*** EXSILENCE ***

Y’a pas d’histoire sans ombres et pas d’ombre sans rire
Qui fracasse en secondes les espoirs que l’on mire
Y’a pas d’homme assez fort pour porter son absence
Pas de mort assez belle pour pourrir en silence

Y’a pas de peau qui savent la douleur qui te tue
Pas de cœur assez chaud pour brûler tout ce pue
Y’a pas d’autres moyens et pas d’autres façons
Y’a pas d’autres douleurs que d’aimer sans raison

Y’a pas d’autres blessures pour brûler d’ignorance
Que cracher les gerçures de sa propre existence
Y’a pas d’autres rengaines, y’a pas d’autres renoms
Que les autres sirènes qui copient et se font

Y’a pas d’autres présence qu’un cliché à la chaîne
Les ratures imprimées, différents de nos haines
Y’a pas d’autres regards que la tache que nous sommes
Perpétue, usinés les tirage que l’on gomme

Y’a pas d’autre regard que le tien dans la glace
C’est le monde qui se tient, aligné, sur ta face
Y’a pas d’autres modèle que le tient qui pourrit
Dont je vais accoucher, pour mourir avec lui




MACHINE


*** MACHINE ***

Marche à l’envers dans les sentiers battus
Marque l’éther de cette terre mise à nue
Marche à l’envers, cette fatalité me tue

Les crocs crissant, raclant, crache à l’enfer terni
Lèche le sol pour faire de la poussière, la suie
Regarde au bas de ces miasmes veineux berbères
La folie sombre n’est qu’échardes de lumière

La scie d’avant arrière, couperet les entaille
Le sang, le son du bois dans mes propres entrailles
Des gens aux gueules qui s’écarlatent gîtant
Eclatent les, embrasse juste un foré de dents.




LES QUATRES PRINCESSES D'ALU ET D'ACIER


*** LES QUATRES PRINCESSES D'ALU ET D'ACIER ***

Ceindre leurs lèvres fines d’un anneau de métal,
Se perdre dans les yeux des filles de Nerval
Et dans le feux qui luisent à cet océan, loin
Rêver seule, qu’elles me disent, les mots que je retiens

Se perdre à cette obole, des danses inconnues
Ces peaux que nos paroles, peureuses ont parcourues
Attendre de ce rire plus que ceux qui m’embrasent
Le chanvre de leur jeu, qui m’attise et me toise

Se perdre d’un regard qui s’esquive en disant
Plus d’un millier de maux qui dérive à présent
Deux mondes se rencontrent pour ne pas se toucher
Deux ombres qui s’affrontent, pour ne pas s’approcher

Et Babylone entoure aux yeux d’ivoire obscur
Les lourdes religieuses aux cœurs qui se fissurent
Et tout s’envole autour, se moquent de ces livres
ne laisse à contempler que beauté qu’elles me livrent

Leurs yeux sont des histoires se lisant sans paroles
Et moi de n’être pas perdue parmi ces folles
Je reste pendue là, sans regarder la mer
En rêvant qu’elles le soient à mes lèvres de fer




CONDAMNEE


*** CONDAMNEE ***

Mots tendres véritables
Mon chanvre se complet
-t’à la si grande table
A la lascivité

Mon tendre carcéral
Remue les heures envieuse
Qui me brûle et m’éclate
Aux balles orgueilleuses

Hume l’odeur austère
Du cancer en mon sein
Et les maux de ces pères
Sous mes ongles de chien




PLAGIEZ MOI


*** PLAGIEZ MOI ***

Vacance de talents, s’il vous plaît plagiez moi
Je suis nue, je vous le demande, s’il vous plaît plagiez-moi

Enlevez moi mon âme et puis prenez mes noms
Enlevez moi l’infâme des mots de mes visions

Vacance de talents, nager pour se suffire
Noyez vous des démons que mes mots n’ont su dire

Enlevez moi pour vous, schizomeurtissez tout
Détruisez-vous dévots qu’à défaut on dévoue

Prenez mes mots, pendez vos pseudos sous ma haine
Tranchez vous d’être aimés en me suçant les veines

Complaisez-vous amis d’un merci pathétique
Sous des tonnes de lie mes humeurs syphiliques

Se tairont d’un sourire du crâne pesteux qui dort
Pour qu’on le sodomise en riant d’être mort

Vacance de talent, pendus parasitaires
Prenez mes maladies, sangsues perdues sur terre

Donnez moi des enfants qui légions brailleront
D’avoir pour seule mère les défauts de mon nom




LE MÂCHEUR DE CAILLOUX


*** LE MÂCHEUR DE CAILLOUX ***

C’est toi qui pleures, enfant, tu mordais la lumière
Maintenant de douleurs, entre tes dents : la pierre
Tu vomis à regret, l’eau vive que tu craches
Des mots tordus basculent comme tes os quand tu mâches]
Pénombre qui se meurt, soleil d’un œil éteint
Ecornée ridicule, flaque avide se tient
Près de ta peau usée, boue n’habille visqueuse
Que tes lèvres gercées, pourries d’odeur envieuse
Et les pores enherbés dont tu griffes la gangue
Pathétiques ont glissé leurs racines en ta langue
Et te tiennent muet, murmurant et muré
Aveugle solitude à ta figure aurait
Bien laissé signature si n’était sur ta face
Déjà plus que blessures que plus rien ne t’efface




IL ETAIT UNE AUTRE FOIS


*** IL ETAIT UNE AUTRE FOIS ***

Chrysanthème au matin ne peut rien y changer
J’ai vomi dans mes mains. Qui peut donc me sauver ?

Tu rigoles et tu joues en entendant l’aveugle
Qui se médit de nous ? C’est le troupeau qui beugle !
Et dans le regard fou du gardien, les brebis
Bêlent et bêlent encore suppliant dans la nuit

La pierre sur mon visage ne peut rien y changer
Quand cesseront ces cris ? Qui peut donc me sauver ?

Les soldats ont tiré le fer d’un monde en rut
Sourire et regard mort de souvenirs en lutte
Et toi qui vient pleurer sur le caveau glaciale
A tes mains que des os et ces bouts de pots pâles
Le bétail est passé, la tombe est seule au pied
D’un arbre qui se tord en entendant tonner

Le berger est parti et la pierre est fendue
La pluie traverse et berce nos restes mis à nus

Le berger est parti, ton rire s’éteint avec
Nos peaux parcheminés, ridées de cœurs à sec




MEPRISABLES MORTELS


*** MEPRISABLES MORTELS ***

Moi je suis immortelle, alors je peux en rire
de me complaire ainsi, vous regarder pourrir
Vous têtus animaux, grattant la terre, de peur
de ne pas laisser là, balafre de vos coeurs

Moi je suis immortelle, alors je peux vous dire
saigner sur le papier, n'efface pas "mourir"
pas plus que tous les mots que vous gravez de plume
comme l'aveugle croirait voir mieux quand il allume

Et moi me moque encore des courses contre la mort
le seul jeu de la vie qui les fait vivre encore
la douleur minimale pour le plaisir immense
de souffrir animal jusqu'à la délivrance

et vos gènes se rient d'avoir créé machines
si gonflées de survie et bouffie d'héroïne
que chacun de vous garde sa sous-vie en trésor
sous le vide infini vous vivez comme des morts !




NECROMANTE


*** NECROMANTE ***

Couchée avec la mort j'ai bu son souffle humide
qui pénétrait mes reins de ses relents putrides
et j'ai léché ses doigts aux relents d'os jaunis
m'a fait dresser les seins et ma peau dans sa suie
Je l'ai laissé glisser, au fond de moi, saillante
son cartilage épais, de ses ongles, assaillante
et caressé désir du calcique thorax
qui m'a fait jouir encore et mordre le climax
Au creux de ses yeux vides j'ai promené mes mains
caressé leur abîme, prenaient vie dans les miens
et l'orgasme montant, ses dents noircies d'amour
en filets verts et gris laissaient à leur parcours
l'excitation jouissive qui m'enfonçait charnelle
couchée dans ce cercueil et me glissait en elle
et mon souffle accélère, mouvement convulsif
soudain me manque d'air à tel plaisir jouissif
et figé sur un rire imbécile et moqueur
mon crâne à son image, se teinte à sa couleur




SANS GENIE


*** SANS GENIE ***

La femme honnie n’a plus d’amant
chevet serti de ses diamants
au lit défait sa main resserre
le goulot froid d’un autre verre
et ses yeux bleus larmés d’amour
ne brillent plus à nouveau pour
un autre reflet dans la glace
qui seule renvoie, moqueuse, en face
le triste portrait d’agonie
d’un mauvais peintre sans génie
là dans le champ de ses draps morts
elle se prend à s’éprendre encore
mais tout n’est plus que parodie
Sur le tableau, seule, elle vomit




REPAS FROID


*** REPAS FROID ***

Le monde est mort sans qu’on le sache
plus que pas d’ombres sur les marches
Les détritus volent et tombent
Dans le silence soufflant des tombes
Et dans les rues sifflent et claquent
De vraies affiches, de fausses marques
Partout que lampadaire éteint
par ce vent froid qui n’étreint rien
et sur les pavés qui soupirent
usés, lustrés, notre avenir




ENCHAINEE


*** ENCHAINEE ***

Minable égérie, pauvre fillette aigrie
Défile enflammée, souillure que je suis

Viande embrochée tire sa chaîne et supplie
Bravo bravo joli coup et la foule applaudit !

Misérable déesse croyant être immortelle
Pas de la haine… oh non la haine est bien trop belle !

Là dans la cage immense, on jette en jais de pierres
des poèmes et la boue croyant la rendre fière

et moi baisant la terre, gisante à mes genoux
mon image… prostituée comme je le suis pour vous !

c’est pour toi mon amour que j’ai violé ton cœur
que j’ai écrit pour nous, pris pour moi, "quoi ?" tes pleurs... ]

pourquoi ! Tu veux que je sois fière de ma vie explosée
jolie plume ! Ah bravo ! Que j’aime ta joie crevée

modèle exposé là comme un monstre affublé
de toutes les tares du monde, toi je t’aime la tarée !

Mais gardez donc vos mots que je cherche en hurlant
Chacuns à vos tombeaux et chacuns les fuyants !

Laissez moi là sauvage ou croyant encore l’être
Pourquoi vous m’exposez à ma prison de lettres ?

Laissez moi mes barreaux que je me tue contre eux
Laissez moi ! Je vous hais ! Vous me sciez avec eux !




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