Avril 18,2009, 11:53 pm
70 ans !
Soixante-dix-ans ?
Pas possible !
La vieillesse me prend pour cible
Ronge mes os si douloureux
Mes pieds meurtris,
(Les pauvres vieux
Aux épines calcanéennes
Depuis 15 ans sont dans la peine 
Lors, j’appelle de tous mes voeux
Un magicien qui me ramène
Mes jolies jambes de gazelle
Mon pied menu de Cendrillon
(Tant pis ma foi pour les haillons 
Courir à la claire fontaine
Des ans légers
Dans un bruit d’ailes
Et pour une seule journée
Se sentir un corps si léger
Ployer le cou tout comme un cygne
Sans qu’il ne craque et ne s’esbigne
Plier les reins sans lumbago,
(Cruralgique, va , vieux Lego 
Tourbillonner dans une danse
Sans s’essouffler
O remontrances d’un coeur
Qui palpite et qui geint
Sous le poids de tant de matins !
Mais que dis-je,
Suis-je à me plaindre
A radoter, à pleurnicher
Alors que tant sont dans la tombe
Partis au royaume des ombres !
Honte sur moi
Et sur mes mots
Faisons dérision de nos maux
Oublions toutes nos galères
Et soufflons une humeur légère :
Autour de la table, en ce jour
Je rassemble tous mes AMOURS
Aujourd’hui la vie sera douce
Car entourée de tous les miens
J’oublierai mes pieds et mes reins !
Marcek
Avril 17,2009, 12:34 am
Parti-pris de bonheur : Avril
Le vent bouscule les nuages
Le printemps me chavire encor
Quand il plante là son décor !
Avril trotte sur les chemins
De la vie où il me vit naître :
Je devrais pourtant le connaître !
Quand il s'arrête en mon jardin
Où s'entend le remue-ménage
De tant de bourgeons et de fleurs
De tant d'oiseaux et de couleurs
De tant de pluies et d'arcs-en-ciel
De tant d'aubes au goût de miel
J'ai le sang qui monte à la tête
La vie me chante un air de fête
Et soudain, je me sens si bête
D'être comme un petit enfant
Qui batifole à travers champs
Ivre de son premier printemps...
(Au bout de 70 printemps
Marcek
Avril 13,2009, 12:50 pm
Ose, Anna !
Quand le corps se tait
Non corseté
Par un quelconque corselet
(Fût- ce les mains d'iun Corse laid
Crie : "Hosanna !"
Oui, ose, Anna
Louer ce corps sain
Et vif sans corset
Bien campé sur tes pieds
O quel pied !
Pouvoir sans choir
Grimper les escaliers
Le souffle vif
Le pas léger
Les geais chantant
Au jardinet
Où tu accours, Anna
A cours d'idées pour ton dîner
Portant à ton bras un panier
Que comblera ton potager !
Ton pote âgé ?
Hum !
Marcek
Avril 2,2009, 1:32 am

Mise en scène
Il y aura de grands rires,
Des verres renversés
Un frisson de soie déchirée
Sur le rebord du ciel,
Et ton oeil bleu comme pervenche.
Il y aura la neige des pétales
En duvet doux
Sur la joue des bourgeons.
La pluie jouera à cloche-pied dans les gouttières
Et ta main émiettera des rêves
Pour les oiseaux nouveaux-nés.
Il y aura le craquement des escaliers
Sous les galopades des enfants,
Et des vagues de gravier sonore
Déferlant à leurs pieds impatients.
Le vent ramènera le soleil
A travers la fissure des nuages...
La scène s'illuminera,
Et le printemps, encore un peu timide
Eternuera dans son mouchoir
Parfumé à la violette.
Marcek
Janvier 11,2009, 12:42 am
Conciliabules
Mes mains en doux conciliabules
Glissaient sous sa jupe fendue
Elle aimait tant les préambules
Que près d'elle, tendre et tendu
Je serais resté héroïque,
Jusqu'à l'aube, s'il eût fallu...
Ces soupirs traversaient l'espace
Troubles aveux de son plaisir
Et sur sa peau, restait la trace
De mes morsures à loisir.
Je supportais ce lent supplice
Qui tient l'amour au garde-à-vous
Escomptant les futurs délices
Que je demandais à genoux
Ma tête enfouie sous ses dessous
Buvant sa source et ses sursauts
Jusqu'à ce qu'elle soit repue
Et que je franchisse à la fin
Cette porte tant attendue
Où s'assouvissait notre faim...
Marcek (Les souvenirs d'Octave)
Décembre 6,2008, 4:52 pm
Et ton doigt, comme il se doit
Servait à marquer la page
De nos ébats alanguis
Où nous étions presque sages
Nos bouches de-ci de-là
Dessinant quelques images,
Langues de feu et de soie
Feuilletant tous nos émois
Sous l'égide de ton doigt
Glissant un peu à l'étroit
Avant qu'une brusque rage
Ne nous jette violemment
Sur de plus brûlants rivages
A l'envers et à l'endroit
Tandis que volaient les pages
Sous la fureur de nos doigts....
Marcek
Octobre 2,2008, 3:22 pm
Sur le miroir des ans
Où s'inscrivent nos vies
Je ne vois point de rides
A mon coeur palpitant
Il cogne encor bien fort
Et frémit à ta vue
Tout comme il frémissait
Quand nous avions vingt ans
Il n'a point renoncé
A ses beaux idéaux
La vie n'a point fané
Ses croyances profondes
Et s'il a bien saigné,
Tant de larmes de sang
N'ont pas pu effacer
L'espoir qu'il met en l'homme.
Au miroir des années,
Je le vois sans détours
Ce coeur que j'ai donné
Pour qu'il flambe d'amour.
Marcek
Mars 30,2008, 9:52 pm
Chemins
A l'ombre de tes yeux couvent bien des orages
Si le clair du matin y verse des images
Douces comme l'enfance au seuil de la journée
Le soir y amoncelle en tragiques nuées
Des angoisses, des peurs, des monstres redoutables
Des chemins isolés où rôdent, indomptables
Les terreurs de jadis qui ne te quittent pas
Empoisonnent tes jours, te suivent pas à pas
Des chemins où tu vas, inquiète et tourmentée
Les yeux toujours levés vers ces sombres nuées
Qui te cachent, du ciel, l'aurore lumineuse
Des chemins douloureux à ton âme meurtrie
A cette âme d'enfant qui n'a jamais guéri
De se savoir souillée par une tache honteuse.
Marcek
Mars 29,2008, 12:05 am
TEMPO
Au tempo de ton flanc s'apaisent mes humeurs
Et tes yeux dans les miens, en quête de caresses
Fondent sous mes regards, abîmes de tendresse
Sentinelles d'amour aux portes de mon coeur.
Un mouvement léger, nos yeux qui se confondent
Et te voici touché, attentif, aux aguets,
Prêt peut-être à bondir, et l'oreille en arrêt
Quêtant, de toi à moi, d'imperceptibles ondes.
Dans l'ombre de mes jours tu vis,ombre fidèle
Aveugle à mes faiblesses et sourd à mes défauts
Comme l'enfant s'en vient, léger, sous le manteau
De la confiance innée, qui lui donne des ailes...
Aux portes des prisons fermées sur les blessures
Que la vie nous inflige aux sillons d'ici bas
Il est de doux gardiens attachés à nos pas
Tempo , Jazzy, Perla, Andy, nos âmes pures.
Marcek
Si Jazzy, Perla et Andy ont disparu, je souhaite une longue et heureuse vie à TEMPO aux côtés de son maître...
Mars 20,2008, 12:24 am
Je veux mourir
Je veux mourir,
Mais dans tes bras
Blottie, serrée
Tout contre toi,
Sous une lente pluie d'étoiles,
Sous tes mains de fièvre et de soie
Sous ta ferveur en déraison
Sous le joug de la soumission
Aux rythmes que tu trouveras
Et dont je serai la complice
Je veux mourir,
Je veux t'aimer
Et comme tant et tant de fois
Boire à la coupe des délices...
Quand le désir s'apaisera
Au calme ressac de ton souffle
Je veux rester, entre tes bras
Enivrée d'une mort si douce...
Marcek
Mars 19,2008, 10:32 pm
Floralies
De printemps ou d'été
Brodés de gypsophile
Ou de brins enlacés
De serre ou de plein champ
De parc ou jardinet
Versant parfums légers
Senteurs voluptueuses
Fragrances recherchées
Ou arômes simplets
Tulipes, cyclamens
Pivoines du matin
Roses de mon jardin
Lilas bleu des bosquets
Seringats, frais muguet
Beaux lys blancs précieux
Grands soleils radieux
Fuschias ou violettes
Jonquilles, pâquerettes,
Anémones Sylvie
Mimosa du midi
Ecumant de pétales
D'étamines serrées
De tiges érigées
D'élégants verticilles
De feuillages graciles
Messagers de l'amour
Au livre des toujours
Garants de l'amitié
Entre les mains posés
Faut-il vous l'avouer ?
J'aime tous les bouquets !
Marcek
Mars 16,2008, 8:47 pm
Nos mots
C'est bien mésestimer nos mots
Que de les juger importuns
A ceux qui vont, incognito
Les rencontrant sur leur chemin.
Et s'ils ne trouvent pas d'écho
Qu'importe ! Au vent, ils sont jetés
Témoins de notre humanité....
Marcek
Mars 16,2008, 1:48 pm
http://www.lespoetes.net/imagegaleriedart/262.jpg
Photo Marcek
Les persiennes closes
Parfum de capucines
Odeurs de géraniums
Où donc est la voisine
Si loin de son balcon ?
Mais les persiennes closes
Sont closes,
Obstinément
Quand saura-t-on la cause
De cet entêtement ?
Un doux soleil réchauffe
Les pierres du mur gris
De l'ombre à la lumière
Peu à peu, le temps fuit
Les persiennes sont closes
Sur de jolis secrets
L'amour est là qui rôde
Fuyons à pas discrets...
Marcek
Mars 16,2008, 11:40 am
Prière à la Madone
Mère, mère, m'entendez-vous?
Ouvrez les bras à nos souffrances
Versez dans nos yeux l'innocence
Accueillez-nous
Et gardez-nous tous en enfance
Lorsque, venus à vos genoux
Nous prions tous
Au regard bleu de la clémence
Qui, du grand ciel tombe vers nous
Mère, mère, comme il est doux
De rester là, à vos genoux !
Marcek
Mars 12,2008, 10:29 pm
Dos de colin vapeur
Dos de colin vapeur, parfumé au gingembre
Je risque vers ta main une caresse tendre
La vapeur se marie au fumet du fenouil
Evadé du maquis…je pâlis, je rougis
Je prends l’air innocent, mais vas-tu me comprendre
Quand d’un geste très doux je t’offrirai enfin
Cette chair arrachée aux vagues passagères
Et qui assaisonnée d’une sauce légère
Va ravir l’appétit et transporter nos sens
Comme tanguaient nos corps au creux du sable fin…
Tu lèveras vers moi ton regard d’algue verte:
C’est bon!
Me diras-tu...
Et je saurai t'entendre !
Marcek
Mars 10,2008, 1:57 am
Je rêve
Je rêve de soleil et de blanches maisons
Aux volets peints en bleu, et de roses trémières
De plages désertées à la morte-saison
De ciels vastes et beaux à la pure lumière.
Je rêve de grands vents et d'écume salée
Et d'embruns pénétrants aux mouillures amères
J'y noierais mes pensées en les laissant aller
Au gré des flots berceurs où tu nageais naguère
Je marcherai longtemps et j'entendrai ta voix
Comme je l'entendais jadis, vibrant de joie
Ta voix que je retiens au fond de ma mémoire.
Mais la vague s'en va comme s'en vont les jours
Mon ciel n'est plus serein et mes nuits sont si noires
Depuis que je n'ai plus près de moi, ton amour.
Marcek
Mars 9,2008, 1:17 am
Un dîner mémorable
Par un neveu disert, affable s’il en fût
Nous étions invités et ne fûmes déçus,
Dans ce sublime hôtel, bâti au bord des flots
Qui battent les rochers, là-bas à Tizzano…
La lune, fin croissant, ornait le ciel d’été
De notre île, joyau de Méditerranée.
On se crut embarqués pour un très long voyage
Quand les grands coups de vent échappés du rivage
Entrèrent dans la pièce où nous étions assis,
Nous apportant des parfums d’iode et de maquis
Et les accents rêveurs de tendres mélopées
Souvenirs d’une Corse attachée au passé.
Le repas fut construit avec délicatesse,
La soupe de poissons fut pleine de promesses,
Les vins du Sartenais, à la robe rosée,
Coulèrent dans le verre emperlé de buée.
La moule accompagnait la fraîche langoustine
Dans un concert goûteux composé en cuisine
Et dont les harmonies enchantaient nos assiettes
Où les mets raffinés célébraient une fête,
Car le plaisir de l’œil n’était point négligé :
Des mains attentionnées devant nous, déposaient
Une assiette agencée comme un tableau de maître
Où le talent du chef inspiré faisait naître
Des reliefs étonnants, des parfums inédits,
Relançant l’intérêt, autant que l’appétit.
Le dessert arriva, qui fut la récompense.
Nougats et chocolats entrèrent dans la danse,
Tandis que devant moi, fut posée une nage
De fruits frais, décorés du délicat feuillage
D’un alkékenge mûr, qu’on nomme « amour en cage »,
Ou encor, physalis ! Choisissez le plus sage
De ces noms tentateurs qui chatouillent l’oreille,
Introduisent l’esprit au jardin des merveilles
Tandis que de la langue, et aussi du palais,
Vous comblez votre corps de sensualité !
Notre hôte s’éclipsa à la fin du repas.
Courtoisement discret, au plaisir, il laissa
Ses invités ravis, qui aujourd’hui s’enchantent
D’une hospitalité chaleureuse et charmante.
Un dîner mémorable dont je remercie encore mon neveu Charles-Félix !
MARCEK
Mars 9,2008, 12:22 am
Laissez-moi, laissez-moi
Je vous en prie
Ouvrir une fenêtre sur le ciel,
Laissez-moi m'évader de cette vie
Où je ne connais que les pleurs
De la souffrance et du malheur.
La douleur arpente mes nuits
Brise mes os et mes envies
Laissez-moi , je vous en prie
Rêver à une vie meilleure,
A des nuages de bonheur,
A des vallées où l'on ne pleure,
Où l'on ne souffre, où l'on ne meurt.
Laissez-moi croire à la lumière
Pour adoucir l'heure dernière.
Et quand le Bon Dieu me prendra
Que vers lui je tendrai les bras
Comme un enfant crie vers son père,
Ouvrez tout grand cette fenêtre
Que je vois, au fond du ciel bleu
Venir les anges du Bon Dieu !
Marcek
Mars 8,2008, 11:12 pm
Jeux de lumière
La lumière filtre entre les volets de l'aube
Glisse le long des treilles bleues
Où mûrit le muscat
Et va boire les gouttes de rosée
Du jardin clos.
Elle éclabousse la place
Irise les gouttelettes du griffon
Accompagne les jeux de l'eau
Qui cascade
Au milieu du bassin.
La lumière inonde soudain
Le coin de la ruelle
Qu'elle tire de sa léthargie
Les volets claquent
Les fenêtres s'ouvrent
Un âne brait dans la campagne.
Le chat rentre au logis, l'échine basse
Ses pas de velours suivent le chemin
Que la lumière trace sur les pavés gris.
Dans son lit, la boulangère s'étire,
Encore alanguie par sa nuit d'amour
Un rai de lumière indiscret
Vient frôler la chemise
D'où sortent de jolies fesses rondes
Qui ne demandent qu'à être pétries....
MARCEK
Mars 7,2008, 11:33 pm
Promesses
Echevelé, criant misère
Au vent des corbeaux tapageurs
L'arbre nu, noir et solitaire
Brode le ciel à sa façon
Pour février
Froid et sévère
Gonflé pourtant de ses bourgeons
Promesses d'un printemps
En liesse
Pourvoyeur de feuillages drus
D'ombre accueillante à nos paresses !
Marcek
Mars 7,2008, 2:17 am

Tableau : Aglaé Vadet (Tous droits réservés)
La cantatrice
Sur le devant de la scène
Le miracle s’accomplit
La chanteuse, séductrice,
A sa gorge nous conduit :
Un rossignol y susurre
Un loriot y fait son nid
La mésange charbonnière
Y zinzuline à l'envi
Le roitelet y balance
Ses notes en triolets
Le merle tient la cadence
Sans jamais s'y essouffler
De cette gorge superbe
Paradis de tant d'oiseaux
Fusent des notes en gerbes
Qui s'envolent crescendo
Puis planent , hardies, légères
Pur cristal de vibratos
En cascades délicates
Que jalouse le piano
La cantatrice se livre
Au public, qui, sans pudeur
Pénètre, radieux et ivre
Les arcanes de son coeur .
MARCEK
Mars 5,2008, 10:47 am
Mirage
Un doux enchantement
Ton regard sur le sable
Et l'eau bleue de tes yeux
Qui baigne mes désirs
La dune au sable fin
Où vont les caravanes
Chargées de ces trésors
Que je voudrais t'offrir
L'ombre s'évanouit
Au soleil qui fait rage
Une brume tremblante
Apporte l'oasis
Où se baignent tes pieds
Sur les traces d'Isis !
MARCEK
Mars 4,2008, 4:54 pm
Panthère
Des combats amoureux
enfin tu te délasses,
doux guerrier de mes nuits
au glaive triomphant.
Caresses de mes yeux
sur ta beauté offerte
sur ce corps étendu
que j'aime follement.
Caresses de mes mains
il ne faut y songer :
de ce sommeil profond
où tu rejoins tes rêves,
en aucune façon
je ne veux te priver...
Allongée près de toi,
émue, je te surveille
prête à cueillir le fruit
de ton premier baiser.
Chair polie et tendue,
chair noyée de pénombre,
chair à portée de main
mais que, tapie dans l'ombre,
j''attendrai patiemment
de pouvoir dévorer.
MARCEK
Mars 3,2008, 1:50 am
Le Centaure
Il galope éperdument
Chevelure dans le vent
Muscles bandés, haletant
Le Centaure
Fureur du sang et des sens
Qui bouillonnent indécents
De la tête à cette croupe
Aux muscles durs et puissants
Ô viol affreux que pressent
L'infortunée Déjanire !
Il galope éperdument
Chevelure dans le vent
Muscles bandés, haletant
Le Centaure
Qu'arrive enfin Héraclès
Avec son arc et ses flèches
Et qu'il transperce le torse
Du trop indigne Nessos !
Il galope éperdument
Chevelure dans le vent
Muscles bandés, haletant
Le Centaure
Et Déjanire soudain
Sous l'emprise de sa main
Sent venir au creux des reins
Une langueur si lascive
Qu'elle trouve à ce galop
Un rythme qui crescendo
La pousse au bord de l'abîme !
MARCEK
Mars 2,2008, 10:24 pm
Des mots très doux
Des mots très doux sonnaient à nos oreilles :
Ventre de veau, aillade et puis tourtière.
En ce temps là, cuisinait Elina,
Et l’on mangeait sans remords, et bien gras !
On ne parlait jamais de ces lipides
Qui maintenant, nous alarment, nous brident :
Cholestérol, athérome, embonpoint,
En ce temps là, on ne s’en souciait point !
Car Elina, forte femme économe,
Avait toujours travaillé comme un homme,
Sarclant, bêchant, galopant au Brétou
Sous le soleil, un mouchoir à son cou
Pour assister sa mère grabataire,
Et, dans les champs pour seconder son père.
Son énergie pour tous se déployait,
Elle donnait son amour sans compter.
Et ses talents de fine cuisinière,
Se doigts de fée de bonne couturière,
Nous ont sauvé de bien des privations,
Lorsque la guerre amena ses rations.
D’économies, elle parlait sans cesse,
Et dans les pots, elle gardait la graisse
Qui demeurait dans la poêle, souvent.
Ordre et rigueurs sévissaient de ce temps !
En ce temps là, les femmes assuraient,
Ce n’étaient pas de futiles poupées
Qui se pomponnent devant les miroirs.
Elles vivaient, guidées par le devoir.
De ses travaux, de ses cuisines fines,
J’ai bien gardé le goût, et je devine
Quand je concocte de bons petits plats,
Que ma grand-mère est bien encore là.
MARCEK
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