Bourrasque

Hélas, voilà que l’ombre s'en vient et défait chez toi son lourd manteau de pluie,
Ses regards égarés tapissent ta demeure d’impuissance et de peine
Et tu restes sourd à ce vacarme de silence éteint, figé, comme un chat dans la nuit
Qui regarde venir à toute vitesse la voiture qui fera tomber le rideau sur la scène.

Les bourrasques violentes de l’amour qui se meurt viennent cogner les vitres glacées
Et tout mon être enrage de n’être pas capable de te faire comprendre comment partir,
Tandis que seul dans ta prison ouverte, tu regardes la porte et tu restes enfermé,
Drapé dans ta musique et tes rêves d'enfant, perdu entre passé, présent et avenir.

Faut-il que l'on t'attende ou qu'on te laisse souffrir dans l'enceinte de tes murs ?
Faut-il venir te chercher ou t'abandonner à tes propres erreurs, ta propre lâcheté ?
Hélas voilà que l'ombre s'en vient et défait chez toi sa plus lourde armure...
Comme elle est triste ta liberté, entravée de chaînes de fer et d'acier...

CSH - 21/09/06


Rivières azurées

Dans les rivières azurées
Qui coulaient au bord de ses yeux
Se reflétaient d’anciens voyages,
De ces routes aux sillons tracés
Suivant le cours sinueux
Du temps qui parfois fait naufrage.

Des perles avides d’oubli
Glissaient au pourtour des cils
Ourlés de rêves incertains,
Mirages ambrés alanguis
Contre murmures indociles
A l’horizon qui a déteint.

Il y avait dans ce regard
Quelques ombres à l’encre de chine,
Comme un tableau inachevé
Qui s’éteignait dans la nuit noire,
A l’heure où la main qui dessine
S’endort sur le blanc du papier.

Des poussières de sentiments
Faisant monter aux yeux des larmes
Se laissaient porter par la brise…
Etait-il un meilleur moment
Pour enfin déposer les armes
Et taire notre route indécise ?

Alors au seuil de cet été,
Tandis que le cours sinueux
Du temps reprenait son voyage,
Lasses, les rivières azurées
Qui débordaient encore un peu
Se souvinrent de notre naufrage.

CSH - 27/06/06





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