QUELQUES GOUTTES
Quelques gouttes fraîches, pures, coulent le
long
D'une jolie source dont le nom est au bout
De ma langue et lèchent le
contour en amont
D'un ruisseau dont la course adopte les traits fous
De
tes lèvres, à perte d'haleine. Elles vont bien
Vite entre les rochers et
glissent, si ce n'est
Dans ta bouche ouverte, dans la gorge. Ma main
Ne
saurait dessiner ce ruisseau qui, parfait,
Descend vers les collines et
tendre se transforme
En très belle rivière allant de flots errants
En
caresses fines. Ces gouttes sont, énormes,
Une rivière fière et se répandent
sans
Sueur. Une envie monte, intenable plaisir,
D'être un superbe fleuve.
Impudeur sur les bords,
Mise à nu sans honte, flux mouillés et désir
De
rejoindre eaux neuves, de devenir plus fort,
De pouvoir s'allonger dans un
grand lit, d'unir
Les flots pour que derrière un vaste fleuve prenne
Corps
et âmes. Eaux pressées investissent sans fuir
L'étendue d'une mer agitée ou
sereine,
Ce milieu humide, pour que naisse enfin ce
Monde immense de
vagues où ces eaux perdent leurs
Fils. Brillant, limpide, Mate et haut regard
bleu,
Ce beau décor drague chaque ton et couleur.
Le bébé à la course
ardue et sans détour
Le chemin des gouttes vers l'océan entier
Est né dans
une source, image de notre amour.
Une ligne sur deux, ces vers ne sont
péchés.
Ecrit par BREDOW, Tous droits réservés © 2002-2003